I. Voir 0. MUUcr, Vit Kinthr, II, p. 30» et luir
L'ETKUIUE ET LES ETRUSQUES. 17
parle Tacite ' , qu'ils avaient une parenté de race avec les habitants de Sardes en Asie Mineure. Les traits de cette parenté, ou les retrouve, dit-on, dans la ci\nlisation de l'Etrurie telle que nous la fout connaître les textes et les monuments. Tout chez les Etrusques est Ivdien, le costume, les jeux, les instruments de musique, les nisigues du pouvoir, les motifs de la décoration (palmettes , rosaces , bêtes féroces ou fantastiques), l'architecture funéraire avec ses façades taillées dans le roc et ses tumulus garnis de tours, la religion enfin qui fait à la divination, c'est-à-dire aune science éminemment asiatique, une si large part et qui semble avoir, comme les religions orientales, l'idée d'un double principe, celui du bien et celui du mal -. Est-il possible de ne pas être frappé de tant de coïncidences, et l'hypothèse de l'origine lydienne des Etrusques ne s'impose-t-elle pas à l'esprit? Or de Lydie en Italie il n'y a qu'une route , la mer, et c'est par là qu'a dû se faire la migration. X'est-ce pas d'ailleurs au bord de la mer, dans la région de Tarciuinii, que sont localisées les plus vieilles légendes de l'Etrurie , celles de Tagès et de Tarchon? C'est là qu'est le berceau de la confédération des douze cités; c'est là qu'est le point de départ de l'expansion étrusque vers le nord et vers le midi : les textes en effet laissent entrevoir une marche conquérante dirigée de la Toscane vers l'Apennin et au delà de l'Apennin jusqu'aux Alpes, et d'autre part au delà du Tibre jusque dans la Campanie \ On peut dire que la mer a été le premier domaine des Etrusques débarqués sur les côtes de l'Italie; elle reste toujours pour eux le champ où s'exerce le plus volontiers leur activité; ils sont de redoutables pirates; ils ont ime marine puissante dont Carthage ne dédaigne pas de s'assurer l'appoint quand il s'agit de disputer aux Grecs l'empire de la Méditerranée occidentale; ils ont des ports importants, Populonia , Luni, Graviscœ, Pi/rgi. A tous ces arguments les partisans de l'opinion d'Hérodote ajoutent le témoignage des hiéroglyphes égyptiens. Les inscriptions de Karnak mentionnent en eifet de grands mouvements de peuples maritimes dans