LE TRICORNE
APRÈS la mer estivale, l'automnal château avec son parc mélancolique et ombreux que dorent les premiers froids, qu'environne la forêt peuplée de cerfs. Après les baignades et les pêches, les croisières, après les villes d'eaux et les stations thermales, la chasse, la chasse à courre, le bruissement des feuilles après le grondement des vagues.
Voici le temps de la chasse, des chasses, les moissons sont rentrées; place aux chasseurs. La chasse ! un sport — mieux, un art — plus même, une religion. Diane chasseresse en est la déesse, chaste et belle, cruelle et toujours jeune; et sur son autel, par milliers , chaque année s'immolent les oiseaux et les faunes, plume et poil, de toutes sortes.
La chasse, roi des plaisirs, plaisir des rois, hygiène et distraction à la portée de tous aujourd'hui moyennant le simple et démocratique permis.
Ainsi que tout corps constitué qui se respecte, le chasseur a son uniforme, tel un soldat; n'en est- il pas un en effet ? Il a son fusU, et parfois son ^ couteau, presque un 'sabre, plus noble que le vulgaiie coupe-choux. Il est harnaché de pied en cap, botté de cuir, guêtre de peau imperméable, il a son sac et ses cartouches, comme un cosaque, en évidence.
La chasse à courre surtout, chasse noble, princière, réservée à de rares privilégiés, veut son vieux et classique uniforme, sous lequel parfois, n'était la distinction du visage, le maître a bien souvent l'aspect de son piqueur ou de son valet
de chiens, sous la toque de velours noir, la culotte de penu, blanche et collante, les hautes bottes à l'écuyère, et l'habit sanglé par ses boutons de métal clair.
Elle est surtout la chasse des femmes, on la suit à .son gré, de loin, dans les landaus joyeux, par les grandes allées tapissées de mousse — ou de très
près — sur les chevaux fringants que la meute et les cors excitent; on y peut crânement montrer sa science de l'équitation et l'élégance de ses formes, la finesse de sa taille et la perfection de son assiette.
Sous le i)etit tricorne, cavalièrement et fièrement campé sur l'oreille, la jolie femme peut lai.s.ser à son gré la bride à ses instincts de chasseresse, à ses besoins de chevauchées et de mouvement.
Elle essaya même de le porter dans les rues, où parfois la chasse se jwursuit; mais là, du moins, la mode fut passagère.
Tel on le portait sous Louis XIV, sous Louis XV, -sous Louis XVI, sous tous les Louis, tel on le ])orte encore sous Emile Loubet, coquet, baroque, venu on ne sait d'où, tarabiscoté, on ne sait pourquoi, inventé on ne sait jx-ir qui, symbole inexpliqué, mystérieux, avec ses trois cornes, solidement enfonce sur les têtes folles, si bien que ni le heur* du galop, ni les chocs des branches, ni le vent d'automne, ni le souffle implacable et puissant de la mode et du temps, ne l'ont encore déraciné de son trône où il se trouve, où nous le trouvons si bien.
LlU.\ ROBERTS.
LOUISE DE FRANCE, EN COSTUME DE CIIASSE (D'après une peinture de Naltier au Musée de \'ersailles.)
Le Mois artistique en Belgique
X A saison des expositions, un peu plus longue ■^^ chaque année, est ouverte. Jusqu'en mai vont se succéder les expositions personnelles au Cercle artistique, les expositions de cercles dans les salles du Musée Moderne de Bruxelles.
Depuis quelques années, ces cercles se sont multipliés à Bruxelles. Tous les deux ou trois ans, la génération de jeunes artistes sortant de l'Académie des Beaux-Arts, en fonde un nouveau et les salles du musée affectées aiix expositions de ces groupes sont maintenant occupées à peu près toute l'année.
Ces cercles sont nécessaires. En effet, il n'y a guère, à Bruxelles, de marchands de tableaux s'occupant de l'art contemporain. Le salon officiel est triennal. Et la petite salle du cercle artistique ne peut être mise à la disposition d'un artiste que tous les deu.x ans au plus. Pour qu'un peintre ou un sculpteur puisse montrer ses œuvres nouvelles au public, il faut donc qu'il fasse partie de l'un des cercles organisant des expositions annuelles. Et c'est ce qui fait que neuf, comptant chacune trente ou quarante exposants, se succèdent en un hiver au Musée Moderne, sans porter préjudice aux salonnets du cercle artistique qui durent dix jours et sont consacrés chacun à un, deux ou trois artistes.
Le plus ancien de ces groupes est aujourd'hui le cercle Pour l'Art, émanation de l'ancien Essor. Il ne compte guère que des artistes de talent mûr, de réputation faite, comme Caermans, Alfred Verhaeren, Victor Rousseau, Emile Fabry, Albert Ciamberlani, René Janssens ; dans ses salons règne luie atmosphère d'art calme, souvent hardi, mais l'ondérés, d'efforts et de réalisations.
Le Sillon groupe des artistes plus tapageurs qui se réunirent il y a une douzaine d'années pour réagir contre un idéalisme qui leur paraissait excessif et point conforme aux aspirations de leur race. Il n'a cessé depuis de recruter des débutants, et ses salons aux manifestations quelquefois outrancières ont révélé, depuis dix ans, des artistes que connaissent les habitués du Champ de Mars : Alfred Bastien, Wagemans, Smeers, Swyncop, Apol, bien •d'autres.
Le Labeur, fondé il y a sept ans, groupe des artistes de tendances assez diverses. Il a pour chefs de file Alfred Delaunois, l'étrange peintre des nefs, des cloîtres et des Béguinages, Van Zeverberghen, jeune peintre étonnamment puissant d'intérieurs.
de natures mortes et de figures, Henri Thomas, un heureu.x évocateur, voluptueux et un peu ironique, de la vie des bars et des cabarets élégants, un Rops, peintre curieusement morbide, Oleffe, et puis les Anversois Baescher, Vaes, car, phénomène tout nouveau, les artistes de Bruxelles et d'Anvers, naguère rivaux, séparés par l'irréductible hostilité inévitable entre « l'académisme » de ceux-ci et l'indépendance de ceux-là, se rapprochent aujourd'hui que, à Anvers comme à Bruxelles, les jeunes ont secoué le joug de l'école ofiicielle.
Il y a encore les Indépendants, le Vrye Kunst, V Œuvre, trois cercles de jeunes où se manifestent des talents naissants ; il y a la société, très ancienne, des aquarellistes dont les expositions réunissent des œuN'res belges, françaises, hollandaises, allemandes ; il y a celle des aquarellistes et pastellistes.
Puis, il y a la Libre Esthétique et la Société des Beaux-Arts. La Libre Esthétique n'est pas à proprement parler, ime association d'artistes. C'est un cercle d'amateurs d'art au nom duquel M. Octave Mans organise chaque année une exposition d'œuvres belges et étrangères, d'impressionnistes surtout, une exposition consacrée aux tentatives les plus hardies, aux artistes d'avant-garde, et qui soulève presque toujours de grands débats.
Quant à la Société des Beaux-Arts dont le rôle est demi-officiel, elle se compose de cinquante membres artistes choisis avec un certain éclectisme, de cinquante membres protecteurs, et de membres associés. Les membres effectifs, parmi lesquels figurent Franz Courtens, Léon Frédéric, Victor Gisoul, Albert Baertsoen, Emile Claus, Verhaeren, Verheyden, Delvin, Merelly, Lambeaux, Vinçotte, Lagae, Alice Ronner, exposent de droit ; les membres associés sont invités à tour de rôle.
Toutes ces expositions, qui se succèdent sans interruption, sont très suivies et rendent aux artistes de réels services.
Mais un projet dont la réalisation est très probable, et dont on parle beaucoup dans les milieux officiels, semble devoir leur enlever le meilleur de leur intérêt. On songe à rendre annuel le salon officiel, aujourd'hui triennal. Bruxelles aurait son salon chaque printemps, comme Paris ; et Anvers, Gand et Liège auraient un salon trienna en automne. Dès lors, la plupart des artistes garderaient pour ce salon de j^rintemjis leurs meilleures œuvres, et les expositions de cercles, moins intéressantes et moins utiles, risqueraient fort de disparaître.
Ce serait, dans la vie artistique iki pays, une modification profonde.
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En attendant, il faut signaler le Salon du /-((Ac'»*' qui vient de s'ouvrir. Si plusieurs des envois sont d'un réalisme un peu trop simpliste, valant par des qualités d'expression littéraire plutôt que jxir la beauté plastique, il en est par contre de très remarquables, notamment la polyptique de M. Alfred Delaunois, les Champs d'été, d'une éloquence
synthétique, certains moj'ceaux d'une extraordinaire subtilité de couleur, de M. Henri Thomas, d'autres très puissants de ^L Van Zevenberghe, les marines de M. Baescher, la Passerelle de M. Merckaert, les |)ages minutieuses et émouvantes de M. Le Brun, d'ardentes imjjre.ssions de M. Robinson et de M. Ottmann ; les envois de MM. Thyseijaert, Stiévenart, Thévenet, Vanderstraeten, Hcrl)ays, Schirren, Marten Melsen, Baudronghien, etc.
Echos des Arts
T .\ question de l'incendie, sans cesse mena(;antj)our ^^ le Musée du Louvre, par suite de son voisinage avec le ministère des colonies qui, depuis plusieurs années, préoccupe si vivement l'opinion publique, va-t-elle enfin recevoir une solution favorable et si longtemps attendue ? Peut-être.
On s'est mis d'accord, parait-il, entre l'Etat et la Ville de Paris, pour transférer prochainement le ministère des colonies rue Oudinot, dans l'immeuble municipal naguère occupé par une école de frères. Lorsque le déménagement du ministère des colonies sera réellement effectué, on s'occupera de prendre d'autres mesures jugées nécessaires à la sécurité du Louvre. A sa rentrée, la Chambre des députés aura à statuer sur le rapport que M. Gaston Menier, membre de la commission extra-parlementaire de préservation du Musée du Louvre, vient d'adresser à cette commission. Ce rapport, qui demande, outre le déplacement du ministère des colonies, celui du ministère des finances, également logé au Louvre, a formulé les conclusions suivantes :
1° Déménagement du ministère des colonies ; 2" compléter les moyens de secours demandés parles sapeurs-pompiers sur les quais du Louvre et des Tuileries ; 3° brancher les bouches d'incendie installées cour du Carrousel sur une conduite de 200 mm. ; 4'' remplacer les fermes en bois par des femies métalliques ; 5° revêtir les charpentes anciennes du vieux Louvre de ciment armé ; 6° remplacer les cloisons en bois par des cloisons en brique creuse ; 7" sectionner les couloirs par des cloisons en briques de manière à localiser le feu ; 8° exiger que les chevalets des copistes soient ignifugés et limiter le délai de leur dépôt ; 9" déplacer les ateliers de réparation et de rentoilage, les isoler des salles de peinture ; 10° supprimer toutes les cheminées; 11" ne tolérer que l'éclairage
^ l'huile ; u" dci)lacer les bureaux des conservateurs et les installer dans un immeuble à proximité du Louvre ; 13" remjïlacer les calorifères existant par un système de chauffage à la vapeur ayant un foyer générateur à l'extérieur ; 14" enfermer toutes les matières combustibles, chiffons gras, etc., dans des caisses en fer ; 15" défendre au personnel de fumer, même en l'absence du public ; 16° déplacer le ministère des finances, ou, en attendant, l'isoler du Louvre par d'épaisses cloisons en ciment armé, en fer ou en maçonnerie.
La série des bustes des .souverains et chefs d'Etat, que la Manufacture de Sèvres exécute en biscuit, vient de s'augmenter d'une effigie nouvelle, celle du shah de Perse, Mouzaffer-ed-Dine, par le sculpteur Alfred Boucher.
se
On annonce qu'une exposition des œuvres de feu Rodolphe Bresdin, graveur aquafortiste, aura lieu prochainement au musée du Lu.xembourg. On sait que Bresdin, né en 1822 et mort en 1885, est l'un des héros de la Vie de Bohème, de Murger, et qu'il a fourni à Chamjjfleufy le type de Chien- Caillou.
L'Exposition de la gravure originale, rétrospective et moderne, qui devait être inaugurée le 25 novembre courant, est remise au printemps de 1906. Elle aura lieu à l'Ecole des Beaux-Arts, dont les salles ont été mises à la disposition du comité, par M. Dujardin-Beaumetz.
Le conseil sui)érieur de l'enseignement des beaux-arts s'est réuni le iS octobre à l'Ecole, sous la présidence de M. Dujardin-Beaumetz.
Assistaient à la séance : MM. Léon Bonnat, directeur de l'Ecole des Beaux-Arts ; Roujon, Liard, Valentino, Jean-Paul Laurens, Marqueste, etc. Le sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, après avoir exprimé les vifs regrets du conseil supérieur pour la mort des peintres Henner et Bouguereau, membres du conseil, a souhaité la bienvenue à M. Bonnat, qui dirige depuis le 2 octobre l'Ecole nationale des Beaux-Arts. Le conseil supérieur a ensuite examiné quelques questions relatives à l'enseignement des beaux-arts, puis, par votes, a pourvu ensuite au remplacement de M. Bouguei"eau, comme professeur des cours du soir à l'Ecole. Ont été proposés à la nomination du ministre des beau.x-arts ; i° en première ligue, M. Tony Robert-Fleury ; 2" en deuxième ligne, M. Priant. C'est donc M. Tony Robert-Fleury qui succédera à M. Bouguereau.
• Voici quels sont, depuis le i'"'' octobre, les heures d'ouverture et de fermeture de nos principaux musées : Les musées du Louvre, Lu.xembourg, de Versailles, Saint-Germain-en-Laye, Carnavalet, Cernuschi, Palais des Beaux-Arts resteront ouverts de dix à quatre heures ; Cluny, musée de sculpture du Trocadéro, galeries du [Muséum , de onze heures à quatre ; musée Victor-Hugo, musée ethnographique du Trocadéro, de midi à quatre heures.
Une délégation de citoyens de la ville de New- York viendra assister, dans quelques semaines, à l'inauguration du monument aux aéronautes du siège, que l'on élève en ce moment à Neuilly, devant la porte des Ternes. La présence de cette délégation à cette cérémonie s'explique par le fait que Bartholdi, l'auteur du monument, était h citoyen de New- York ». C'est un hommage que la grande ville américaine veut rendre ainsi à la mémoire du célèbre sculpteur, à qui elle doit la grande statue de La Liberté éclairant le monde. Bartholdi avait été, en effet, nommé « citoyen de New- York » par une délibération du Conseil municipal de cette ville, en date du 27 octobre 1SS6, à la suite de l'installation à New- York de la statue de La Liberté.
La Jeunesse de France au tonihcau de Gamhetta, en mai 1901, tableau commandé pai" l'Etat au peintre Guillaumet, a été placé récemment dans la salle d'attente du public au Palais-Bourbon, en pendant à la toile de M. Dagnan-Bouveret, Les Conscrits, que possède depuis quelque temps la Chambre des députés.
On nous informe qu'au lendemain même des
obsèques de M. William Bouguereau, un Comité s'est formé pour élever un monument au dévoué président de l'Association des Artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs qui fut, pendant vingt ans, l'administrateur incomparable de cette belle œuvre Taylor.
Le jury du concours d'architecture ouvert par le « Phénix espagnol » entre architectes français et espagnols pour l'édification de l'hôtel de la Compagnie, vient de se réunir à Madrid. Le jury comprenait notamment M. Nénot, de l'Institut ; le sculpteur espagnol Mariano Benliure et l'architecte Luis de Landecho, de l'académie de San-Fernando. La première prime de 8 000 pesetas a été accordée à MM. Jules et Raymond Février, père et fils, pour un très beau projet d'architecture monumentale. JI. Jules Février, l'architecte parisien bien connu, est l'auteur du château Gaillard de la place Malesherbes.
Un des peintres les plus connus de Russie, M. W.-M. Vasnetzoff, vient d'ouvrir, depuis le 1^^ octobre, une exposition de ses œuvres les plus récentes, à la salle Rubens, de l'Académie des beau.x-arts de Saint-Pétersbourg.
Le conservateur du Musée de Cluny s'est aperçu qu'un objet de grande valeur venait d'être dérobé parmi les collections dont il a la garde. C'est une statuette en marbre blanc, figure d'applique, sculptée en haut-relief, de l'école française du xiv" siècle, qui représente une sainte. Celle-ci est debout et couverte d'un voile, un long manteau se drape par-dessus sa robe et se relève sur son bras gauche. La statuette, brisée jadis en deux morceaux, avait été réparée, la tète et le buste d'une part, de l'autre le reste du corps. Ces deu.x fragments avaient été soudés à la céruse et réunis par un goujon en bois. La description de cette figurine a été transmise à tous les commissaires de police, et des recherches vont être faites chez les antiquaires et marchands d'objets de curiosité.
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Le peintre Hébert, membre de l'Institut, vient d'être victime d'un vol assez mystérieux. Pendant son absence, un dessin de Machard, auquel il tenait beaucoup, a disparu de son atelier. Ce dessin, encadré d'une baguette en or mat, représentait une tête de jeune sainte auréolée. Une plainte a été déposée au parquet et la photographie de l'œuvre a été adressée à tous les marchands de tableaux. sr
M. André Hallais, dans son dernier article : « En flânant » (Débats du 6 octobre), signale la
formation récente dans la ville de Chinon (Indreet-Loire) d'une Société des Amis du vieux Chinon, fondée en vue de sauvegarder les anciens monuments de la vieille cité tourangelle. Cette Société a déjà organisé une exposition, avec catalogue déjà rédigé, « d'histoire locale », estampes, photographies, faïences, sculptures, etc., à l'hôtel de \-ille de Ciiiniui. C'est d'un bon exemple
sr
Des Débats :
On vient de restaurer, sous la direction de M. Desjardins, architecte de l'Etat, et de mettre en lumière, dans la cathédrale Saint-Jean de Lyon, deux magnifiques toiles de maîtres. L'une représente le mariage mj-stique de sainte Catherine. La Vierge, assise sur un trône et tenant sur ses genoux le divin enfant, passe l'anneau au doigt de sainte Catherine. Bien que cette oeuvre ne soit pas signée, il semble bien qu'elle est de Rubens, d'après la splendeur du coloris, la manière de distribuer la lumière, la forme des personnages et surtout d'après la figure de sainte Dorothée, en laquelle il est facile de reconnaître le portrait d'Hélène Fourment, la femme de Rubens. Le second tableau est une magnifique page décorative signée de Jean Restout. Elle représente la descente du Saint-Esprit. Dans cette toile, qui ne mesure pas moins de sept mètres de long sur près de cinq de large, on retrouve les procédés et l'ordonnancement des Jouvenet. Ces tableaux faisaient partie de la collection que le cardinal Fesch s'était constituée grâce à son neveu Napoléon, qui lui réservait toujours une part assez large dans son butin artistique.
Favre, H. Juillard-Wuiss, (".ustave Christ, Aug. Ha;nsler, Aug. Lauth-Scheurer, Aug. Dollfus, Th. Boch, Alfred Engel, Th. Schlumberger, Georges Spetz, le colonel Blumcnstihl, Ad. Seyboth, A. Laugel, le docteur Bûcher, Léon Jourdain, X. Gilardoni, Kubler, A. Waltz, Aimé Gros-Schluml)erger, Ernest Blech, Aug. Lalance, Gaston Braun, J . Wencker, Henri Zuber.
M. Léonard Danel, le grand imprimeur et éditeur de Lille, a, ]\ar son testament, légué au Musée de Lille, une somme de 15 000 francs qui sera emj)loyée par ce musée à l'acquisition d'un tableau à son choix
Au cours des travaux de terrassement effectués pour les fondations du nouvel hôtel des postes à Bologne, on a trouvé un collier en or massif, orné de diamants, et plusieurs objets de grande valeur artistique. On croit que ces objets et le collier ont appartenu à la famille historique, éteinte aujourd'hui, des Pepoli. Ces reliques ont été déposées au musée de la ville.
Parmi les candidatures au fauteuil du peintre Henner à l'Académie des Beaux-Arts, on signale celle de M. Chartran, qui est fort bien accueillie. A ce sujet, l'Académie vient de fixer ses opérations aux dates suivantes : 7 octobre, déclaration de la vacance du fauteuil; 14 octobre, lecture des leçons des candidats; 21 octobre, rapport de la section de peinture pour le classement des candidats. L'élection aurait lieu ensuite le 28 octobre.
Par arrêté du ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, en date du 14 octobre courant, les articles 139 et 141 du règlement de la Bibliothèque nationale sont modifiés ainsi qu'il suit : Art. 139. Les galeries et salles d'exposition sont ouvertes au public le lundi et le jeudi, de dix heures à quatre heures. — Art. 141. Le lundi et le jeudi, on ne communique aucun des objets exposés dans les salles on le public est admis.
Un comité vient d'être constitué en vue de célébrer, le 6 juin 1906, le troisième centenaire de la naissance de Pierre Corneille.
Dans les derniers examens qui ont eu lieu à la section de peinture à l'Ecole des Beaux-Arts en vue de la réouverture des ateliers, vingt-deux femmes sur cent sept élèves ont été admises.
On a installé cette semaine, sur les piédestaux de la porte du pavillon de Marsan, aux Tuileries, qui ouvre sur les nouveaux jardins du Carrousel, deux modèles en plâtre de cerfs, exécutés par Auguste Caîn, pour le château de Chantilly. Ces modèles ont été autrefois donnés par le duc d'Aumale au musée des Arts décoratifs.
Un comité poiu" l'érection, à Bemwiller, d'un monument destiné à perpétuer la mémoire de Henner, vient de se constituer. Ce comité se compose de WSl. Ernest Zuber, C. de Lacroix, Alfred
On annonce, pour le courant du mois, l'installation au Musée du Louvre de La Pielà, que la Société des Amis du Louvre a acquise, moyennant 100 000 francs, dit-on, de la municipalité de Villeneuve-lez-Avignon. ^^oir la reproduction de cette
peinture dans ce numéro. Cette installation donnera lieu à une cérémonie officielle.
Parmi différents objets légués par le baron de Bonnemain au musée de l'Armée se trouve le portrait de son aïeul, le général de Beauharnais, par Couture.
Depuis le i6 octobre, la fermeture de la Bibliothèque nationale a lieu à quatre heures et demie, au lieu de cinq heures et demie, et celle de la Bibliothèque Mazarine, à quatre heures au lieu de cinq. Réouverture de la Bibliothèque de l'Ecole des Beaux- Arts, fermée depuis le i'"'' août.
Le musée Carnavalet vient d'être doté d'une commission chargée des achats, sous la haute direction de M. Bonnat. directeur de l'Ecole des Beaux-Arts. Les autres membres de cet aéropage sont : MM. Olivier Sainsère, Victorien Sardou, Feuardent, Georges Villain, Raphaël Brown et Georges Caïn, conservateur du musée.
Les lecteurs de / ' Ari d les Aiiistcs se souviennent que notre distingué collaborateur, Henri Bouchot, manifesta, dans un de ses articles, le grand désir de voir un comité se constituer en Belgique pour organiser une exposition des œuvres de Van Eyck.
Nous apprenons à l'instant que ce souhait sera réalisé. Au printemps prochain, on verra sans doute accourir de toutes parts, à Gand, où les chefs-d'œuvre de Van Eyck seront réunis, les innombrables admirateurs du grand primitif flamand.
M. Carnegie a résolu d'affecter 15 000 dollars à la récompense des cinq meilleurs projets qui seront envoyés pour le concours du Palais de la Paix. Les détails du programme seront publiés prochainement.
Notre collaborateur. ;\L Paul Steck, vient d'être nommé par arrêté ministériel, inspecteur des musées et de l'enseignement artistique pour les départements du Nord.
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Notes pour les philatélistes :
Pour mettre son système postal en concordance avec sa situation nouvelle de protecteur de l'Empire de Corée, le Japon va émettre de nouveaux timbres. Sur les vignettes figureront le chrvsanthème. emblème du pays du Soleil Levant, une fleur de prunier, emblème du Matin
Calme, et enfin deux colombes, symbole des services postaux.
— A l'occasion de la prochaine célébration des jeux olympiques, le gouvernement grec a résolu d'émettre des timbres spéciaux dont il a confié la composition à un artiste français.
Les sujets des timbres-poste hellènes actuellement sous presse à Paris sont empruntés à la mythologie païenne. Ils reproduisent des vignettes provenant soit d'anciennes palestres, soit de vieilles céramiques, ou bien d'échantillons rares de numismatique. Les timbres de un et deux lepts, par exemple, qui représentent Apollon dans l'attitude du lancement du disque, sont la reproduction d'une monnaie de quatre drachmes en argent, de l'île de Céos, qui avait cours 509 ans avant l'ère chrétienne.
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La Société valenciennoise des arts a ouvert au commencement d'octobre, dans les salles de l'hôtel de ville, un; de ses expositions périodiques toujours organisées avec beaucoup de soin et toujours intéressantes. Celle-ci est, en outre, assez nombreuse.
L'Etat lui a prêté : Les vieux pilotes, du peintre Boyer ; Après-midi d'octobre, de M. Auguste Desch., et un ]")aysage de M. Paul Sébilleau, Matinée nioiiillce d'octobre à la Brède (Gironde).
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Une exposition centennale de l'art allemand.
Voici une nouvelle qui nous parvient au moment où nous mettons sous presse et qui est d'un intérêt d'art considérable. Un comité, sous la présidence du D'' Tchudi, directeur de la galerie nationale de Berlin, s'est constitué, pour organiser dans cette même galerie nationale, une exposition centennale de l'art allemand de 1775 à 1873. Nous aurons bientôt l'occasion de parler, avec tous les détails nécessaires, de cette importante manifestation d'art.
Au Musée du Louvre.
Après la réforme du Conservatoire, celle du Louvre. M. Dujardin-Beaumetz s'en occupe avec beaucoup d'activité, et il est probable qu'un décret de réorganisation de notre grand musée national paraîtra prochainement.
M. Dujardin-Beaumetz a visité le 19 octobre le Louvre, de la base au faîte. Il a décidé en principe le dégagement des étages supérieurs et des fameux greniers qui renferment des œuvres dignes d'être exposées, soit au Louvre, soit dans ses annexes, tels que Maisons-Laffitte et Azay-le- Rideau.
Le musée de la marine va abandonner le Louvre