Voir Kramm. De Levens en Werken, loc. cit
DIRCK ET PIETE R SANTVOORT.
Il est ainsi conçu :
Den 23 juny.
Compareerden voor Dr Dirck de Graef en Symon Schaeport, Pieter Dirckxs Santvoort, van A. geass1 met Dirck Pietersz de onde syn vaeder, schilder, woonende op de Coninxgraclit ende Marritje Courten van A., ont 28 jaer ivon : inde Dyckstraat geassistert met Lysbetli haer moeder.
Je traduis :
Ont comparu devant le docteur Dirck de Grael et Simon Schaeport Pieter Dirckxs Santvoort, d’Amsterdam, assisté de Dirck Pietersz le vieux, son père, peintre, demeurant sur le Koningsgracht et Marritje Courten, d’Amsterdam, âgée de vingt-huit ans, demeurant dans la Dyckstraat , assistée de Lysbeth sa mère.
Et les époux ont signé :
Ainsi donc voilà les rapports familiaux de nos deux peintres établis.
Dirck Pietersz « le vieux », comme l’appelle l’acte de mariage, est le père de Pieter, et ce surnom « le vieux » indique que, lui aussi, il exerçait la profession de peintre. Tous deux, sans doute, habitaient à Amsterdam sur le Koningsgracht, petit canal aujourd’hui comblé; le père peignant le portrait et le fils le paysage.
Du 23 juin.
L’ART HOLLANDAIS
Ce dernier est peut-être bien mort à Haarlem en 1681. Le fait n’aurait rien de surprenant, et c’est même probablement à lui que se rapporte la mention relevée par M. van der Willigen. Mais il nous faut rayer désormais cette qualification « artiste de Haarlem », que lui donne l’ingénieux auteur; car nous savons qu’il était originaire d’Amsterdam.
REDERicKde Moucheron n’est point un de ces artistes pour lesquels on puisse beaucoup se passionner. Plutôt décorateur que peintre, j’entends par son tempérament et le genre de son talent, il fut de ceux qui hâtèrent la décadence du paysage en Hollande. Incapable de dessiner la figure et les animaux, il eut recours tantôt à Helmbrecker pour illustrer ses tableaux et animer ses paysages, tantôt à Adriaen van den Velde et à Lingelbach. C’est donc à tous égards un artiste de second plan.
Néanmoins, il dut à ses défauts mêmes une certaine notoriété qui lui tint lieu de réputation et fit rechercher ses ouvrages. Son long séjour à Paris, la fréquentation de nos maîtres pompeux et emphatiques, lui permirent d’adapter à sa facture un peu maigre un certain goût d’arrangement, que ses contemporains appelèrent du style, et qui lui valut un assez favorable accueil auprès ■des amateurs de son temps.
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L’ART HOLLANDAIS
Aujourd’hui encore, malgré sa froideur et le ton parfois criard de sa peinture, il bénéficie de cette heure d’engouement. Malgré ses interprétations fantaisistes de l’Italie qu’il ne vit jamais, malgré le peu de vérité qu’on trouve dans la plupart de ses paysages hollandais, et bien qu’on ne connaisse de lui qu’un nombre fort réduit de toiles agréables et heureuses, son nom est inscrit sur les catalogues des plus grands musées.
C’est pourquoi j’ai pensé devoir produire ici un document inédit qui, rectifiant le lieu et la date de naissance de Frederick de Moucheron, permettra aux auteurs de catalogues de donner désormais, à côté du nom de l’artiste, des indications plus exactes que celles produites jusqu’à ce jour.
Sur la foi de Houbraken1 on avait, en effet, dit et répété que Frederick de Moucheron était né à Embden, en 1 633. L’acte de mariage suivant prouve qu’il est né en 1634 et qu’il a vu le jour à Amsterdam.
Voici la teneur de ce document :
3 jul. i65g.
Compareerden aïs vooren Frerjch de Mucheron (sic) van A. schilder oüt 25 jaer geassistt met Balthasar de Mucheron syn vader woonde inde Laurierdivarsstraet, en Marieck Juderville van Leyden ont 22 jaer, ouders doot geassist1 met Catrina Le felne haer moy 2 ivon : inde gastliuys molenstegh.
1 . Voir Houbraken, Grooteschouburgh der nederlantsche Konstscliilders en schilderessen, t. II, p. 327. « Na hem volgt de brave schilder Frederik de Moucheron geboren te Embden, in’t jaar, i633... »
2. Sans doute une mauvaise orthographe de moei, qui signifie tante.