‹ L'art étrusqueChapitre 205 sur 357 · Properce, lY · texte numérisé non relu

Properce, lY

5. Varron, Ling. lat., V, 4G : dcm Etruriœ princeps. Une image de Vertumnus se trouvait à Rome dans le quartier toscan.

G. Gerhard, Die Gottheitcn dcr F.trmlcer. 0. Millier, Ktruskcr, II, p. 1-195. Schmeisser, Quaistiones de ctriusca, d!sci2>litia.

LAIiT ÉTRUSQUE.

les <J a consentes ou complices, six dieux et six déesses, groupés en une sorte de conseil autour de l'un d'eux, Jupiter. Mais outre que ces

divinités paraissent, en bien des cas, n'avoir d'autre individualité que celle qu'elles empruntent aux douze dieux de l'Olympe hellénique, elles ne sont que des divinités secondaires, créées et mortelles, chargéesde maintenir l'ordre dans l'univers, mais impuissantes à y rien changer, armées de la foudre, non pour l'rapper les hommes au gré de leur volonté, mais {Jour leur faire connaître par des signes célestes les arrêts du destin, ministres en quelque sorte d'une autorité supérieure. Cette autorité supérieure, c'est à d'autres dieux qu'elle appartient : ceux qui l'exercent sont des dieux voilés, dii involuti \ forces essentiellement mystérieuses , impersonnelles, impénétrables ; dont nul ne connaît ni le nom, ni le nomlne, ni la figure; qui demeurent cachés dans les profondeurs du ciel et dont la puissance est d'autant plus redoutable qu'elle est moins définie ". Plus bas dans la hiérarchie divine sont d'autres êtres mystérieux, esprits ou dénums, qui vivent dans le voisinage des hommes et sont des médiateurs entre le ciel et la terre; ils président à la naissance, j\ la croissance, A la mort de tout ce qui vit et meurt ici-lias, hommes, animaux, plantes. Eux aussi

Fipr. 209. — ApoUon, dit ilo Ferrure. Bronze .In Cabiuct de» MMoUIca, Hauteur, 0",26.

1. Sénéqne, Qxtillimi natuitlle.i, II, 11. | dil-on, rim:ige de- dii ineoluli. On no sait pas mal-

1. Gerhard I (lotlheiten drr fUrutlrr, pi. XL) 1 heureusement d'aprùa quel monuuietit ce de««in »

reproduit un dessin qui existe d-ins les archircs été fait, ni même s'il reproduit un monument nu-

dc la commune de Viterbe, et qui rc]>réscntc thentiqne.

deux personnage^ voilés aMi..i dos k dos. Ce scmit, |

LA SCULPTURE RELIGIEUSE ET ilOXUMEXTA LE.

n'ont pas de nom particulier ni de figure ; eux aussi sont innombrables on les désigne par des termes génériques, Pénates, Lares, Mânes, Génies. Que nous sommes loin de cette religion lielléniquesi claire, si dé finie, avec ses dieux conçus à l'image de -

l'homme, qui ont « im corps, une âme, un esprit, un visage, » qui ne sont pas perdus dans un lointain nuageux, mais qui s'offrent eu pleine lumière; qui se laissent contempler face à face et que, dans sa foi naïve, le Grec croit rencontrer quelquefois au détour d'un chemin.

On les voit, on les touche, on leur jtarle, on les écoute, et l'imagination est si remplie de leur figure que naturellement, sans effort, on trouve les plus belles formes pour les représenter. L'Etrusque au contraire ne conçoit que des forces indécises, qu'une hiérarchie d'abstractions, un monde de nébuleuses divines, quelque chose de fuyant, qui échappe à son imagination et qu'il songe d'autant moins à entrevoir qu'une discipline sacerdotale, savante, compliquée et probablement secrète, interdit aux profanes l'accès des choses divines.

Nous ne savons pas dans quelle mesure cette religion s'altéra au contact des cultes orientaux et grecs que les liasards du commerce et de l'émigration avaient introduits en Italie '. Toujours est-il qu'elle en subit l'influence plastique. Ces marins et ces colons étrangers portaient avec eux leurs croj'ances, leurs supersti-

Fig. 210. — Mars en bronze trouvi 4 Todi. Mu- S'}e Grégorien. Eaj^et, Monitmenu de fart tinUqne, II. Hauteur, l'",Gl.

1 . 11 y avait en Etrurie plusieurs cultes aux- i île la Grèce. Tels étaient ceux d'Ilithye à Pijryl quels on reconnaissait une origine grecque et qui et celui de .Tunon à Falerii. (Dennis, I, p. 290. comportaient des cérémonies analogues ii celles | Xotizie, 1887, p. 105.)

L'A HT ETRrSQTE.

fions et leurs dieux, Melkartli ou Astarté, Zeus, Héra ou Atlién(^', qu'ils

adoraient sous forme d'images. Ces images de bronze ou de terre cuite se réjiandirent dans le pays, d'abord comme amulettes, sans que l'on sût bien ce qu'elles représentaient , simplement parce qu'en voyant les étrangers en l'aire l'objet de leur dévotion, on s'imaginait qu'elles avaient en elles Lcrtaines vertus mysté-rieuses ; puis insensiblement, par une de ces coufusions dont l'histoire de la religion grecque fournirait plus d'un exemple, une sorte de rapprochement et d'assimilation se lit entre les divinités exotiques et les divinités indigènes : ce qui n'avait ('•té :'i l'urigine qu'une idole |ilii'iiicienne ou lielléuitliK' devint le symbole d'une divinité étrusque.

Les i>rcmières formes qu'adopta la religion étrusque furent celles de l'Orient. C'est ainsiqu'elle emprunta à la mythologie asiati(pie tout un monde de figures étranges, le sphinx, le lion ailé, le taureau ailé, rAnul)is égyptien à tète de chien ',

l.Micali, .Uoniim. ;>ri- trrr., pi. XXII, XXXI, '.', pi. ni. 2.

FIg. 211. — MUur

Gmndcur nnlurfllc.

LA SCULPTURE liELKUEUSE ET MONUMENTALE.

le Melkartli i)hénicien aux membres disproportionnés ', nain difforme avec une tête énorme et de courtes jambes, l'Ai'témis persique avec une ou deux paires d'ailes (fig. 212), enfin l'Astarté phénicienne, la déesse mère qui porte la main au sein et tient une colombe,symbole delà fécondité universelle (fig.213). Si la prépondérance des Carthaginois en Etrurie avait duré plusieurs siècles , si la civilisation phénico-carthaginoise elle-même était restée fidèle à ses origines et n'avait pas subi, comme elle l'a fait dès le cinquième siècle ', l'action séductrice du génie grec au point de placer dans les temples des

Fig.212. -Art-mispersiqne. dîvinités pliénicieunes les images des divinités hel-

Relief d'un vase de bucchero

nero. siicaii. Mon. p. serv., léulques , il cst probable c^ue les types plastiques

pLXXI,

de la mythologie étrusque se seraient détiuitiv ment fixés d'après le modèle des types orientaux. Mais la civilisation grecque vint contre-balancer et peu à peu détruire l'influence naissante des religions asiatiques.

Les formes nouvelles qu'elle apportait, l'Etrurie les adopta, comme elle avait adopté les premières, et de ce jour les divinités étrusques se modelèrent à l'image des divinités helléniques. Les vieilles formes subsistèrent, et la plastique en conserva la tradition, mais ce ne furent plus que des motifs d'ornementation , sans aucune valeur symbolique, dont l'art se ser-

j, r • 1 1 Fig. 213. — Idole à double paire d'ailes. Petit bronze du

Vit pour décorer des trépieds, des mus6edePérouse.iiirau,j/M.p.s«i'.,pi.xxix,2.

1. Kaoul Eocliette, Mànoires d'arch. compan'e: 1 .tûS; pi. V-VII. AnnaU, 1877, p. 157. Mnnohet de l'AcaJ. des inscriptions, VIII, p. 110, | 2. Perrot et Chipiez, Hisc. de Vnrt, III, p. 50

L'AIÎT ÉTUrSQL'E.

vases, des candi'labres, des meubles, des ustensiles de toute espèce. De là vient que la plupart de ces types ne nous sont représentés que par de petits bronzes ou des reliefs céramiques.

A partir du jour où les formes de la mythologie grecque se popula-

Fig. 214. — Petit bronze de type P>g. 21*. — Petit brome ilc type grec F'K- 216. — Hercule arm* .le lu grec orchriïiine. Mlcnli, itou. arolialqne, tronvj & Ru4tUa'. Dciinis, II. mn.«ue. Petit brome de Vulci.

per trrr., pi. XXXIV, 8. V- S33. Mi.-nli, J^.m. p. terr., pi. XXX, 7.

risent en Italie, la pla.stique religieuse de la Toscane s'attache à les reproduire, si bien que pendant trois siècles les idoles étrusipios ont i\ ]ieu près le même asj)ect que les idoles helléiii(|ues. Mais comme dans l'intervalle la religion grecque et l'art se tianslVirment, ((Uiune <laiis cette Grèce A l'esprit mobile et curieux, ttnijours en iiuète d'un idéal nouveau, de plus en phis éinisc de la vérité et de la nature, chaque génération conçoit la ilivinité d'une autre nianirrc v{ la repn'-

LA SCULPTUIiE RELIGIEUSE ET MONUMENTALE.

sente comme elle la conçoit, l'Etrurie, qui façonne ses dieux d'après des modèles grecs, se trouve entraînée à changer de même le caractère de ses images.

Celles-ci sont d'abord conçues dans le style o-rec archaïque. Les unes sont conformes au type de ce qu'on ai»pelle le xoanon, connue le montrent plusieurs petits bronzes (fig. 217'i. D'autres reproduisent le type de l'Apollon de Ténée, autrement dit celui des statues viriles tel qu'une sorte de convention esthétique l'a tixé en Grèce vers le début du sixième siècle, type aujourd'hui bien connu ' et qui ne se rapporte pas plus à un dieu qu'à un autre" (tig. 214). D'autres entin nous offrent les deux types les plus ordinaires de la figure féminine, celui de la déesse mère assise dans un fauteuil, les jambes rapprochées et les bras collés au corps, et celui de la femme debout pinçant d'une main im pli de son vêtement pour le relever sur le côté ■' (fig. 215).

Lorsqu'à la fin du sixième siècle l'art grec se dégage de ces formes convenues et monotones pour créer tous ces beaux types (ju'une admiration séculaire a consacrés et qui n'ont de divin qu'une majesté sereine ou une grâce idéale , la plastique religieuse se renouvelle sans doute en Etrurie comme en Grèce. IMalheureusement ce qui nous reste de la sculpture religieuse des Fig i - 1 1 «t m ] cuant

% , . du fiouton l un sinctuaire d Oi-neto.

Ltrusques ne nous permet pas de suivre youne, isss, pi. iv, 2. H.->nteur. o'",37.

Fig. 217. — Figuriue en forme de .roanoTi.

Petit bronze du musée de Florence.

Hauteur, 0"',20.

\. Furtwangler, Arch. Zeilunr/, 1882, p. ûi. Holleaux, Bull, de corr. hellénique, 188G, p. 6G et siiiv. ; 1887, p. 354 et sulv. CoUignon, Gazette arcln'olo(/ique, 188G, p. 236 et suiv. On trouvera dans ces articles toute la bibliographie de la question.

"2, L'impersonnalité de la plupart des types de

la sfcituaire archaïque dut être pour quelque chose dans la facilitù avec laquelle ces types furent adoptés par les Etrusques. Ils étaient aussi très répandus à Rome (Helbig, Xotizie, 1888, p. 2-29).

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