‹ L'Art et les artistesChapitre 88 sur 150 · LA B1:LL · texte numérisé non relu

LA B1:LL

Échos des Arts

j|l.l.E YVONNE MAUGEH iPfCinicr Prix de ILtijc Erjrd)

Au Ciinscrvjtoire. — Les concours derniers ne lurent pas tous absolument satisfaisant, on s"en souvient, et l'on se rappelle certaines manifestations un peu bruyantes du public. Ceux de harpe, cependant, furent cette année si remarquables que l'on dut décerner quatre premiers prix. Cette abondance de lauréats nous a fait commettre un oubli dans la publication des récompenses et des portraits en notre numéro dernier, oubli d'autant plus regrettable qu'il s'agit de la charmante titulaire du premier des premiers prix de harpe Érard, Mlle Yvonne Manger, élevé de M. Hasselmann.

Mlle Mauger a en effet été déclarée gagnante de hi harpe ofTerte par la maison Érard.

Modeste, gracieuse, brillante musicienne, exécutante d'un brio remarquable, Mlle Yvonne Mauger est appelée à un gros succès que nous lui souhaitons, en réparant l'injuste et involontaire oubli dont elle avait été victime.

Le Salon au village. — l'n petit groupe d'artistes peintres, de graveurs et de littérateurs s'est constitué dans le charmant petit pays de Grosrouvres, village situé en lisière sur la magistrale forêt de Rambouil-

let, Cl a, l'année dernière, inauguré le Salon au village : tentative qui a justement obtenu un certain retentissement, puisque l'écho s'en est répercuté jusqu'en .Amérique.

Les fondateurs de ce groupe : Mme Couturier, MM. Pierre l'rins, Julien Tinayre, Franck Boggs, Pierre Gusman et le littérateur Pierre Lelong, ont accepté, cette année, l'invitation, qui leur a été faite par la municipalité de Rambouillet, à exposer dans les salons de l'hôtel de ville de cette localité, du 22 septembre au 3 octobre, les travaiix qu'ils ont exécutés cette année dans la région.

MM. Victor l'ournier, Kug. Vibert, Henri '1 hévenin et René Lelong sont venus se joindre aux ouvriers de la première heure et ont été très aidés dans l'organisation de cette manifestation d'art rustique par M. Pierre Lelong, qui habite Grosrouvres, ainsi que l-ilusieurs des artistes fondateurs.

A l'intérêt tout particulier qui s'attache aux travaux tle la phalange de Grosrouvres se joint aussi l'idée juste et salutaire de décentralisation d'art. Aussi le titre diKcolc de Rambouillet qui a été donné au groupement porte-t-il lui-même sa signification : chanter, par l'art et la littérature, les beautés du pays de l"\'veline.

Nous voyons donc cette année les savoureuses aquarelles de Mme Couturier; les peintures et pastels pleins de charme et d'harmonie de M. Pierre Prins, le doyen du groupe ; les pastels et les dessins délicats de Julien Tinayre; les aquarelles du virtuose b'ranck Boggs ; les peintures et dessins rehaussés de Pierre Gusman, paysages d'allure sobre et scènes champêtres de libre facture ; les sujets de chasse très étudiés de Henri Thévenin; les dessins rehaussés, à l'aspect fruste, de M. Vibert; les harmonies fraîches et ensoleillées de printemps de Victor Fournier; les tvpes de pavsans en dessins rehaussés de liené Lelong que la sûreté de l'œil et l'habileté d'exécution mettent hors de pair.

Tout cela est groupé dans un petit coin clair et simplet, sans disparatisme, chaque œuvre voisinant avec les autres amicalement, gentiment, comme leurs auteurs voisinent eux-mêmes entre eux.

L'exposition comprend une deuxième section : œuvres d'art et ethnographie.

M. Pierre Lelong présente une collection d'objets usuels rustiques : échantillons d'art populaire réunis dans le pays de l'Yveline; M. Georges Jean meuble une vitrine d'émaux translucides inspirés de l'école de Limoges : objets de forme simple et robuste dont la décoration en émail rappelle la flore et le caractère svlvestre de la région.

Enfin M. Pickett envoie — pourquoi pas.' — deux panneauxde documentsphotographiques représentant les sites et monuments de l'Yveline.

Afin d'accenluer la portée de cette manifestation

d'activité locale, .M. Pierre Leiong a Tait, au milieu des œuvres exposées, une charmante causerie sur l'art rustique du pays.

Fidèle à son programme, la revue l'Art et la Artistes applaudit à cette tentative de décentralisation artistique en même temps qu'à la renaissance régionale de l'art.

SS

Au musée de Grenoble. — Les fouilles d'Antiiuië. Notre correspondant grenoblois nous écrit :

Le musée archéologique de Grenoble vient de s'enrichir d'un don d'une valeur inestimable, provenant des fouilles d'Antinoë, qui sont actuellement pratiquées par la Société française des Fouilles archéologiques de France.

M. le général de Beylié, un des principaux bienfaiteur de nos collections locales, avant fait inscrire le musée de Grenoble comme membre titulaire de la Société, notre musée se partage avec le Louvre les divers trésors découverts, préférablement à beaucoup d'autres musées de province. Nous venons donc de recevoir :

1° La dépouille de Khelmis, chanteuse de l'Osiris Antinous ;

2" Deux masques ou portraits de personnages ensevelis à l'époque de Khelmis (ces masques reproduisent la tête, avec la gorge, et sont en plâtre peint ou doré, avec veux en émail) ;

3" Un autre portrait de femme, télé, gorge et buste, mains sur la poitrine (coiifare à la grecque);

4" Un groupe de poteries antiques et deux caisses d'étoffes avec broderies en couleurs, ornements et figures, de haute et basse lisse, genre Aubusson;

5" Un portrait peint sur bois d'un personnage enseveli dans le même pays.

La pièce la plus importante, le corps momifié de la chanteuse Khelmis, mérite d'être étudiée avec soin.

Antinoe, l'ancienne Antinopolis, où ont lieu les fouilles, est une ville de l'ancienne Egypte, située dans la Thébaïde, sur les bords du Nil.

Au cours de l'hiver dernier, on mit à jour quelques documents du plus haut intérêt. La tombe de Khelmis est de ceux-là.

Cette tombe, de grandes dimensions, où elle reposait dans un cercueil de bois décoré de peintures, du rituel égyptien, était entourée de plusieurs autres mausolées renfermant les corps de jeunes filles de quatorze à quinze ans, vêtues pareillement et parées de fleurs. Elles étaient, il faut croire, assistantes de la chanteuse.

Malheureusement, rien, si ce n'est le corps de Khelmis, n'a pu être sauvé de cet ensemble : le reste est tombé en poussière au contact de l'air, dans les caveaux ouverts.

Khelmis, vêtue du long voile d'Isis, en soie sergée, d'un bistre pâle, sur une robe de luême couleur, le Iront ceint d'un diadème de feuillage, une longue guirlande de « perséa » allant du cou jusqu'au pied et s'enroulant autour des hanches, a l'aspect d'une figure tanagréenne. Le corps, petit, desséché, est parfaitenient conservé.

A coté d'elle gisent divers objets: crotales de bronze vases, lampes funéraires, figurines et divers objets de toilette en ivoire, corne, etc. Tous ces objets sont parvenus à Grenoble.

On prépare en ce moment les vitrines pour contenir ces souvenirs, qui bientôt seront exposés au public.

M. Bonnat, membre de l'Institut, président du Conseil des Musées nationaux, adresse au Ministre des Beaux-Arts son rapport stir les opérations de la caisse des musées en 1904. Nous extravons de ce document les détails suivants :

Les ressources dont disposait la caisse s'élevaient à 553 202 fr. ijii. 11 a été dépensé 5iN 571 francs. Les principales acquisitions faites sur cette somme sont les suivantes :

Dcpiiytement des peintures et des dessins.

2 tableaux par Hoppner et Raebuni i5u

I tableiiu par le maître de Moulins 62

I tableau du récole dWvignon 5

I tableau de Dchodencq 7

Défarter.ient des objets d'art, du moyen à^e, de Renaissance et des temps modernes. I lut d'nbjuls prnvciiaiu de la vente Gillut. 20

Département des antiquités éisyptiennes :

La stèle du roi Serpent ii'3

I statue égyptienne 20

I lot d'objets : vente .Vmelineau ... 101

000 tr

5oo

la

Bibliothèque nationale.

M. Henry Marcel, directeur de la Bibliothèque Nationale, a eu l'idée de réformer un vieux règlement de son administration.

Depuis des temps immémoriaux, la Bibliothèque fermait ses portes à cinq heures. Nombre de travailleurs se plaignaient à juste titre de cette fermeture prématurée. Ils viennent d'obtenir gain de cause et dorénavant on fermera à cinq heures et demie à partir du i5 septembre, et à quatre heures et demie à dater du i 5 octobre.

Tout le monde des laborieux, dont la nomenclature serait si curieuse à établir, depuis le savant qui prépare un livre que personne ne lira jusqu'à la copiste qui dépouille des manuscrits ardus pour fournir à l'auteur célèbre des arguments irréfutables, s'est montré satisfait.

Les membres de la » Conférence de la Paix « auront bientôt leur « Palais à la Haye. On sait que M. Carnegie, le richissime Américain, leur a offert les millions nécessaires à son édification. Le Comité des Directeurs vient d'instituer un concours de projets et d'inviter chaque nation à y participer en désignant trois ou quatre architectes chargés de la représenter dans ce tournoi artistique.

Les archives de Sèvres.

Jusqu'ici, les précieux documents qui constituaient les archives de la manufacture de Sèvres étaient disséminés dans les dill'érents bureaux de l'administration et ils échappaient ainsi aux investigations des historiens d'art.

Ceux-ci vont désormais pouvoir les consulter à la manufacture même, qui vient de rassembler ses archives et d'en dresser un catalogue comprenant dix-liuit séries, environ looooo pièces et (i5o registres. 11 y a là de curieuses ordonnances rovales et des pièces datant de 1745 à 1790 qui témoignent des luttes soutenues par la manufacture pour maintenir ses privilèges. L'histoire intérieure de la maison, les rapports des directeurs avec les ministres, les inventaires des prodidts fabriqués, les mémoires des artistes, les registres de la Compagnie des Potiers constituent des documents fort intéressants pour l'histiiire de l'art français.

Les catalogues de nos musées.

Le charmant musée Carnavalet, qui contient tant de souvenirs parisiens, aura bientôt son catalogue officiel, alors que nos plus grands musées ou nos plus importantes bibliothèques, comme la Nationale, attendent toujours les leurs, au grand désespoir des érudits et des curieux.

M. .Mcanter de Brahm, secrétaire de Carnavalet, vient, en effet, de terminer le catalogue sur fiches, au nombre de près de cinq mille, dont le classement méthodique vapermettre d'établir rapidement le catalogue définitif.

.Ajoutons, pour le nombreux public amateur de l'histoire et des choses de Paris, que ce catalogue est dès maintenant complété par un inventaire des réserves du musée, dont toutes les pièces seront ainsi à la disposition des chercheurs.

L'aménagement de Bagatelle.

M. Charles Normand, président de la Société des .\mis des Monuments parisiens, compose actuellement un rapport sur les nombreuses pièces iconographiques se rattachant au château de Bagatelle, acqids par la Ville.

Ces pièces sont destinées à être réunies aux nombreux plans et vues de Bagatelle dispersés dans nos principales bdiliothèques et nos diflférentes galeries d'archives, et qui, sur le vœu de la Commission du ^'ieux-Paris, vont être rassemblés dans une des salles du château.

La même commission a réclamé avec énergie la conservation intégrale des aspects historiques de Bagatelle, et elle s'est élevée vivement contre le projet d'y établir la « future » exposition des Sports. Il est juste d'ajouter qu'aucune personnalité responsable n'a jamais songe sérieusement à cette transformation du délicieux palais de Bagatelle en une galerie des machines... automobiles.

Et, puisque nous parlons de Bagatelle, disons que

Sun aménagement va commencer très prochainement par la disparition d'une partie de l'affreux mur qui le cache aux visiteurs du Bois, ("e mur sera n rasé 0 à hauteur d'appui, et sa clôture sera complétée par l'addition d'une grille en fer, dans le style du xviii" siècle. Cette disposition lui rendra tout l'espace nécessaire à ses jolies perspectives.

Les liquidateurs des biens des congrégations apportent, au dire de certains journaux, dans l'exécution de leur mandat un zèle excessif. C'est ainsi qu'à .\ix en Provence un de ces officiers ministériels vient de vendre pour 200 francs un tableau de maître appartenant à l'État. 'Voici l'histoire: Un jour, M. le comte de Lorbin, directeur des musées nationaux, adressa au musée d'.\ix un certain nombre de tableaux. La place faisant défaut, plusie-irs de ces œuvres d'art furent réparties entre les diverses administrations de la ville, ("est ansi qu'un tableau de Loubon, représentant le Christ et les Lépreux, fut placé dans l'église de la Mission. Or, cette église, dépendant de l'ordre des Oblats, le liquidateur a vendu tout ce qui s'y trouvait. La ville d'Aix, au nom de l'Iùat, va revendiquer le tableau de Loubon.

Les travaux d'embellissement commencés depuis quelque temps pour transformer l'entrée du jardin des Tuileries par la place du Carrousel vont reprendre et se continuer. A la jolie balustrade à hauteur d'appui qui relie toute la partie gauche des jardins à l'une des statues monumentales et, par suite, à l'arc du Carrousel, va s'ajouter une balustrade semblable sur le côte droit, ce qui donnera une élégante clôture aux jardins considérablement agrandis et auxquels l'arc de triomphe du Carrousel formera comme une majestueuse entrée. De plus, les grands arbres qui masquent les jardins vont disparaître de façon à découvrir la superbe perspective des arbres centenaires des Tuileries. Les monticules, les colonnettes et les boules d'or de l'ancienne clôture vont disparaître pour faire place à des jets d'eau qui compléteront agréablement ces jardins.

On lit dans le journal des Débats :

La Réserve du Roi, à Neuilly, est un gracieux monument que peu de Parisiens connaissent. Les Amis des Monuments parisiens s'émeuvent, car il est menacé de disparaître, et ils voudraient voir conserver ce temple grec à douze colonnes, de style corinthien, que le duc d'Orléans fit élever dans son parc de Neuilly, sur le bord de l'eau, pour les plaisirs de Louis XIV. Le roi se plaisait, en effet, à pêcher dans le petit bras de la Seine et avait adopté, dans le parc qui le bordait, une petite pointe qui s'avançait dans l'eau. C'est là qu'on amena à grands frais de la forêt de Fontainebleau d'énormes roches qui formèrent une sorte de promontoire artificiel. On y construisit un éperon en pierre de taille sur la terrasse duquel s'éleva le temple gracieux qui existe encore.

Conservation des manuscrits.

Une nouvelle qui intéressera vivement les amis des manuscrits. On sait que la bibliothèque de Turin, qui a été incendiée il y a quelque temps, possédait des manuscrits anciens d'un prix et d'une rareté inestimables qui furent totalement détruits.

Divers savants français avaient depuis longtemps émis le vœu que l'on fit des reproductions en facsimilé de tous les manuscrits importants que conservent les bibliothèques de tous les pays.

Malheureusement, pour exécuter cette excellente idée, les fonds manquaient; et comme nos pouvoirs publics sont routiniers et incapables de prendre une initiative quelconque, ils ont donc fait la sourde oreille, et c'est naturellement un Américain, un simple professeur à l'Université de Californie , M. Gaulev, qui vient de relever cette idée vraiment si intéressante pour l'art. Il vient d'arriver au Congrès des Bibliothécaires, à Liège, pour offrir le concours efficace et généreux des Etats-Unis.

Il va se constituer aux États-Unis un bureau qui centralisera les clichés de manuscrits, les matrices de sceaux et monnaies, et en mettra des épreuves à la disposition des savants pour un prix aussi faible que possible.

Voilà une bonne leçon pour un pays comme le nôtre qui passe pour être au sommet de la civilisation.

Décidément, c'est un grand pays que celui de M. Roosevelt.

A l'occasion Je l'inauguration d'un monument au peintre Fromentin, qui aura lieu le i" octobre prochain, un groupe d'écrivains très connus, parmi lesquels Arvède Barine, Ferdinand Brunetière, Pierre Loti et autres, ont eu l'idée de publier un livre d'or, destiné à faire connaître en les vidgarisant sa vie et ses œu\res, qui est à la veille de paraître.

Le dimanche 3 septembre a eu lieu à Avesnes-sur- Helpe l'inauguration de la statue faite en l'honneur du petit tambour Stroh, par le statuaire P'agel. .Stroh, Alsacien de naissance, avait quatorze ans lorsqu'il s'était engagé, en 1793. Il entra comme tambour dans l'ancien régiment de Royal-Suédois, devenu le Sn" de ligne. A la bataille de Wattignies, voici l'exploit qu'il accomplit, qui lui valut la mort et aussi la glorification qu'on vient de lui faire : Les Autrichiens défendaient contre les forces françaises le village de Droulers. Stroh eut l'idée de faire à lui tout seul une diversion : quittant les rangs, il alla se porter sur le Hanc des Autricliîens et battit furieusement la charge. L'ennemi se crut tourné, et le désordre se mît dans ses rangs; mais l'intrépide tapin fut aperçu par des grenadiers autrichiens. Il se défendit héroïquement, mais succomba au moment où les Français arrivaient à lui, et où il venait de leur crier : A moi les patriotes ! Ces paroles sont gravées sur le socle du monument qu'on lui a élevé. Le petit tambour est représenté debout, battant la charge.

Une école régionale d'architecture vient d'être instituée à Lille.

La maison Je campagne J'Armande Béjart, à Meudon, datant du xvn' siècle, vient d'être classée comme monument historique.

A l'exemple Je notre École française, à Athènes, le gouvernement anglais étudie le projet d'une école d'archéologie en Egypte. L'une des particularités de cette école sera que les élèves, au lieu d'étudier dans une ville, seront répartis dans toute l'Egypte et étudieront l'histoire à l'endroit même des fouilles.

Il vient de se fonder dans le département Je l'Indre une Société qui, sous le titre des « Amis de Gargilesse », se propose d'assurer la conservation des sites et monuments de ce pavs et d'v entretenir le souvenir de George Sand.

On a inauguré dernièrement, au cimetière Je Boulogne-sur-Seine, un monument au peintre José Frappa. La partie architecturale est Je iVI. Raymond Février, le buste est dû au ciseau de M. Benneliau.

Dimanche dernier on a élevé à Pamiers (Ariège) un monument à la mémoire de Pierre Bayle, l'auteur du Dictionnaire historique et critique. Ce monument, qui figurait au Salon de cette année, est l'œuvre du statuaire H. Icard. Il consiste en une stèle en haut de laquelle est placée l'image du philosophe posée sur une pile de livres et vers laquelle une femme qui représente la Postérité soulève un enfant.

Sur l'initiative J'un comité raJîcal-socialîste du quartier Je la P'olîe-Méricourt, un concours a été ouvert pour élever un monument à Charles Floquet, ancien Jéputé, ministre et présiJent de la Chambre. Lundi dernier, quatre maquettes ont été présentées au jurv chargé de les examiner : l'une était de M. Peynot, une autre de IVI. Michelet, la troisième de M. Le (îastelois et la dernière de M. Descamps. Les votes, au nombre de vingt-neuf, se sont divisés entre les quatre concurrents sans résultat définitif. MM. Descamps et Le Castelois, avec neuf voix chacun, ont obtenu la préférence à égalité ; huit voix se sont portées sur M. Michelet et trois voix seulement sur M. Peynot. Il a été décidé que MM. Descamps et Le Gastelois exécuteraient leur maquette au cinquième et que le comité se prononcerait alors définitivement.

Les habitants de Vitré vont élever, sur la plus belle de leurs places, une statue à Mme de Sévigné.

On va donner un pendant au .Iules Simon de la place de la .Madeleine. Il restait, de l'autre côté de la place, une fontaine, elle sera remplacée par la statue en marbre de Théophile Roussel.

L'État, représenté par la direction des beaux-arts, vient de s3 mettre d'accord avec la X'ille de Paris pour élever, aux Champs-Elysées, un monument collectif aux maîtres de l'Ecole française de paysage : Corot, Théodore Rousseau, Millet, Jules Dupré, Daubigny, etc. Ce monument, qui sera mis au concours, se dressera dans le voisinage du Grand- Palais.

On vient de trouver non loin de Paris un théâtre romain comparable, assurent les archéologues, à celui d'Orange. C'est à Champlieu, près de (^ompiègne, que sont enfouies les ruines de cet édifice que l'on veut dégager et restaurer juste assez pour permettre des représentations théâtrales. Les restaurations seront d'ailleurs de peu d'importance, car le théâtre romain de Champlieu paraît admirablement conservé.

M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'Etat des beaux-arts, a donné sa pleine approbation au projet de représentations dans ce théâtre qu'on lui a soumis, et les villes de Compiegne et de Senlis ont voté, ainsi que le Conseil général de l'Oise, des fonds en vue de la réalisation de cet intéressant projet.

Découverte d'un trésor.

Dans les travaux qu'exécute la Compagnie des chemins de fer de l'Est, à Banoncourt (Meuse), des terrassiers italiens ont trouvé au pied d'un arbre tout un lot de monnaies anciennes, ainsi que plusieurs bijoux du temps de Henri 1\'.

Il y avait là, enterrées à plusieurs mètres sous terre, près de 3oo pièces d'or et d'argent dont beaucoup avaient en plus de leur valeur intrinsèque une réelle valeur numismatique. Certaines pièces d'or, évidemment frappées dans quelque abbaye, portaient en effigie des têtes de moines et, au revers, un attelage de bœufs.

Les ouvriers italiens, ignorant la valeur de ces monnaies, les avaient, en partie, données ou vendues à vil prix. L'État a eu vent de la trouvaille et a fait rechercher les pièces éparpillées qu'il s'est tait restituer pour ses musées.

Lundi 2 1 après midi on a volé au Petit-Palais un basrelief en bronze représentant une Femme vue de dos, œuvre de Dalou, mesurant 3o centimètres de hauteur.

Ln certain nombre d'historiens et d'archéologues ont pensé que le moment était venu de reprendre à Alise, qu'illustra la défense suprême de Vercingétorix, les recherches topographiques et archéologiques commencées sous le règne de Napoléon IIl. En vue de faciliter cette reprise, une conférence préparatoire va être organisée à Alise-Sainte-Rcine. On y arrêtera dans ses lignes générales le programme des recherches futures et, éventuellement, celui d'un congrès archéologique qui se réunirait en 1006, à Semur-en- Auxois et à Alise-Sainte-Reine. Celte conférence aura lieu le lundi iS septembre, qui, d'après quelques historiens, serait le jour anniversaire de la reddition d'Alesia. Les adhésions doivent être adressées à M. le docteur Adrien Simon, à Semur (Côte-a'Or).

La famille de M. Bouguereau vient de donner au Musée de la Rochelle le tableau l'Océanidc que le peintre avait exposé au Salon de cette année.

Le baron de Bonnemain vient de léguer plusieurs objets intéressants au Musée de l'Armée, parmi lesquels se trouve un portrait de son aïeul, le général de Beauharnais, par Couture.

Mme Edouard Pailleron vient de faire don à l'KItat, pour le musée de Versailles, d'un portrait de l'auteur du Monde où l'on s'ennuie, exécuté par le peintre anglais Sargent.

Mme .Arthur r<affalovich vient de faire don â l'État d'une baignoire historique. Selon les uns, Bonaparte premier consul s'en servit â la Malmaison; selon les autres, l'Empereur en usa à Moscou; les mieux informés, enfin, prétendent que, si elle n'appartint pas à Napoléon lui-même, elle fit partie de l'attirail de toilette de quelque personne de son entourage. Certains documents permettent même de l'attribuer au baron de Menneville, secrétaire de l'Empereur. Mme Raffolovich, au surplus, ne garantit qu'une chose : c'est que cette baignoire est de l'époque impériale. Ce don trouvera place à la Malmaison.

Par arrêté du Ministre de l'Instruction publique, des beaux-arts et des cultes en date du 25 août 1905, ont été nommes â la suite du concours ouvert le 24 juillet dernier, et par ordre de mérite, élèves de l'École de Céramique annexée à la Manufacture nationale de Sèvres, les cinq candidats ilont les noms suivent : ^L^L Blendiné (.Albert), Boucher (Ernest), Blémond i.Albertl, .Argyriadès (Platon), Pérot (Maurice).

A la suite des concours et examens de sortie du même établissement, le diplôme d'élève de l'École de céramique a été décerné à MM. Millotet Savreux.

Le Comité du prochain Salon de l'Automobile, qui aura lieu en décembre, a décidé de réserver une de ses salles d'exposition aux peintres et aux sculpteurs qui désirent y envoyer des œuvres se rapportant aux choses de l'automobilisme et de tous les sports.

Une Exposition internationale de Peinture s'ouvrira du 2 novembre igoS au i" janvier 1906, à Pittsburg (États-Unis), dans les salles de l'institut Carnegie. Les artistes français désireux de prendre part à cette exposition devront faire déposer leurs œuvres, à leurs frais, chez M. Navez, 76, rue Blanche, à Paris. Elles y seront examinées par un comité composé de Mlle Mery Cassait et de' MM. Dagnan-Bouveret, W. Gay, Lhermitte, Pearce, Thaulow, Raffaëlli, Aman-Jean, Melchers et Cottet. L'institut Carnegie supportera toutes les dépenses, aller et retour, des tableaux que le comité aura jugés dignes de figurer à l'Exposition de Pittsburg. Quel que soit le nombre des toiles acceptées, l'institut ne pourra exposer que deux tableaux de chaque artiste. Un jury, composé de dix membres élus et du président du comité des beaux-arts et de l'institut Carnegie, répartira parmi les exposants les récompenses suivantes : une médaille de première classe, en or, et un prix de i.Soo dollars (7500 francs); une médaille de seconde classe, en argent, et un prix de 1000 dollars (5ooo fr.) ; une médaille de troisième classe, en bronze, et un prix de ?oo dollars (25oo francs). Le jury sera libre de distribuer à son gré une ou plusieurs mentions honorables. Ces récompenses seront décernées sans distinction de nationalité, à condition que les œuvres qui en paraîtront dignes auront été envoyées par le peintre lui-même, quand bien même il ne serait plus propriétaire de ses toiles, et qu'elles aient été terminées dans les cinq années qui auront précédé la date de l'ouverture de cette exposition.

Page 1