‹ L'art étrusqueChapitre 14 sur 357 · StrelKiD, V, % .-., p. 228. Pline, III · texte numérisé non relu

StrelKiD, V, % .-., p. 228. Pline, III

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puia.>aiits en Ktrurie, c'cst-&-dire du «ùxiome siècle cnriron avant notre en. On conçoit qu'elles nient pu(tre imaginiVji par une T.initc int^ms^, pour donner i\ nne autorité, fondi'e sur la richever et la conqniïtc, la conoil-cration d'une rOnérablo nnti'iuiti} et d'une «orle de droit dirin.

L'ÉTRURIE ET LES ETIîUSQUES.

ces analogies n'ont pas toujours existé '. La suite de ce livre montrera (ju'au temps de leur arrivée en Italie et pendant quelques siècles les Etrusques n'ont rien eu de commun avec l'Orient. Il n'y a pas la moindre trace d'orientalisme dans leurs plus anciennes nécropoles. On peut presque saisir le moment où il pénètre chez eux, où il fait pour ainsi dire irruption dans leur industrie et leurs mœurs ; il ne s'éteiad guère au delà des limites de la Toscane et n'atteint que par échappées les Etrusques établis au nord de l'Apennin. Ce que l'Etrurie tient de l'Asie, elle le doit au commerce qu'elle a entretenu sur les côtes de la Toscane avec les marchands de T}'r ou de Carthage.

Sur quoi fonder maintenant l'hypothèse de la migration maritime? Sur le fameux décret rappelé par Tacite, où les Etrusques se donnent comme étant de même sang que les Sardiens, coTisanguinei'? Mais voyez les circonstances : onze cités d'Asie Mineure se disputent l'honneur d'élever un temple à Tibère vivant et envoient au sénat des ambassadeurs pour faire valoir leurs titres. Dans un pareil concours, qui n'est en somme qu'un concours de flatterie, il s'agit moins d'être sincère que d'avoir cause gagnée. Chacun plaide avec toute l'habileté dont il est capable; chacun se targue d'un passé légendaire brillant, veut avoir rendu le plus de services à Rome, prétend avoir le plus de liens avec l'Italie. Ilium se réclame de Troie, la patrie d'Enée ; Smyrne rappelle qu'elle a une origine divine dûment constatée. Quant à Sardes , pour ne pas demeurer eu arrière, elle produit le décret des Etrusques. On avouera qu'au point de vue ethnographique un pareil décret a peu d'autorité.

Les autres textes latins ne me paraissent pas plus concluants. D'abord ils sont de l'époque impériale, c'est-à-dire d'un temps où les légendes se confondent et où il ne subsiste plus des antiques traditions qu'un écho affaibli et dénaturé. Les Romains affirment imperturbablement que les EtrUvSques sont des Lydiens, mais ils affirment avec la même assurance qu'eux-mêmes sont des Troyens, et l'on sait ce que vaut cette assertion. Pour tout ce qui touche l'Etrurie, les Romains

I. Voir la démonstration de M. Helbig {Annali, 1884, p. 1-43 etsulr.).

LA HT ETRUSglE.

d'ailleurs sont des témoins suspects. Ils la connaissent mal, bien qu'ils prétendent avoir eu entre les mains les libri etrusci. Ils ne nous apprennent presque rien de précis ni sur sa religion , ni sur sa langue , ni sur ses coutumes, ni sur son histoire, ni même sur les rapports qu'ils ont eus avec elle. Quels romans n'ont-ils pas racontés sur les Tarquins t't sur Porsenna"? N'est-il pas étrange qu'il faille chercher dans un discours de l'empereur Claude au.x Lyoïmais ce détail curieux et imijortant que Servius Tullius, avant de régner s\ Rome, habitait l'Étrurie, s'appelait Mastarna et avait eu toutes sortes d'aventures en compagnie d'un seigneur étrusque appelé Cèles Vilienna ' ? Evidemment les Romains s'intéressaient fort peu au passé de l'Etrurie. Ils se bornaient î\ répéter de confiance certaines traditions banales qui couraient en Italie depuis plusieurs siècles et que les Grecs de la Grande-Grèce avaient colportées chez eux sur la foi d'Hérodote, la gloire de Thurium et pour ses compatriotes l'oracle suprême.

D'élimination en élimination nous vnilà nuiienés au fameux texte d'Hérodote, qui constitue du reste l'argument principal, je devrais dire l'argument unique des partisans du système que nous combattons. Je ne chercherai ]ias à montrer tout ce (pie ce texte contient de détails invraisemblables; tout le monde avoue que dans la circonstance l'historien a eu l'imagination naïvement complaisante. Su])posons le récit dépouillé de toute cette mise en srèiie «lui tient du roman, et réiluit h. l'énoncé ])ur et simple de ces deux i'aits, l'émigration lydienne et l'installation des émigrés en Italie. Sur le premier fait nous opposerons j\ Hérodote le témoignage de Xanthos de Sardes, logographe du sixième siècle, dont l'autorité n'est ]ias i\ dédaigner puisipril est Lydien, qu'il a fait une étude ]iarticulière des antiquités de son pays Avôuxol, et qu'enfin Hérodote Ini-nièiue, nous le savons % l'a mis iV contrilnition. Or Xanthos ne parlait pas d'émigration lydienne et faisait demeurer en Asie Mineure les deux tils d'Atys, Lydf>s et Tt)rrliébos \ Pour ce qui est dn (Ii'li.-irquement en Italie, il

t. Oardtbmueii, Mnêtann otkr Strriut Tulm.

•-'. É|.liore<Un»Ath*B4e, XII, 11, p. :»lft.

.1. Ce nom m i^iiicmmcnt l'équivalent (le TvrrW-no». (Oco.rs d'IUl., I, Ï8. Fmijm. hitl. gr.. \. p. 8<;.) Voir O. MUUcr, F.lrwkfr, I. p. 71-7.S.

L'ETRUKIK ET LES ETRUSQUES

convient de remarquer que le texte d'Hérodote n'est pas aupsi explicite qu'on le croit généralement. Il désigne le terme de la migration tyrrhéuieuue par ces mots ï; 'Oagpuoûç, le pays des Ombriens. Or le pays des Ombriens c'est l'Italie centrale , aussi bien la partie qui touche à l'Adriatique que celle qui touche à la mer Tyrrhénienne. Si l'on observe maintenant qu'Hellauicos, qui écrivait à peu près au temps d'Hérodote et qui, étant de Lesbos, c'est-à-dire d'une île jadis tyrrhénienne, pouvait connaître tout aussi bien que lui les anciennes traditions de la mer Egée, signale une immigration des Tyrrhéniens à l'embouchure du fleuve Spinétis '^ au nord-ouest de l'Adriatique, et la prise de possession par ces Tyrrhéniens du pays ombrien jusqu'au delà de l'Apeimin , il est permis de se demander si l'interprétation traditionnelle des mots h 'OiJtêpii'.oû; est bien exacte et si Hérodote n'a pas entendu par là le littoral de l'Adriatique. Pour être sûr qu'il s'agit dans Hérodote du littoral de la Toscane, il faudrait avoir démontré que là est bien le point d'arrivée des Etrusques en Italie, et d'autre part, pour être sûr que là est le point d'arrivée des Etrusques, il faudrait avoir démontré qu'il s'agit dans Hérodote du littoral de la Toscane. On tourne ainsi dans un cercle vicieux.

]\Iais enfin, dira-t-on, Hérodote atiirme l'origine lydienne des Etrusques, et s'il l'affirme, c'est qu'il a quelque garant ; ce n'est pas sans raison non plus que tant d'écrivains grecs et romains répètent cette affirmation. Je crois en effet que tous rapportent une tradition qui avait cours dans le monde grec. Mais encore faudrait-il savoir si cette tradition était authentique et si par hasard elle n'était pas le résultat d'une confusion. Essayons de voir d'où elle vient, à quelle époque et de quelle manière elle s'est formée '. Elle ne peut venir que des Phocéens, puisque ce sont eux qui les premiers parmi les Grecs ont découvert l'Etrurie ''. Elle n'est pas antérieure au septième siècle, i^uisque c'est de cette époque que datent les premières incursions des Phocéens dans les mers de l'Occident ; il est probable mêine qu'elle n'est pas antérieure

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