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Kayet et ColUgnon, Ci'ramique grecque, p. 379 et suiv

328 LAKT ÉTRUSQUE.

tique tomba ea désuétude dans la Givce propre vers le cinquième siècle, quand on cessa de construire les temples eu tuf et qu'on eut avec le marbre des surfaces propres à recevoir de délicates moulures et tout un décor au pinceau. Mais en Sicile et dans la Grande-Grèce, où les matériaux ne s'étaient pas renouvelés, elle continua de subsister, et c'est de là sans doute qu'elle passa en Etrurie, par l'intermédiaire des colonies corinthiennes de Cœre et de Tarqainii. Nous savons qu'au cinquième siècle deux céramistes grecs, Gorgasos et Damophilos , travaillaient à orner de terres cuites polychromes le temple de Cérès. Il est probable que d'autres artisans du même genre vinrent en Toscane exercer leur métier d'ornemanistes et contribuèrent à acclimater en Etrurie la technique spéciale de la céramique appliquée à l'architecture, technique dont l'industrie indigène ne tarda pas à s'emparer, j\ laquelle elle s'attacha avec un goût tout particulier et qu'elle conserva toujours, alors même que la Grèce l'avait abandonnée.

Dans la voie où ils étaient entrés î\ l'imitation des Grecs, les Etrusques allèrent en effet plus loin que leurs maîtres. En Grèce, les pièces céramiques étaient réservées au revêtement des profils architectoniques. Ce n'étaient jamais que des motifs de décoration pure, des caissons, des chéneaux, des corniches , des bandeaux , des acrotères , des frises ; les seules figures étaient les masques des antéfixes et les mufles de lion des gargouilles. Les compositions qui remplissaient les tympans étaient sculptées dans la pierre. En Etrurie, au contraire, tout était en terre cuite, aussi bien les statues des tympans que les moulures. C'est que le comble du temple toscan n'était pas construit de la même manière que le comble du temple grec. Celui-ci n'avait point de parties en porte à faux : le fronton s'élevait à l'aplomb des colonnes de la façade, et par suite le poids des sculjitures qui ornaient le tympan repf)sait tout entier sur l'architrave, c'est-à-dire sur les coloimes. Chez les Etrusques la base du tympan était en quelque sorte eu l'air, sur un balcon supporté par les têtes saillantes des mufitli. Placer sur cette plate-foriue en encorbellement de lourdes statues de pierre ou de marlire était une entreprise impossible, qui eût entraîné la chute de l'entablement.

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Les Étrusques l'ont bien compris, mais comme ils tenaient à avoir comme les Grecs des t^-mpans décorés de figures, ils ont conçu un genre de sculpture intermédiaire entre le bas-relief et la ronde bosse. L'apparence était bien celle d'un ensemble de statues, mais en réalité ces statues étaient incomplètes. Il n'existait de chaque personnage que la moitié antérieure, et cette moitié elle-même, au lieu d'être pleine , était creuse. La composition n'était ainsi qu'une applique, une sorte de croûte relativement légère avec un fond plat qui garnissait le tj'mpan. Le procédé est ingénieux et montre bien le sens pratique qu'apportaient les Etrusques jusque dans leurs imitations.

Ainsi faites, les figures n'avaient pas d'équilibre propre, et il ne suffisait pas de les poser sur le planclier du balcon. 11 fallait les fixer sur le fond du tympan, lequel était soit en maçonnerie, soit en charpente. De là vient que tous les fragments que nous avons conservés présentent de distance en distance des trous, autrefois destinés à recevoir une cheville de bois ou un tenon de fer ' : on y voit quelquefois des traces de métal oxydé. De cette façon, le poids de la décoration plastique était réparti sur un certain nombre de points d'appui au lieu de porter tout entier sur l'encorbellement des mutidi. Vues d'en bas, les statues avaient l'air d'être debout sur une plate-forme; en réalité elles étaient accrochées et comme suspendues à l'arrière-plan du fronton.

Toute cette sculpture décorative était peinte, comme l'étaient toutes les oeuvres de la plastique étrusque. Les pièces de style archaïque ont une coloration simple, réduite le i)lus souvent au rouge, au jaune et au noir. Les plus récentes, comme celles de Luni, ont une plus grande variété de tons. Les chairs des hommes étaient rouges, et celles des femmes, blanches ou rosées. Les draperies étaient bleues , jaunes et violettes. La surface de la terre cuite étant ainsi partout dissimulée, on ne voyait plus ni les joints des morceaux rapportés, ni les têtes des chevilles et des tenons : le fronton faisait l'illusion d'une grande composition en haut relief et tout d'une pièce.

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