‹ L'art étrusqueChapitre 182 sur 357 · Xothif, 1887. p. lU · texte numérisé non relu

Xothif, 1887. p. lU

8. .Vo^i';;*, 1887, p. 96, 139. Plusieurs de ces plaques paraissent avoir appartenu à de fau»«cs fenêtres.

L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE. 273

que les bases : de telle sorte qu'elles représeiiteut la hauteur du tore et du congé. Ou fera le chapiteau haut d'un demi-diamètre et le tailloir large d'un diamètre. La hauteur du chapiteau étant divisée eu trois, on donnera un tiers au tailloir, un tiers à l'échiné, lui tiers à la gorge avec l'astragale et le congé. » J'ai montré plus haut ce qu'il y avait de suspect dans cette précision doctrinale. Admettons cependant que dans certains cas le type des colonnes ait été conforme aux lois formulées ici par Vitruve, mais à la condition qu'il soit bien entendu que ce type n'était pas unique. Quel que soit du reste le modèle que l'on adopte, l'aspect général du temple ne change guère.

Les intervalles entre les colonnes étaient plus grands dans les temples étrusques que dans des ordonnances helléniques. Vitruve dit des temples toscans qu'ils étaient d'ordinaire aréostyles' . Déplus les intervalles n'étaient pas égaux. Les colonnes étant pjlacées au droit des cellas et la largeur de la cella centrale étant à la largeur des cellas latérales comme 4 est à 3, il eu résulte que l'entre-colonnement qui servait de passage à l'entrée était d'un douzième plus large que les autres.

Nous toirchons maintenant à une question difficile et fort controversée, celle du comble. On remplirait un volume rien qu'à vouloir résumer les discussions dont elle a été l'occasion depuis la Renaissance. Ai-je besoin de dire que je n'entreprendrai pas ici un pareil travail, qui n'aurait d'ailleurs qu'un intérêt de curiosité? A force de tourner et de retourner le texte de Vitruve, qui constitue en la matière notre unique autorité, on peut arriver à en tirer un sens satisfaisant, à en dégager certaines données précises, et, (]ui plus est, matériellement réalisables. Mais pour cela il faut faire dans une certaine mesure oeuvre d'ingénieur. Faute d'avoir les connaissances techniques nécessaires, j'ai fait appel à l'affectueuse complaisance de M. Choisy, dont on connaît les beaux travaux sur l'histoire de l'architecture antique et dont la haute compétence ne saurait être mise en doute. M. Choisy, qui s'était déjà occupé du temple toscan", mais qui sur certains points croyait devoir corriger son premier projet de restauration, a bien voulu repi-ou-

1. Vitruve, III, 3, 5. Au Capitole, la distance 1 9 mètres -2U {Aimali, 1876, p. 149). entre les colonnes, mesurée d'axe en axe, était de | 2. Art de bâtir chez les Romains, p. 145.

dre avec moi IV-tiule du texte de Vitruve et discuter dans les plus menus détails les éléments de la construction. Je suis heureux de dire ici tout ce que je dois à cette précieuse et bienveillante collaboration. Voici le passage de Vitruve' : « Sur les colonnes on placera des pièces jumelles dont l'épaisseur sera en proportion de la grandeur du monument" et qui jointes ensemble auront une largeur égale au diamètre supérieur du fût. Elles seront assemblées au moyeik de queues d'aronde, mais avec des cales ^ de façon qu'entre les deux pièces il y ait un vide large de deux doigts ; car quand elles se touchent et que l'air ne circule pas entre elles, le bois s'échauÔe et pourrit. Sur les pièces jumelles et sur la crête des murs on posera d'autres pièces ' qui feront saillie en avant d'une quantité égale au quart de la hauteur des colonnes , et sur les têtes de ces pièces on clouera des planches. Sur tout cela on construira un tympan soit en maçonnerie, soit en charpente et par-dessus on placera la pièce de faîtage, les chevrons, les pannes, et le comble sera fait de telle sorte que le toit complètement achevé' ait pour l'écoulement des eaux une pente au tiers". y>

Il est facile de distinguer dans ce passage sept éléments différents : 1° les trahes compadiles ; 2° \es trajecturœ mutulorHm;Z° le ttjmininum; 4" le columen; 5" les can(herii;G" les templa: 7" le stUUci'Uum. Voyons comment ils peuvent s'agencer.

1, Supra cobimnai trabta compacliUs imponantur, uti tint abitudinis modiilis i«, qui a mai/niladine opcrU pcstulabuntur ; ea/jut trahtt compacliUs ponantur,uteam habtant crafiitudinem^ quanta fnmmtr culumna tril hijpolrachelium, et ilt tint compacta $ uhscnd'thui et tectt riclif^vt compact ti ra dnont m diff itoriim habtatlaxat'wnem. Cum enim inter te tangunl, et non tpirameiitiim et perHaliim renli recipiiint, concalr/aciuutur et celeriler piilretcunt. Supra tralict et tiipra pariete» trojecturte miituhrum porte '/iiarla altilitdinit coliimiut prqjiciantur : item l'ii evriim/ronlibut antepagmenta figantnr, iiipraque ea lijmpanum Jaitigii itructura aeii Je malerla collocelur : tuprai/iie il fatligium columeu, caiitherii, templa ila tuni cfillocanila, ul nillicidlum lecli alitoliui tertiario retpondeat,

ï. Vitruve ne prescrit pas de dimcnvions prtcifait de cliarpcntc.H, tout dépend ploie, Icqncl |)eut être plus où

3. Selon M. Cboisy, il est probable qu"outre le* tenons d'as'^emblage. il y avait entre le- deux pièces de bols quelque chose qui les empêchait de se rajiprocher. Ainsi s'expliqueraient les deux termes fitbfCU'IibuS et tecnricVii,

4. Je ne traduis p.i* ici l'expre-sion tivjectura miiliiloriim qui sera expliquée plus loin.

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