Diodore, V
LAKT ETRUSQUE.
Nous pouvons doue nous représenter une maison étrusque de quelque importance avec uu atrium, lequel était comme le centre de la vie domestique et sur lequel s'ouvraient toutes les pièces secondaires. Cet «^7v'«/« était en partie couvert, en partie découvert. Ici les sépultures ne nous apprennent pas grand'chose, étant toutes souterraines ; mais si l'on consulte les textes anciens relatifs à X atrium ou au cavadinm, qui paraît être un ternie synonyme', on voit qu'à l'époque romaine on distinguait plusieurs types à'atria, d'après la manière dont la couverture était conçue. Or, parmi ces différents types, il y en
Fig. 1»9. — Coapc lin careaa des Vulunmii à Piroiise, montrant les trois cliambns du fond ouvertca sur ra/riui» Coneslabile, Srpolcro <M l'o(unni. jd. 11.
avait un auquel on donnait le nom particulier d'fl</7«/H ^/.s'c^^/cm/h^ soit qu'on le considérât comme ayant été inventé par les Etrusques, soit qu'on eût reconnu (pi'il avait été préféré à tous les autres par les architectes étrusques. Le toit était à quatre auvents inclinés vers l'intérieur et tout le poids de ces auvents jiortait sur deu.x poutres parallèles jetées horizontalement d'un mur ;\ l'autre et reliées entre elles par deux poutres mortaisées i\ angles droits, do telle sorte «lu'il y eût au-dessus et au milieu de Vairiuia un cadre limitant une liaie ouverte (fig. 200, 201). Cette baie, où aboutissaient les pentes des tpiatre auvents, s'appelait compluvium et correspondait à un petit
1. Varroii, Liinj. 'fi'.,Y, 101. Serviut^, ail. .En., 1, ÎL'li. Arnob., a>le. Gtni., 11,07. Vilruvc, VI, .1. Fcstii-,
bassin carré ménagé dans le sol juste au-dessous et destiné à recevoir les eaux de pluie {impluvium). Que tel ait été le type le plus simple, le type primitif de V atrium étrusque, il est difficile de le nier, étant donné l'autorité des textes, qui sont nombreux et formels et qui enregistrent évidemment une tradition courante en Italie. ]\Iais je doute que ce type ait été unique. Ainsi, parmi les afria, Varron parle d'une catégorie particulière qu'il désigne sous le nom d'atrium testudinatum ainsi appelé, dit-il, parce que son toit ressemblait à un dos de tortue il ajoute que ce toit avait quelque analogie avec le sommet de la tente d'un général, prœtorium. Or cette forme de toit, qui est celle d'un tronc de pyramide, nous l'avons déjà signalée parmi les charpentes étrusques et une chambre funéraire de Cornéto nous en a fourni l'image '.
Il est même à remarquer (pie la chamlire en ([uestion a au sommet une ouverture carrée, qui semble précisément indi([uer nu cavœdium. Je crois donc qu'il est permis d'attribuer aussi aux Etrusques le type de l'atrium testudinatum. J'irais plus loin encore. Est-il bien certain qu'ils n'aient pas eu aussi l'atrium corinthium ou tetrccst/jlum, caractérisé par la présence de quatre colonnes servant de supports aux quatre angles du compluvium? Les mots de corintMum et tetrastijhon trahissent sans aucun doute une origine grecque, mais il ne faut pas oublier que de bonne heure l'Etrurie a été hellénisée. L'emploi de corinthium de préférence k (jrcecum prouverait même que les Etrusques ont été pour quelque chose dans l'introduction en Italie des auvents grecs
f ig. 200. — Coupe verticale d'un atrium toscan, d'après Canhia. Elrurm marUima II, pi. CSXII.