‹ L'art et les artistes hollandais (volume 3)Chapitre 46 sur 57 · REYNIER HALS · texte numérisé non relu

REYNIER HALS

'importance qu’a prise, depuis quelques années, le nom de Frans Hais, la justice tardive rendue à cet éminent artiste, la place d’honneur qu’on lui a décernée dans l’École hollandaise ont fixé tous les regards sur le joyeux maître de Haarlem, si fougueux et si juste, si puissant et si fort.

Comme corollaire de ce redoublement d’attention et de cette admiration désormais générale, les moindres particularités qui se rattachent au grand artiste, à sa vie orageuse, à ses œuvres si longtemps méconnues, à son entourage assez discutable, à sa famille nombreuse et bien douée, prennent un intérêt tout spécial et, si j’ose dire ainsi, presque un accent d’actualité.

On ne m’en voudra donc point de donner un peu plus de consistance à la figure singulièrement effacée d’un de ses fils, artiste lui aussi, qui vainement essaya de marcher sur les traces glorieuses de son père, affirmant

L'ART HOLLANDAIS

une fois de plus, par le profond oubli où sont tombées ses œuvres1, la non hérédité du génie.

La postérité directe de Frans Hais fut nombreuse :

« Plusieurs de ses fils pratiquèrent la peinture », écrit mon savant ami, M. Vosmaer, qui s’est fait l’historien du grand artiste2. Dans cette grande famille, composée de trois filles et de sept garçons, cinq de ces derniers furent peintres à l’exemple de leur père Frans et de leur oncle Dirck. — Harman Hais est cité comme « peintre de conversations », Johannes, surnommé le <c Chevalet d’or » {guidai e%el), peignit la figure et le genre; Nicolas, les paysans et le paysage; Reynier, le genre ; Frans, le portrait et la nature morte, et travailla dans le goût de son père, qu’il copia parfois. »

M. van der Willigen, de son côté3, nous donne la date de naissance de la plupart de ces enfants :

« Le plus âgé des dix, une fille, du nom de Sara, naquit en 1617. Il y a doute sur l’année pour les deux qui vinrent ensuite, deux garçons, Johannes et Frans; mais on sait qu’Adriaentjen, la quatrième, naquit en 1623 ; Jacobus, en 1624; Reynier, en 1627; Nicolas, en 1628; Maria, en 1 63 1 ; quant au dernier, Pieter, il y a pareillement incertitude sur l’époque de sa naissance. »

Ici nous n’avons à nous occuper que de Reynier, médiocre peintre, à ce qu’on croit, et dont on n’a pu découvrir qu’un tableau, une Petite fille mangeant de la bouillie dans un pot de terre, qui figurait, en 1771, dans la collection de Jacob Spex. Probablement beaucoup d’autres de

1. Les biographes Immerzeel et Kramm ne mentionnent même pas le nom de Reynier Hais.

2. Vosmaer. Eaux-fortes d’après Frans Hais. Leiden Sythoff, éditeur.

3. Les Artistes de Haarlem. Haarlem, 1870, p. i5 1. Voir également le tableau généalogique de la famille Hais, qui termine le volume.

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