‹ L'art étrusqueChapitre 193 sur 357 · I. V.irron, /-in;/. /«(., V, liil · texte numérisé non relu

I. V.irron, /-in;/. /«(., V, liil

:>. Festua, p. l.'l, éd. MUllcr.

fi. 0. MUllcr, Elruskcr, I, 241.

peut ajouter une remarque (|ui me paraît décisive, c'est qiiAfna et l'Étrurie circumpadane étaient précisément dépourvues d'atn'a. Au cinquième siècle, alors que les Etrusques de l'Italie centrale constriiisaient des atria jusque dans leurs sépultures et faisaient entrer ce type de construction daus les mœurs romaines, les Etrusques de Fdsina et d'^tria ne paraissaient pas le connaître et logaient encore sous des cabanes rondes en clayonuage et eu terre battue '. Il faut donc renoncer, je crois, à la tradition qui fait honneur de V atrium aux habitants à' Atria. Cette tradition d'ailleurs, les anciens eux-mêmes ne la rapportent qu'avec réserve. Festus, après l'avoir signalée, s'empresse d'ajouter qu'il y a une étymologie d'après laquelle atrium dériverait d'un mot comme aterrium, signitiant ce qui sort de terre {quod a terra oriatur).

Voilà de la linguistique de la plus haute fantaisie. A leur tour les modernes, peu satisfaits de la tradition, ont cherché autre chose. Pour Scaliger, atrium viendrait de oct'ipirjv (ce qui est

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pi. cxxii.

découvert) et ferait allusion à la baie du compluvium. D'autres, parmi lesquels Momnisen, voient dans atrium l'idée de ater (noir), à cause de la fumée qui en s'échappant noircit les auvents. 0. MùUer, tout en repoussant la tradition, se demande si on ne pourrait pas l'interpréter. Peut-être est-elle née d'un rapprochement de mots. De même que la ville iV Atria, sur l'estuaire du Pô, est comme sur le déversoir commun d'un grand nombre de rivières, de même V atrium est le déversoir central {compluvium ) de toutes les eaux de pluie. Les deux mots Atria et atrium seraient tous deux les dérivés d'un terme étrusque, d'ailleurs inconiui, qui signifierait réservoir, déversoir, confluent. Quoi qu'il en soit de toutes ces explications, il me paraît difficile de contester l'origine étrusque de Vatrium, considéré sinon comme terme, du moins comme type architectural.

) . Zannoni, 5cai-;, p. 44-4.5. XotizU; 1873, p. -213, 214.

\j atrium, on le voit par les plans des tombeaux ', était la pièce la plus spacieuse de la maison et comme le rendez-vous domestique par excellence ; c'est là qu'était le foyer. Les autres pièces, beaucoup plus petites, groupées tout alentour, servaient soit de chambres î\ coucher, soit de salles à manger, soit de celliers. Nous avons sur ce point, outre l'exemple des mœurs romaines, le témoignage formel de Varron ".

Pour compléter l'image de la maison étrusque , il t\\ut dire quelques mots de la façon dont elle était décorée et meublée. J'imagine que les parois des chambres étaient peintes comme celles de tant de caveaux funéraires. Les tapis, les riches tentures ne manquaient pas, si l'on en juge d'après le luxe des étoffes figurées sur les peintures et sur les sarcophages. Ajoutez à cela quelques beaux meubles, précieusement sculptés ou ciselés, des lits couverts de moelleux coussins et tout étincelants de couleurs, des bahuts rehaussés d'appliques métalliques, des fauteuils, des sièges pliants, de petites tables, des trépieds, de superbes candélabres de bronze historié, montés sur de hautes tiges ornées de rehefs plastiques ; des dressoirs chargés de beaux vases grecs ou d'une opulente vaisselle de bronze ou d'argent ; enfin le long des parois, pendus t\ des clous, une foule d'ustensiles, des cliaudrons, des haches, des boucliers, des casques, des épées, des harnais, et tout cet attirail à la fois domestique et guerrier que nous offrent les reliefs peints de la tombe del Rilievi à Cervétri. Tel devait être, pour nous en tenir aux traits principaux, l'aspect d'un intérieur étrusque. 11 ne reste plus qu'à se figurer cet intérieur animé par la présence d'hommes et de femmes aux vêtements multicolores, comme ceux qu'ils portent sur les peintures, d'esclaves affairés, d'enfants, de quelques bêtes privées, chiens, chats, poules, oies, canards, qui errent sous les auvents de y atrium, ou s'empressent autour des lits de repos et des tables \

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