CHAPITRE XI
LA SCULPTURE
De bonne lieiire les Étrusques ont aimé ù façonner la matière '. Alors qu'ils sont encore à demi barbares, ils s'ingénient à faire autre chose que des pots et des écuelles : ils ont des vases en forme de bêtes; ils s'essaient à modeler en argile tant bien que mal des figurines. Au lieu de se contenter d'agrafes en fils de bronze courbés et tordus, ils imaginent des fibules dont l'arc est plus ou moins décoratif et représente les replis d'un serpent ou bien un cheval avec son cavalier. Tout cela est encore bien informe et trahit plus d'intentions que d'expérience. Mais enfin c'est la marque d'un instinct plastique naissant. Avec le temps cet instinct se développe et se fortifie. Les mains deviennent |)lus habiles et s'attaquent aux matières les plus diverses comme aux plus rebelles; les modèles se multipliant grâce aux importations du connnerce asiatique et hellénique, il y a des ouvriers pour les copier, pour les interpréter, pour les transformer en les combinant. Bientôt ces ouvriers inondent l'Italie des produits de leurs ateHers : le pillage de Vul sùiii ïoiirnit aux Romains jusqu'à deux mille statues '. Un jour vient où la Grèce, si justement fière qu'elle soit de son art, ne dédaigne pas les œuvres de l'industrie toscane et attribue aux Etrus([ues un titre qu'elle aime à se réserver, celui d'amis des arts,
I. Pline, n. A'., XSXIV, 33 : Fuisse autem etatimriam artemfamiliarem Italtce qiwque et veiustam indicant, etc.
ART ÉrncsQUE.