MOBILIER
Nous voici dans la galerie particulière du maître. C’est là que nous allons voir se révéler ses goûts, et ses préférences s’afficher d’une façon évidente. Cette galerie est assez complète. Elle ne compte pas moins, en effet, de quatre-vingt-douze dessins ou tableaux que l’inventaire a groupés sous soixante-huit numéros.
Malheureusement il ne semble pas que la qualité ait répondu au nombre. Comme les maisons et, du reste, comme le restant du mobilier, les tableaux paraissent avoir été réservés et partagés à l’amiable entre les héritiers. Il n’y a pas trace-qu’ils aient été vendus. Toutefois j’ai retrouvé, dans les papiers du notaire J an van Beest, gendre de Mierevelt et fils de sa seconde femme, une note indiquant que, le 27 septembre 1641, quinze numéros de l’inventaire avaient été livrés aux enchères. C’étaient sans doute des toiles et des panneaux de qualité plus que médiocre dont on avait tenu à se débarrrasser. Les prix auxquels furent adjugés ces quinze numéros varient entre 18 sols et 7 florins i5 sols. On voit que les amateurs, s’il en vint à cette vente singulière, ne se laissèrent pas entraîner à faire des folies.
L’ART HOLLANDAIS
J’ai indiqué ce s prix quand ils s’appliquaient à quelqu’une des peintures que j’ai mentionnées ; car, un grand nombre de ces ouvrages étant consignés dans l’inventaire non seulement sans nom d’auteur, mais encore sans désignation qui pût les faire reconnaître, j’ai noté seulement ceux qui, soit par le sujet, soit par leur filiation déclarée, m’ont paru présenter un certain intérêt.
On remarquera dans le nombre quelques études d’après Blockland, exécutées sans doute par Mierevelt pendant son séjour à Utrecht, et deux de ces fameux « intérieurs de cuisine » qu’au dire de Bleyswijck, le peintre réussissait si bien.
i. Une grande peinture de Vénus et Adonis, d’après Ruybens (sic), et un tableau de Saint Sébastien, par maître 1 Cornelis van Haerlem. (Ces deux tableaux furent attribués pour 35o fl. à Jacobus Delft.)