‹ L'art étrusqueChapitre 10 sur 357 · La plus importante est au musée de Pé · texte numérisé non relu

La plus importante est au musée de Pé

rouse. Elleestgravée sur la face et la tranche d'un cippe et comporte 24 ligues d'une part et 22 lignes de l'autre.

L'AIJT ETRUSyUE.

eaux qui entraitnt clans la composition des noms propres, les suffixes marquant les rapports de parenté, enfin quelques-unes des flexions nominales. Ajoutez qu'on est arrivé à discerner le sens d'une centaine Je mots environ, et vous aurez l'état de la philologie étrusque '. Mais que de conjectures hasardées! Que d'hypothèses contestables! Tous ces eftorts, si méthodiques qu'ils aient été, n'ont apporté que Je médiocres résultats. Le caractère générique de la langue étrusque reste une énigme. Le terrain est si peu sûr que tous les linguistes qui ont eu le rare courage de s'y aventurer, s'y sont égarés et n'ont abouti qu'à des impasses. La tentative de Corssen est tristement fameuse ". La science de l'illustre philologue s'est épuisée à vouloir démontrer que l'étrusque est une langue italique, proche parente de l'osque, de l'ombrien et du latin, par conséquent une langue qui .se rattache au système indo-européen. Justice est faite de cette hypothèse, comme de toutes les hypothèses antérieures \\a'\ avaient fait dé l'étrusque un idiome ou celtique, ou hellénique, ou sémitique, <iu mixte. Le spectacle des tentatives récentes n'est guère plus con.«olant. On connaît l'histoire piquante de MM. Deecke et Pauli qui, après avoir fondé ensemble un recueil jxiur l'étude de l'étrusque, se sont trouvés en désaccord dès le second fascicule, «. l'un ayant subitement reconnu dans l'étrusque une langue indo-euri'- IM'enne contrairement h ce qu'il avait «''erii jusque-là, l'autre ayant persévéré en ses convictions premières', v L'espoir d'arriver à une solution ne doit pas être abandonné; mais il faut reconnaître qu'en l'état actuel de la science linguistique l'on est en présence d'éléments inconnus, sur lesquels la philologie comparée n'a ]>oiiit de prise et qui demeurent irréductibles.

A défaut de la linguistique, irons-nous demander des lumières ;\ l'anthropologie? Depuis une vingtaine d'années, on se iiréoccujie beaucoup de la forme des S(|uelettes découverts en Etrurie. Tous les crânes sont recueilles, analysés, mesurés avec un soin scrupuleux.

I. Voir l« r^aiiorf <lc Decckc, à U fin du 3< i lalurkt Slndin.

Tohimr ,I-n Muller, /»■> f/r».t,r, p. 8îK-&|î. 2. CorMCT, /<•> Sprnr*, rfrr ^/rw/tlvr, IKTII-IHTÎ.

''■■ '' A""«-i«H5fH. DoeckcclpAuU. ». Brtol, AVritr mVi7H<-, I" mai I88:>; Il Krrier

'• «grn nmd SUtditn.TmW, Mli- I 1»W.

L'ETHUIUE ET LES ETRUSQUES. 15

Mallieiireiiseiueut il est rare ([ue sur un môme crâne les anthropologistes aient réussi à se mettre d'accord, ce qui donne à penser que leur science est encore conjecturale. Le fût-elle moins, la difficulté' resterait toujours de savoir si le crâne examiné est réellement étrusque. Des races diverses,, indigènes et immigrées, vivaient côte à côte sur le sol de l'Italie : il est probable qu'elles se sont si bien croisées qu'avec le temps elles ont sinon perdu, du moins altéré leurs traits caractéristiques.

Au lieu d'étudier les squelettes, il arrive quelquefois que l'on considère les figures sculptées sur les sarcophages clés Etrusques ou peintes sur les parois de leurs chambres sépulcrales, et, rapprochant de ces observations certaines épithètes {pinguis, ohesus) appliquées parles Romains à leurs voisins d'Etrurie ' , on se figure une race de petite taille, trapue, ramassée, à grosse tête, aux traits fortement accentués -. Ce sont là de pures imaginations. D'abord tous les corps présentés par les peintures , les bas-reliefs et les statues de l'Etrurie ne sont pas également lourds et trapus. Sur un grand nombre de fresques et de bas-reliefs le type est au contraire fin et élancé '. Et puis il ne faut pas trop se fier à l'exactitude de l'art étrusque. Sur les sarcophages en particulier, qui sont presque tous d'un travail commun, les figures sont petites et engoncées, parce que ceux qui les ont sculptées étaient de vulgaires praticiens, sans aucune notion précise de la vérité anatomique ni des proportions justes du corps humain. Si beaucoup de statues étrusques nous montrent ce que nous appellerions volontiers des magots, cela ne prouve donc pas que l'Etrurie ait été peuplée d'une race de magots. Quant aux épithètes romaines de pingues et à'obesi, elles ne sauraient avoir non plus la valeur d'un argument sérieux. Ce ne sont que des railleries méprisantes, lancées par un vainqueur tout fier de sa forte rusticité, à l'adresse d'un vaincu amolli et dégénéré. Il ne faut pas les prendre à la lettre.

En somme, quoi qu'on imagine, on aboutit toujours à un aveu d'impuissance. La raison en est i)eut-être (ju'il n'y a pas de race étrusque.

1. Virgile, Georg., Il, 193. Catulle, SU, 11. 1 1819 {JJlstur. Pliil. Klasse), p. 2.

■2. Aljhatfll'iM/en der Berlin. Akaïkmie, 1»18- | 3. BnUefmo, 1873, p. 201.

I/AlîT ÉTKUSylE.

( )ii peut se deniauder si le terme Étrusques correspoml à une entité etbno<ïra|.liique l'ien définie et si par hasard ce ne serait pas simplement une expression politi.iue, désignant un peuple mixte, terme du mélange de plusieurs races, au même titre par exemiJe que les termes de Français, Autrichiens, Anglais, Américains.

vj .!. I.A MItUîATIDN KTRISQUE.

A quelque race que les Étrusques aient appartenu , une chose jiarait certaine, c'est que l'Italie n'est pas leur pays d'origine. Eux-mêmes se considéraient comme des étrangers dans la Péninsule, et leur aveu est d'autant plus significatif qu'en général les peuples anciens recherchaient la gloire de passer pour autochtones. Ils conservaient même le souvenir du temjts où leurs ancêtres étaient venus s'établir dans le pays qui depuis a porté leur nom. Autant que l'on peut comprendre leurs calculs qui reposent sur un système de chronologie jiar siècles de plus de cent ans et inégaux, l'événement se rapporterait environ au milieu du onzième siècle avant notre ère '.

Par où et de quelle manière les Etrusques sont-ils arrivés en Italie? La question est importante, parce que, suivant qu'on la résout dans un sen.«< ou dans un autre, on explique d'une façon différente le développement de la civilisation et de l'art en Etrurie.

L'opinion la plus généralement acceptée est celle d'une migration maritime qui serait venue aboutir aux côtes de la mer Tyrrhénienne, entre l'embouchure du Tibre et celle de l'Arno. Ses partisans font valoir l'autorité du texte d'Hérodote relatif A l'exode des Lydiens de Tyrrhénos, les témoignages d'un grand nombre d'écrivains latins, témoignages précieux puisqu'ils émanent de gens qui, vivant dans le voisinage de l'Étrurie, étaient i\ même d'en bien connaître les traditions, enfin la jiropre allirmation des Etrusques, qui convenaient eux-mêmes de leur provenance a,siatique en déclarant dans un décret, dont notis

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