‹ L'art et les artistes hollandais (volume 3)Chapitre 41 sur 57 · Ibid., t. 1er, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. 1er, p

L’ART HOLLANDAIS

aient été mal lues, que toutes celles qui paraissent formelles soient fausses. On ne peut, je pense, faire à son contradicteur la part plus belle. Il resterait encore le témoignage des contemporains, et ce témoignage, on ne peut le révoquer en doute.

Admettons, je le répète, que Philips Koning n’ait peint ni la Servante qui regarde par la fenêtre (de meyt uyt het vengster legt), cité par Hoet, ni le Vieux philosophe du musée de Brunswick, ni les tableaux de Rotterdam. Il faut bien reconnaître, cependant, qu’il peignit cette fameuse Vénus endormie, que Vondel célébra à deux reprises différentes.

Bien mieux, non seulement il s’adonna à la figure, mais encore il excella dans le portrait. La précieuse collection de Vos possède, à l’heure actuelle, trois dessins du vieux poète, tracés par notre artiste, et M. Vosmaer a connu, chez le commentateur de Vondel, M. J. van Lennep, un autre de ses portraits, « superbe peinture, nous dit-il1, que Rembrandt eût pu signer, tête expressive, d’une expression vigoureuse et d’un ton profond et chaud ». Or, pour ces portraits, il n’y a pas non plus de confusion ni d’erreur possible. A chacun d’eux, le vieux chantre de Gysbrecht van Amstel a adapté des vers qui remercient l’auteur. 11 date même un de ces portraits en nous disant son âge :

Ile telde vijf en seventigh

Toen Koning mij dus levendigh

Te voorschijn braght op zijn panneel2.

Bien mieux, Vondel enrichit encore de ses vers un

1. Rembrandt, sa vie et ses œuvres, par C. Vosmaer. La Haye, 1877, p. 182.

2. « Je comptais soixante-quinze ans, quand Koning .me fit revivre sur son panneau ».

PHILIPS DE KONING

autre portrait, celui de « Mademoiselle Margareta van Rijn, artistement peinte par Philips de Koning1», et nous savons que cette Margareta van Rijn épousa Philips. Non seulement Vondel nous le dit, mais le fait est attesté par deux mentions d’état civil : la première2, publiée en 1877 par M. Fr.-D.-O. Obreen ; la seconde, qui voit ici le jour pour la première fois et dont voici la copie relevée sur les Puiboeken d’Amsterdam :

24 ap. : i65y .

Compareerden als vooren Philips de Koningh van A. Schilder Wedr van Cornelia Fournier , W01& op de Kaysersgraft en Margrieta van Rijn van A. IVedvc van Pieter Valentijn TVonde op de Lauriers gracht .

En tête : de IVeescamer Voldaen.

En marge : hy heft de 24 april i65y de IVeescamer Voldaen.

C’est-à-dire :

24 avril 1657.

Ont comparu comme plus haut Philips de Koningh, d’Amsterdam, peintre, veuf de Cornelia Fournier, de-

1. Aen de Jongkvrouw Margareta van Rijn kunstigh afgebeelt door P. de Koning.

2. Dans P Archief voor nederlandsche Kunstgeschiedenis,t.lcr,p. 124. Voici la copie de Pacte telle que la donne M. Obreen :

« Den i5 mey i65y sijn Alhier ( Rotterdam ) getrouwt Philips de Coning, Schilder, weeuenaer van Coknelia Fornier ende Margareta van Ryn vedue van Pieter Valentyn, woonachtig tôt Amsterdam, ahvaer sy haer proclamatie hebben gehadt volgens de acte van verclaringe daervan bij Jacob de Vogelaer secretaris der voorsp. Stede ende burgmeesteren gebleken is dato den i3 meij i65j.

« Présent M. Johan van der Mey de en A. Soury Burgmeesteren.

« in Kennisse van My P. Verschuür. »

L’ART HOLLANDAIS

meurant sur le Kei\ersgracht , et Margrieta van Ryn, d’Amsterdam, veuve de Pieter Valentijn, demeurant sur le Lanriersgracht .

En tête : La Chambre des Orphelins payée.

En marge : Il a satisfait, le 24 avril 1657, la Chambre des Orphelins.

Et les époux ont signé :

Ce document, dont je n’ai point à grossir l’intérêt, est surtout important en ce qu’il nous révèle deux faits pouvant servir de point de départ à de nouvelles recherches : les relations de Philips de Koning avec la Chambre des Orphelins, et la mention de son premier mariage.

Mes investigations dans les archives des Momboir en

Weescamers ne m’ont procuré qu’un document nouveau :

une inscription relevée sur le Burgersboek , à la page 5q,

ainsi conçue :

77 april 1642.

Deb : Philips de Coninck op de Kei\ersgracht over de Diaconey.

N° i3 sj' ne naetekinderkj eues fl. : 8

14 july ont f

PHILIPS DE KONING

nous révèle seulement le domicile exact de Philips de Koning, situé en face de la Diaconie1, c’est-à-dire presque à l’angle du Kei\ersgracht et de VAmstel, et nous apprend qu’en 1642 il était déjà veuf. Or le premier acte de mariage de notre peintre, dont j’ai retrouvé la mention à Amsterdam, sur le Pniboek n° 16, eut lieu en

décembre 1640. On voit que le pauvre artiste avait été marié bien peu de temps.

Voici la copie de ce premier acte de mariage :

Extraor dinar is,

Compareerden als vooren, op den act van V. Berlicom

1. La Diaconie, Onde mannen en Vrouwenhuis, hospice des vieillards, existe encore, bordant l’Amstel d’une de ses façades et de l’autre le Nieuwe Kei^ersgracht. Il serait donc facile de retrouver la demeure de Philips de Koning, si tant est qu’elle n’ait pas été détruite.

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