Kramm. Levens en Werken déjà cité, t. VI, p
JAN VAN DE VELDE
n’aurait certes point fait pour un jeune homme de vingttrois ans. Enfin M. A. van der Willigen lui-même lui attribue un portrait de son père exécuté en 1621, c’està-dire aux environs de sa quinzième année, et nous cite l’année 1614 comme celle de son entrée dans la gilde de Saint-Luc.
Je ne crains pas de le répéter, la date de t6o5 est absolument inadmissible; mais laissons encore cela.
Le second Jan, quelle que soit l’année exacte de sa naissance, fut un graveur de talent. Nagler a inventorié son oeuvre, il l’a catalogué en io3 numéros, et en dehors de cela on pourrait citer encore quelques autres ouvrages; mais rien ne nous dit que ce Jan fût peintre; et les tableaux, peu nombreux, il est vrai, dont on rencontre les traces sont-ils bien de lui ? c’est ce qui semble au moins douteux. — On les lui avait attribués jusqu’à ce jour, bien moins par la certitude où l’on était qu’ils lui appartinssent, que parce qu’on ne savait personne à qui les donner. — Mais voilà que les livres de l’état civil d’Amsterdam viennent nous révéler un troisième Jan van de Velde, celui-là peintre, auquel personne n’avait pris garde jusque-là. Cette révélation nous semble diminuer singulièrement les présomptions si facilement accueillies par les biographes.
En fouillant les registres matrimoniaux de la capitale hollandaise, nous découvrons, en effet, sur le Puiboek n° xvu, la mention suivante :
24 Apr. 1643.
Compareerden als vooren Jan Jansz van de Velde, van Haerlem , schilder ont 23 jaeren, acte van consent onder de liant van Jan Quyrynus , notaris pub., en
L’ART HOLLANDAIS
Diewertie Willems Middeldorp, van A., ont 22 jaeren, geass1 met Willem Willems Middeldorp , woon : op Vloyburch.
C’est-à-dire :
24 avril 1640.
Ont comparu comme plus haut Jan fils de Jan van de Velde, de Haerlem, peintre âgé de 23 ans, lequel a produit un acte de consentement dressé par Jan Quyrynus, notaire public, et Diewertie fille de Willem Middeldorp, d’Amsterdam, âgée de 22 ans, assistée de Willem Willems Middeldorp, demeurant sur le Vloyburch.
Et ont signé,
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Laissons pour un instant de côté la date de i6o5, chère à l’auteur des Artistes de Haarlem, mais fort sujette à caution. Prenons celle de Kramm et d’Immerzeel, remontons même un peu plus haut, à 1 5g5, par exemple, et nous voilà avec un troisième Jan, qui pourrait bien se trouver le rejeton des deux autres, si tant est que les premiers soient du même sang.
Le maître d’écriture donne naissance au graveur, et le graveur, né en 1 5g5 , donne, en 1620, c’est-à-dire à
JAN VAN DE VELDE
l’àge de vingt-cinq ans, naissance au troisième Jan, qui va devenir le peintre, l’auteur des paysages et des natures mortes1, celui-là même dont nous trouverons encore des traces en 1679, alors que ses deux aînés ne seront plus.
Si donc le consciencieux rédacteur du catalogue de Bruxelles veut nous en croire, il attribuera à ce Jan van de Velde, né en 1620, marié en i6q3, vivant encore en 1679, le panneau intéressant qui orne le musée royal de Belgique. Comme aussi nous lui attribuerons les originaux de vingt-quatre paysages « dessinés et mis en lumière » par Nicolaas Visscher, sous le titre : Amenissimæ, etc., Johanne Veldes juniore, delineatæ et in lucem editœ a N. -J. Visschero anaglÿptcirio, anno 166 5.
Ce n’est pas au hasard, en effet, et sans préméditation que le mot juniore se trouve mis à la suite du nom de notre artiste, et ce n’est assurément pas pour le distinguer du vieux Jan, mort depuis quarante-deux ans, qu’on l’a placé là.
Enfin, pour montrer combien sont excusables ceux de nos prédécesseurs, qui ont tenté de démêler la biographie des nombreux Jan van de Velde et n’y ont pas réussi,
i. Voici, en dehors du tableau de Bruxelles, quelles sont les peintures portant la signature de Jan van de Velde dont j’ai pu découvrir la trace.
Une nature morte. — Vente publique faite à Amsterdam, le 20 avril 1695.
Un paysage, vue d’hiver. — Collection Willem van Oosterwyk, vendue à Amsterdam, le 27 février 1721.
Un paysage. — Vente publique faite à Amsterdam, le 11 avril 1727.
Une bataille. — Collection de Mllle veuve Visser, vendue à Amsterdam en 1 73 3 . Un acréable paysage {een plaisant landschap). • — Collection Nicolas Seelhop, vendue le 28 mars 1759, à la Haye.
11 est à remarquer, en outre, qu’à l’exception du musée de Bruxelles, aucun des grands musées européens ne possède de tableau de ce maître.
L’ART HOLLANDAIS
nous ferons remarquer qu’aux trois personnages de ce nom que nous avons déjà mentionnés, il faut en ajouter encore deux autres : l’un qui nous fut signalé jadis par le regretté M. Eeckhoff, et qui, nommé Jan Willems van de Velde, originaire de Leeuwarden et qualifié peintre, épousa en 1 6 1 1 , à Leyde, Sytske Jooste, veuve de Symon Frederix; l’autre, cité par M. van der Willigen, et qui, invité en 1642 à se faire inscrire comme graveur, s’y refusa, sous prétexte qu’il était orfèvre, et exhiba un acte qui lui attribuait cette qualité.