‹ L'art étrusqueChapitre 13 sur 357 · I. De Itou^-, Itrmt aTckKjngiijUt, I8i>7. p · texte numérisé non relu

I. De Itou^-, Itrmt aTckKjngiijUt, I8i>7. p

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L'ÉTKUrtIE ET LES ÉTRUSQUES. 19

soutenables. Eu somme, abstraction faite des renseignements qii'ils nous fonrnissent sur l'histoire militaire de plusieurs Pharaons, les hiéroglyphes en question ne nous apprennent qu'une chose, que les légendes grecques du reste nous permettaient déjà d'entrevoir, à savoir qu'entre le seizième et le quatorzième siècle avant notre ère il y a eu dans la mer Egée un grand mouvement ethnographique, un va-et-vient inusité de populations errantes courant la mer et les îles en quête d'une patrie. Sans doute des invasions durent à ce moment bouleverser la Thrace, la presqu'île des Balkans et l'Asie Mineure. Les tribus de l'intérieur furent refoulées vers le littoral, et les tribus du littoral, subissant à leur tour les effets d'une lointaine poussée, n'eurent d'autre issue que la mer et les aventures maritimes. Que l'on rattache si l'on veut au cycle de ces odyssées la migration des Etrusques vers l'Italie, rien ne s'y oppose, à la condition toutefois qu'il ■soit préalablement bien démontré que cette migration s'est accomplie par mer. Or le fait n'est rien moins que certain, en dépit des argiTinents qu'on invoque.

Que valent-ils, en effet, ces arguments? L'Etrurie, dit-on, est avant tout un pays de marins. Soit. Mais la Phénicie , mais Venise sont aussi des pays de marins ; or c'est de l'intérieur de l'Asie et non de la mer que les Phéniciens sont venus occuper les côtes de la Syrie; c'est de la Véuétie que, chassés par les Barbares, les ancêtres des Vénitiens ont émigré dans les lagunes. Gardons-nous d'ailleurs d'exagérer rim]wrtance maritime des Etrusques. Sans parler ici des pirates tyrrhéniens qui ne sont pas forcément des Etrusques, ]nnsqu'il y avait des Tyrrhéniens eu Thrace, en Asie Mineure et dans les îles de l'Archipel, remarquons que le développement de la marine étrusque }ie commence qu'au moment où l'Etrurie est menacée par les Grecs déjà maîtres de l'Italie méridionale. Elle a alors des flottes parce que c'est pour elle le seul moyen d'éloigner de ses côtes tout ce monde envahissant d'aventuriers grecs contre lequel l'habile politique des Carthaginois a su la mettre en garde. Sous peine d'être débordée par l'hellénisme,

Lydie, semble indiquer qu'il j- a eu une colonisation lydienne dans le Péloponnèse. (Dechaime, ^f</l!ll,l. de la Grèce, p. lUt.)

il faut qu'elle soit en état de l'atteindre là où il est puissant, c'est-àdire sur mer, et qu'elle puisse prC-ter aux efforts des escadres carthaginoises l'appui de ses vaisseaux. Jusqu'à cette époque, qui correspond environ au sixième siècle, les Étrusques sont si peu marins qu'ils n'ont qu'un port, Populonia ', et il se trouve que ce port unique a été fondé par des Étrusques venus de l'intérieur, par les haletants de Volaterra-'-.

Les plus vieilles légendes de l'Étnirie sont localisées dans la zone inaritinie de la Toscane méridionale : soit, mais quelles légendes? Celles que nous connaissons, et elles se réduisent à peu de chose. Il devait y avoir bien d'autres traditions qui nous ont échappé. Ces légendes d'ailleurs ne préjugent rien en faveur de l'immigration par mer. Elles jieuvent signifier que les Étnisqnes de la région de Tm-quinh, ayant été les premiers eu contact par le commerce avec les civilisations de l'Orient et de la Grèce, ont été les premiers à s'organiser politiquement \ Dira-t-on de notre race (]u'elle est issue de l'Ile-de-France, parce que là sont les plus anciennes traditions de la royauté?

Les textes sur lesquels on se fonde jiour prouver l'expansion do la race étrusque du sud au nord peuvent très bien s'interpréter dans le sens d'une conquête politique, indépendante du mouvement originel de la Tuigration et postérieure de ]>lusieurs siècles à ce mouvement. Il est. naturel que les trilnis des environs de Tarquinii, une fois organisées , aient cherché à étendre leur cercle d'action et à grouper autour d'elles dans une sorte de fédération tous les éléments de leur race épars entre le Tihre et les Alpes. L'expansion de la puissance de C'harlemagne s'est faite en grande partie vers le nord-est, c'est-à-dire en sens inverse du courant de la migration franque. La même chose a pu •se pa.sj^er en Etnirie.

On a raison de dire que la civilisation étrusque présente avec celle df l'Asie de nombreuses analogies. ^lais nu nulilie de ri-niarquer ijUc

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