Voir la Beschryvinge der Stadt Delft
CAREL FABRITIUS.
lier, qui l’appelle affectueusement : « On{e Fabritius, mijn Medcleerling, notre Fabritius, mon condisciple », s’est même plu à nous raconter certaines de leurs conversations frappées au coin d’une originalité distinguée et imprégnées d’un haut sens artistique1. Enfin, un témoin de sa mort, Arnold Bon, lui consacra une pièce de vers désolés, qui est parvenue jusqu’à nous, et dans laquelle il le nomme « le plus grand artiste que Delft et la Hollande connurent jamais2 ». Il semble que c’était là plus qu’il n’en fallait pour mettre l’existence de ce grand peintre à l’abri de toute contestation.
Eh bien, malgré cela, M. Waagen, ayant eu la malechance de découvrir un tableau de Bernard Fabritius au musée de Francfort, n’hésita point à déclarer que, selon lui, « le prétendu Carel et Bernard sont un seul et même peintre ». En sorte que, comme on trouve des tableaux de Bernard datés de 1657 et même de 1669, tous les récits de Bleyswijck, de Hoogstraaten et des autres étaient relégués, d’un coup, dans le domaine des contes à dormir debout.
En vain le savant continuateur d’Immerzeel,M.Kramm, d’Utrecht3, essaya-t-il d’établir qu’il y avait un grand nombre de Fabritius, peut-être bien une demi-douzaine,
1. Au premier livre de VInleyding tôt de hooge school der Scliilderkonst (Rotterdam, 1678), page 11, Hoogstraten dit : « Notre Fabritius, mon condisciple, me posa, dans notre jeunesse, cette question : Quels sont les signes certains et les fruits de l’esprit qui peuvent faire soupçonner chez un élève qu’il deviendra un bon peintre? » Et Hoogstraten répond qu'on doit non seulement aimer l’art, mais encore être sensible aux beautés de la nature. — Au cinquième livre, page 181, parlant encore de Fabritius, il lui prête cette réponse. « A cette question : « Quelle est la règle pour bien ordonner une composition? » notre peintre répondit : « De choisir ce qu’il y a de plus noble dans la nature et de savoir le grouper. — De edelste natuerlijkheden te verkie^en en by een te schikken. »