Acte de décès d’anna schinckels, épouse de dirck both
L’ART HOLLANDAIS
La seconde mention, postérieure de trente années à la première, est du 8 février 1664. En voici la copie :
Dirck Both inde Schoutesteeg nalatn een mundige dochter met een onmondich dochterskindt.
Je traduis :
Dirck Both dans la Sclioutesteeg , laissant une fille majeure et de sa fille un enfant mineur.
Ainsi donc, à cette époque, tous les autres enfants du vieux peintre sur vitraux étaient morts. Par conséquent, Andries et Jan n’étaient plus de ce monde.
C’est à cette seule certitude et à la maigre récolte de documents latéraux, dont on vient de lire la copie, que se trouva réduite notre visite à Utrecht et notre enquête dans les archives. Le résultat était peu satisfaisant, à vrai dire, d’autant que rien ne laisse prévoir dans quel lieu on pourrait continuer utilement les recherches.
Revenant à notre Jan Jansz Both d’Amsterdam, et à la qualification de schilder qui lui est donnée par les mentions de la Chambre des Orphelins, nous sommes amené à conclure que la Hollande a possédé en même temps deux peintres du même nom, et à nous demander à quel genre de peinture s’est adonné le second, celui dont les œuvres ne sont point parvenues jusqu’à nous.
Un mot, dans la seconde des pièces dont nous avons publié plus haut le résumé, va nous fixer à cet égard. La mention in’t goude Leerhuis (dans la maison aux cuirs dorés) ne désigne pas, comme on pourrait le croire, une maison tendue avec ces beaux cuirs étampés, gaufrés, repoussés au marteau, peints de couleurs changeantes et rehaussés d’or, mais bien la fabrique même où l’on apprêtait ces admirables tentures.
JAN BOTH
Longtemps on s’était demandé d’où provenaient ces magnifiques spécimens de l’art du « cordouannier » qu’on rencontre presque à chaque pas en Hollande. Avaient-ils été importés d’Espagne ou de Portugal ? Etaient-ils, au contraire, le produit de l’industrie hollandaise ? C’est ce qu’il était assez difficile de préciser. Les documents relatifs à Jan Jansz Both jettent une première lumière sur ce point, tandis qu’un document consigné sur les Registres des actes , pensions et octrois des Etats- Généraux, achève de lever tous les doutes qui pouvaient encore subsister à cet égard.
Comme cette restitution a son importance, je demande la permission de résumer ici ce document. Le voici donc débarrassé de ses paraphrases sacramentelles et de ses formules officielles et redondantes.