‹ L'art étrusqueChapitre 19 sur 357 · I.F.S TOMBES A POZZO · texte numérisé non relu

I.F.S TOMBES A POZZO

Parmi toutes les sépultures que le sol de l'Etrurie nous a conservées, les plus anciennes sont celles du type généralement connu sous le nom de tombes à puits, ou, pour prendre le terme italien aujourd'hui adopté dans la science, de tombes à j^ozzo. On les appelle aussi quelquefois villanoriennes, parce que c'est î\ Villanova dans le Bolonais qu'on a pour la première fois signalé et méthodiquement exploré ce genre de sépultures. La priorité chronologique de ces tombes a été surabondanuncut démontrée par une multitude de faits, d'inductions, de comparaisons , d'observations topographiques, que nous ne reproduirons pas ici pour ne pas nous perdre dans une infinité de détails particuliers'. Qu'il nous suffise de remarquer qu'aujourd'hui tous les archéologues autorisés, et qui ont eu l'occasion d'étudier les antiquités italiques sur le terrain, s'accordent ;\ placer en première ligne de date les tombes à pozzn.

La tombe i\ pozzo consiste en une sorte de puits cylindrique ou conique, ou parfois même rectangulaire', creusé dans la roche calcaire (jui constitue presque partout en Etrnrie le fond ilu sol. Le diamètre moyen est de l'",ôO et la profondeur varie entre l"',i'ô et 2"',50. Au fond de ce puits s'en ouvre un autre, concentrique au premier, mais d'un diamètre beaucoup plus réduit (de 0'",30 i\ 0'",fiO et d'une profondeur ninindre (de 0"',50 à 0"',80). (J'est ce petit puits qui est

I. Voir Aonali, 1884, p. III; I88S, p. fi et •iiir. Saisit, 1881, p. 842 et «oiv.; I8«i, p. 13C rt (nir.

î. Cwt à Voici qac M KDCODtreot (urtout la pniU ractangalaire* {Ballttixn, 1881, p. 243- M«: 1883, p. IfiS) A Com<!lo, 11* »ODt preaque

toojoore crliDdriqnea on coniques. Voir quelque*

' "■ peu difTiirenta & VOtuloniA (;V<-

• 1 1, (iu 4, r, (-, 7) x^jy entre autre.»

I ' , il .«cparùs par une dalle horiroo-

Ulc (lM.,\,,M<i).

la toinlie véritable (fig. 1). Il est ménagé avec plus ou moins de soin. Tantôt c'est un simple trou fermé à son orifice par une dalle quadrangulaire de tuf ou par uue plaque de pierre arrondie et un peu boml)ée qui a l'apparence d'un |>ain nmd ou d'une galette. Tantôt le trou, préalablement élargi, a reçu un cylindre de pierre creux à l'intérieur et surmonté d'un couvercle en forme de calotte, de coupole ou de cône tronqué. Tantôt cette boîte de pierre, au lieu d'être cylindrique, est (luadrangulaire. Quelquefois la cavité contient un grand pot de terre cuite rougeâtre, ^ ^ du type que les anciens désignaient sous le ^ ^ nom de dolmm et que les Italiens ai)pellent ■ ^ ziro, d'où le nom de tombes à ziro fréquem- ^ 0 ment usité dans les procès-verbaux de fouilles B et que nous rencontrerons plus d'une fois par P la suite'. Quelquefois aussi, notamment dans w le Bolonais, aux environs de Chiusi, et à x Bisenzio, la terre n'étant pas assez com- ^^^' pacte, les parois du petit puits sont garnies d'éclats de pierre ou de galets, qui forment un revêtement solide et continu, destiné à prévenir les éboulements\

La diversité de ces types n'inqjlique pas des dates très diftérentes'. On les rencontre les mis à côté des autres, confondus dans les mêmes nécropoles. Outre que la fermeté du terrain n'était pas égale sur tous les points, il est naturel de penser que les sépultures étaient plus ou moins soignées suivant la condition même des défunts. On a, du reste, remarqué que celles dont la construction était le plus parfaite, les tombes avec boite cylindrique ou quadrangulaire.

Fig. 1. — Coupe d'une tombe ii po::n d'après Helbig, Aiim!i. 18S4. p. 111.

1. La tombe à si™ est la même chose que l.i tombe dite à ijraiid'iiozzo. Le dolinm est ime outre à large panse dont la hauteur varie entre IjO centimètres et 2 mètres. Il est ordinairement muni de bossettes destinées à soutenir la corde par laquelle on le descendait dans le trou du puits.

•2. Annal!, 1875, p. 235, note 2. BuUedno, 1875. p. -233-2.15; 1870, p. 233, 23G. A'b^ijif, 188i;. p. Uii

ART ÉTKVSQCE.

et suiv.. pi. II, fig. 4.

.'i. Le puits avec riolium (tombe à siro) semble être cependant un peu plus récent que le pozzo simple. Mais cela dépend des localités. A Cornéto, les deux types sont presque contemporains ; à Chiusi, le ziro succède au pozzo et correspond i une période de civilisation beaucoup plus avancée {HnUetim, 1875, p. 217. Xotizie, 1884, p. 383).

contenaient toujours un riche mobilier funéraire et que les tombes plus élémentaires étaient généralement pauvres.

Un fait mérite d'être signalé, c'est que les puits, du moins à Cornéto ', n'étaient pas isolés les uns des autres. Les trous au fond desquels on les pratiquait communiquaient entre eux par des espèces de petits couloirs. C'est ime jireuve que les tombes n'étaient pas creusées les unes après les autres au fur et à mesure que les décès se produisaient, mais que l'on en préparait à l'avance toute une série, en les disposant régulièrement, de façon à ne point perdre de place, et aussi

FiK. 2 et S. — Vmtt clntniir» de Comtto (..VMUir, 18S1, pi. V, IS, ICI.

jionr Ile pas riscjucr de tomber sur une sépulture déjA occupée, ce qui aurait pu .-irrivcr, faute de points de repère, ces tnmbes n'avant pas de marque extérieure î\ la surface du sol'.

Nous avons dit que les petits puits constituent, à proprement jiarler, la tombe. ( "est 1î\ en effet que sont déposés les restes humains, connue dans une cachette, protégés j\ la fois contre les infiltrations des eaux et contre les profanations des vivants. Ils sont toujours brfdés et enfermés dans une urne (fig. 2 et 3), Cette urne est le plus souvent d'un type très particulier, A peu près uniforme; sa liautcur moyenne est de 0"',5(). Les plus grandes remplissent presque toute la cavité du puit8 et touchent

I. On D'à pM jusqu'ici d'exemple de cette particnUrit^ aillcnn qn'à Comtto,

'2. A Vt-tulonis ccpeDdant , oo retrouve de*

picrreu an-dcnni de« ;>o;:i. M.ii» l'iiMjfc laralt aroir iti tout local. On n'.T rien constat"!' de pareil K Cornito.

parfois les parois; les plus petites laissent autour d'elles une zone vide qui reçoit souvent, outre un reste de cendres, divers objets d'argile ou de métal.

Le vase repose sur un fond plat et très étroit, puis il s'élargit à la façon d'une écuelle, jusqu'au tiers environ de sa hauteur. Là il se rétrécit de nouveau et graduellement jusqu'au col, où il s'élargit encore pour former l'embouchure '. L'anse, sorte de cordon d'argile tantôt

Fig. 4. — Écuelle-couvercle (.Vofi'n 1885, pi. IX, 1). au 1/6.

Urne-cabane de Cornëto (.Yotinf, 1882, pi. SIII, 14). Hauteur, 0"'.44.

uni, tantôt strié pour simuler une torsade, est ajustée à l'endroit où la pause est le plus large. Elle est ordinairement unique, ou, si par hasard il y en avait deux à l'origine, l'une d'elles a toujours été cassée au moment de l'enterrement. La matière du vase est une argile d'un grain peu serré, en général assez mal cuite, et dont la couleur varie du rouge-brun au marron, au gris et au noir. L'ornementation est purement géométrique. Elle est répartie sur la surface du pot en deux zones distinctes, qui courent l'une près du col et l'autre au milieu de la panse.

1. Les formes sont plus ou moins allongées. A Chiusi et Blsenzio, l'i sang anses, de forme ovoïdale.

est souvent un pot

LAKT ÉTliUSgUE.

( hacune de ces zones se compose de filets liorizontaux séparaut des raugées de méandres, de chevrons, de damiers, d'étoiles ou de points. Tous ces dessins ont été tracés à la iM.into sèche sur la pâte de l'argile encore

fraîche.

L'ossuaire est surmonté d'un couvercle qui tï^i ordinairement une

ViDC-cabanc do Coniéto (.Vortri^. 1881, p!. T, IS, 13). Hantenr. O'.Ji*.

coupe sans pied ou plutôt une sorte d'écuelle retournée (fig. 4). Cette écuelle, faite à la main, comme l'ossuaire lui-même, est décorée suivant le même système géométrique et n'a qu'une petite anse. Au lieu de l'ossuaire traditionnel, plusieurs tombes i\ pozzo ont des urnes cinéraires en forme de cabanes', reproductions en raccourci de la hutte qui servait d'habitation aux populations primitives de l'Italie Hg. 5 et 6). Ces urnes, circulaires, elliptiques ou rectangulaires, présentent une ornementation en relief rappelant les détails dune tharpente plus ou moins rudimentaire. Klles iint une porte quelquefois fermée par une petite pl.ique enterre cuite ajustée au moyen de fils inétalli(iues : ou en voit nièmc qui ont un semblant ilc loiiuet '. Une ou diux petites ouvertures sinnilmt les fi-nétn-s nu |iliitût les lucarnes de la hutte rig. 5.

i>aMir<' part, dans certains y>rcr/ dr ('ornéto, l'ossuain- a pour

Flf. 7. — CouTCTCle-cijqao (Xotlzit, IMl, pi. V, 1»). Haattnr, «".JO.

I. .SurtOQtà VétaloQia(.V«(isi>, 1885, p. lO'-IO!), t..i\2;\»»7.p.l>\[,tixoir. ^f:llhtilHHgtl^,l^âm. AUh. IH«i;, p. lîU)«t kCortiitn (\olitif, 1881, p. ttiii, 30.1 ; 1»82, p. 171-17.1). On en a «ignali quelque) autre* à Tolfa, pré* d'AUumiert) (.VtXùiV, I8HI, |>. 247) et à Biaauio, an bord du tac de Boli^na

(Xulizir, 188ii. p. 180). Le type <le rnrne-cabanc paraît avoir Hi tK-s ri-paoïlu daD!< te Latium : la nto'0|>ote d'Albc en a fourni de nombreux exemple».

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