OCTROI POUR JACOB DIRCKSZ DE SWART ET HANS LE MAIRE
Les Etats-Généraux, etc., sur la requête présentée par Jacob Dirckszde Swart, gainier (custodiemaker) de son Excellence, et Hans le Maire, tous deux bourgeois de la Haye, expliquant qu’après de longues années ils sont parvenus à fabriquer des feuilles de cuir peintes de diverses couleurs et dorées, et que, grâce à leur travail et à leur industrie, ils sont arrivés, à l’aide de procédés artistiques par eux inventés et inconnus avant eux, à pouvoir représenter des personnages, des histoires, des bosquets, des chasses et autres sujets divers; qu’en ■outre, ils sont parvenus à imprimer avec toute espèce de couleurs sur des tissus tels que satins, taffetas, toiles de lin et autres étoffes, desquelles impressions ils ont fait des échantillons; et que ces échantillons ayant été présentés à leurs Excellences le prince et la princesse d’Orange, LL. AA. en ont exprimé un tel contentement, que la haute princesse a témoigné le désir d’avoir quelques chambres tendues de la sorte. Mais
L’ART HOLLANDAIS
que les suppliants sont dans l’impossibilité de mettre en pratique leurs procédés et inventions, parce que la divulgation permettrait à d’autres de faire de pareils cuirs dorés et argentés, au grand dommage et à la ruine de leurs personnes. Ils demandent en conséquence qu’il leur soit permis, seuls et à l’exclusion de tous autres, de fabriquer et de vendre les produits dont ils sont les inventeurs.
Nos postulants exposent ensuite qu’un certain Claes Jakobsz, marchand à Amsterdam, a depuis environ une année obtenu des États de Hollande un privilège du même genre pour pouvoir seul, dans les provinces de Holland et West-Frisland, faire certaines sortes de ces mêmes cuirs dorés, mais qu’ils ont acquis la preuve que ce Claes Jakobsz tirait ses instruments et faisait venir ses ouvriers du royaume du Portugal et autres pays, les faisant transporter à grands frais, et que toute son industrie s’exerce par des mains étrangères, par lesquelles il fait façonner et imprimer ses cuirs, fabriquer ses couleurs au grand détriment des travailleurs nationaux. Qu’au contraire, les suppliants offrent d’établir une invention nouvelle qui n’a jamais été exploitée, pas plus en ces provinces qu’en d’autres pays, et dont les produits atteignent une perfection qu’on ne peut obtenir qu’avec leurs procédés. Qü’en outre, ils procureront du travail aux bourgeois de la ville et répandront ainsi l’aisance dans le pays, etc.
Le privilège est accordé pour une durée de sept années, comprenant les impressions en or, argent de toutes nuances, non seulement sur le cuir, mais encore sur les satins, taffetas, toiles de lin et autres étoffes pouvant servir comme vêtements, tapis et tentures de salles, chambres, voitures et autres, défendant à tous et chacun, dans cette période de sept années, de contrefaire les produits de « l’art décrit ci-dessus » ( voorsclire vencunste ), de fabriquer ni vendre, ni colporter, sous peine de la confiscation des ouvrages contrefaits et en outre d’une amende de 3oo florins carolus à partager, etc.
Fait à la Haye, le 1 7 décembre 161J.
Ainsi donc, grâce à cet octroi des États-Généraux, nous savons qu’en 1 6 1 3 il existait déjà deux fabriques de cuirs
JAN BOTH
dorés et gaufrés; l’une, sise à Amsterdam et dirigée par Glaes Jacobsz1, installée depuis un an, faisant travailler des artistes portugais, et favorisé par un privilège des Etats de Hollande; l’autre, établie à la Haye, employant un procédé nouveau et occupant des ouvriers du pays. Cette dernière joignait à sa fabrication des ateliers d’impression sur étoffes, et jouissait du privilège à elle accordé par les États-Généraux.
Il est probable que ces deux maisons rivales se firent une assez rude concurrence. Cependant, ni l’une ni l’autre ne succombèrent dans la lutte. Nous lisons, en effet, en 1 658, un nouvel octroi des États-Généraux qui renouvelle le privilège de la veuve et des héritiers de Jacob de Swaart; pendant qu’un autre octroi de la même année nous apprend qu’une nouvelle fabrique, dirigée par un certain Charles de Riemer, s’était élevée à Dordrecht. Enfin nous savons, par les documents relatifs à Jan Jansz Both, que la maison d’Amsterdam continuait d’exister. Toutefois, un nouvel arrêté, toujours de cette même année i658, nous apprend qu’à cette époque la fabrique amsterdamoise était passée entre les mains d’un sieur Van den Heuvel, lequel avait sans doute succédé à Claes Jacobs.
Quant à l’adresse de cette dernière fabrique, elle nous est révélée par l’acte mortuaire suivant, qui clôt la biographie de Jan Jansz Both, le modeste artiste, premier objet de cette notice.
i. Nous manquons de renseignements précis sur Claes Jacobs, mais avec Jacob Dircksz de Swart nous sommes plus heureux. Nous savons qu’il était primitivement gainier et, dans ce genre, habile artiste, puisqu’il était fournisseur du stathouder; et un privilège qu’il avait obtenu deux ans plus tôt (8 juin t6ii), pour un nouveau système de boucliers et rondaches, nous le dénonce comme un industriel ingénieux et inventif.
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December 1666.
14. Jan Janse Boot op de Uytersestraat ande ossemarct Leydsclie Kerkhoff E : 7.
Ce qu’il faut lire :
Le 14 décembre 1666, inhumation de Jan Janse Boot, demeurant dans V Utrechtschestraat , sur le marché aux bœufs. Enterré au cimetière dit de Leyde, division E,
fosse 7.
DIRCK ET P1ETER SANTVOORT
oïl a encore deux de ces peintres dont les productions (pour l’un au moins) ont trouvé un accueil bienveillant dans les plus illustres musées, et dont on ne sait rien, absolument rien, pas même une date.
, ni Campo Weyerman, ni van Eynden, ni Pelkington, ni Descamps, ni Balkema, ni van Goll, ni Bürger n’écrivent ce nom. Immerzeel lui-même l’oublie. Il semble que pour eux il n’ait pas existé. Kramm est le premier qui le mentionne1, et pouvait-il faire autrement, quand Santvoort figure sur les catalogues du Louvre et du T rippenhuis 2 ?
1. Voir De Levens en Werken, déjà cité (Amsterdam, 1861), t. V, p. 1443.
2. Voici la description du tableau qui se trouve au Louvre telle que la donne le catalogue de M. Villot :
« 477. Jésus-Christ à Emmaiis : Bois, haut., om,66 ; larg., om,5o.
« A droite, Jésus-Christ, vu de profil, assis devant une table ronde, bénit le pain et lève les yeux au ciel. Au milieu, un vieillard à longue barbe
Ni Houbraken
L'ART HOLLANDAIS
Après Kramm, M. Waagen, dans son Manuel et* M. van der Willigen, dans l’excellent livre qu’il consacre
blanche; à gauche, un autre vieillard dans l’ombre; tous deux dans l’attitude de l’étonnement. Au fond, à droite, un serviteur, coiffé d’un turban,., descend un escalier en portant un plat. — Signé au bas, au milieu du tableau, D. V. Santvoort, x 63 3 . »
« La description du tableau conservé au Trippenhuis est ainsi conçue :
N° 3o2. Portraits du seigneur de Bas et de sa famille. H. i3a.. L. 25o. B. Fh. 90.
« Au centre du tableau sont assis, en se donnant la main, le seigneur Dire de Bas et son épouse Margriet Snoek. Il a la barbe grise, la tête couverte d’un chapeau noir, une large fraise et-un manteau noir bordé de fourrure. Elle est vêtue de satin noir, une très large fraise autour du cou, et la tête couverte d’un petit bonnet. A gauche, se tient debout, en posant la main sur le dos de la chaise de son père, leur fils Jacob, le chapeau à la main, en satin noir, large collet de dentelle, les cheveuxblonds. A côté de lui, leur fille Magtilda et son époux Abraham de Visscher, tous deux en noir avec de larges collets de dentelle, la femme en satin et tenant à la main un éventail en plumes d’autruche, le mari en manteau et le chapeau sur la tête; il indique du doigt son fils qui se tient devant lui en habit rayé bleu, une petite toque relevée de plumeset tenant un petit chien brun. A droite, à côté de la mère, est placée la seconde fille Agatha, mise comme sa sœur, et ayant dans la main unechaîne d’or; à côté d’elle, son frère Nicolaas, en habit gris, collet de dentelle, botte de cuir jaune, chapeau sur la tête et canne à la main;, tout à fait à droite, la troisième fille Élisabeth, habillée, ainsi que les deux sœurs, en robe noire, et un éventail de plumes à la main. Lesfigures sont toutes en pied, les costumes sont riches et selon la mode du xvic siècle. Dans le fond est une porte entr’ouverte à travers laquelle on voit une partie d’un grand tableau.
« Dans la partie supérieure du tableau se trouvent 9 armoiries defamille. »
Enfin, un troisième tableau de Santvoort, également réunion de portraits, se trouve à l’hôtel de ville d’Amsterdam, où il est catalogué sous la rubrique suivante :
« Santvoort Dirk (?) vivait à 'Amsterdam, au milieu du xvu° siècle.- Toile, haut., 2m,o5 ; larg., 2m,g5. — Tableau de corporation avec cinq personnages représentant les quatre syndics de la halle aux serges, assis à une table que recouvre un tapis vert. Sur un livre, posé sur la table, on lit : « Anno 1643. Dese gedaen naer sr Jacques de Win, Pieter Noordyck, Gerrit Kuycken, Gerrit Anslo. » Le cinquième personnage est le domestique de la Halle aux serges; il se nommait Jan Stockmans. »
1 . Voir Manuel de l’histoire de la peinture, Écoles allemande, flamande,, hollandaise ( 1 863), t. III, p. 37.
DIRCK ET PI ETE R S ANTVOORT.
aux artistes de sa ville natale1, sont avec M. Siret à peu près les seuls biographes qui s’occupent, le premier, de Dirck, et le second, de Pieter.
« D.-D. Sandvoord (sic), écrit M. Waagen, se distingua surtout dans le portrait. On peut le juger par son tableau représentant Quatre Dames, signé et daté de i638, au Werkhuys d’Amsterdam2. Les têtes sont d’une grande vérité, malgré leur ton jaune un peu lourd. Il brille moins dans la peinture historique, comme on peut voir par le Christ et les pèlerins d’Emmaüs, 1 633, au Louvre, n° 477, tableau faible de couleur et de procédé. »
Et c’est tout. Pas un détail biographique, pas une date.
Pour M. van der Willigen, il ne parle que de Pieter, et n’est guère plus explicite. « Pieter van Santvoort, dit-il, était un peintre originaire de Haarlem. Le registre des décès mentionne qu’il fut enterré le 10 octobre 1681 au cimetière de SLAnna. »
Quant aux autres biographes, c’est en vain que nous les interrogerions. Voici ce que M. Siret, qui les résume tous à lui seul, peut nous apprendre sur le compte de nos deux peintres :
« Santvoort ou Van Santvoort E. H. xvne siècle. Marines. — Détails inconnus. Nagler le nomme Pierre van Santvoort — on lui attribue un paysage gravé — manière de Jan van Acken ou de Breughel; coloris très gris. «
« Santvoort (Thierry van) E. H. 1 635 ; histoire et portrait. — Détails inconnus. — Portraits de quatre dames, Amsterdam (maison de travail). — Le Christ à Emmaüs,