‹ L'art et les artistes hollandais (volume 3)Chapitre 25 sur 57 · Levens en Werken, déjà cité · texte numérisé non relu

Levens en Werken, déjà cité

L’ART HOLLANDAIS

et certainement quatre au moins. Rien n’y fit. L’opinion du critique allemand prévalut1 2, et l’excellent Bürger, qui s’en était pénétré, parlait avec un dédain non déguisé de ce Fabritius « qu’on a baptisé mal à propos Carel et qui, suivant Immerzeel et autres biographes, aurait sauté avec le magasin de poudre à Delft, en i65q »5; et en note il ajoutait : « C’est, je crois, Weyerman qui, le premier, a avancé qu’on trouvait, dans les archives de Delft, la preuve que Fabritius avait péri dans le désastre de i65q. La bonne autorité que Weyerman ! »

Cela nous était signifié avec une telle conviction et la sincérité de Bürger nous était si connue, sa bonne foi, sa franchise étaient tellement au-dessus de toute espèce de soupçon, que les meilleurs esprits se laissèrent convaincre. Pour un peu plus, on aurait nié l’explosion du magasin de poudre. Malheureusement, ou plutôt heureusement, nous avions de ce triste événement trop de preuves contemporaines : d’abord le récit de Bleyswijck et celui d’Arnold Bon; en second lieu, tous les incidents de ce sombre drame avaient été consignés en une brochure curieuse qui nous a été conservée3 *. Enfin, un fougueux pasteur, Petrus de Whitte, maugréant contre la perversité de son siècle, n’avait point hésité à reconnaître, dans cette horrible catastrophe, la main vengeresse du

1. Il est à remarquer que, dans son Manuel de la peinture, M. Waagen ne dit pas un mot de Fabritius, pas plus de Bernard que de Carel. Il est vrai qu’il termine la partie de son travail relative à l’école de Rembrandt par cette phrase singulièrement élastique : « La rareté et l’inexactitude des renseignements qui nous sont parvenus sur cette grande école ont pu faire omettre les noms de quelques peintres dans la liste de ceux qui l’ont fréquentée. »

Page 1