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CHAPITRE XIII

LA SCULPTURE FUNÉRAIRE

La sculpture funéraire des Etrusques nous est l>eaucoup mieux connue que leur sculpture religieuse ou monumentale. Les tombeaux ont conservé une multitude de cippes, de sarcophages, de statues, de bustes, de bas-reliefs parmi lesquels on n'a que l'embarras de choisir. Comme il y en a de tous les âges, de tous -les styles et de toutes les provenances, et que la plupart, malgré des différences de détail, ])résentent certains caractères communs, le seul moyeu de les étudier est de les classer par séries et de considérer successivement les principaux types. Nous mettrons seulement à part les types de Chiusi, parce que dans cette région la sculpture funéraire a une physionomie toute particulière.

§ L — L.v sculptuim; kinkkaikk a ciiirsi.

Pour comprendre la .sculpture funéraire de Chiusi ', il faut se rajipeler qu'aux yeux des Etrusques la mort n'est j)as la fin de tout et que si le feu du bûcher réduit l'homme en poussière, cette poussière a encore quelijue chose d'obscurément vivant et comme une personnalité posthume. Parmi les différentes manières dont se traduit cette croyance, il en est une, la plus simple, la plus élémentaire, qui consiste j\ marquer ce que j'appellerais l'individualité des cendres au moyen d'un ju)! arrangé de telle sorte qu'il éveille tant bien que mal l'idée de la i>ersonne dont il contient les restes. A l'époque des pozzi, quand les arts plasti-

1 . Sur lea monamcDtii funéraires de Cliiusi, roir MilchhœftT, Annali, I8T9, p. 111 et 9\iir.

LA SCULPTURE FUNERAIRE

Fig. 224. — Masque fimiraire en bronze. Musée de Chiusi. Milani, ilitseo itah, I. pi. IX, 2. Hauteur. 0'",15.

ques, encore dans leur iiremière enfonce, sont iinpnissant.s i\ reproduire la figure Iiuniaine, on se contente d'un attribut caractéristique. Si le mort est un guerrier, par exemple, on coiffe l'urne cinéraire d'un casque métallique ou bien d'un casque en terre cuite modelé à l'image d'un casque métallique ' . La pratique a quelque chose de puéril, mais elle suffit à des imaginations naïves, peu difficiles en fait de symboles : pourquoi un pot casqué ne représenterait-il pas un homme, quand une pierre ou une lance représente un dieu?

Dans la période qui à Ghiusi suit immédiatement celle des pozzi, et que caractérise la tombe dite à ziro, on constate un j^remier progrès. La valeur symbolique de l'ossuaire se précise par l'adjonction non plus seulement d'im couvercle en forme de chapeau ou de casque, mais d'un visage.

On façonne un masque humain, estampé dans ime feuille de bronze " , et ce masque ou le fixe au cul du vase cinéraire soit avec un ou plusieurs clous ', soit avec des fils métalliques ', soit avec des chaînettes ''. La nécropole de Chiusi a livré plusieurs de ces masques, qui pour être plus ou moins informes n'en sont pas moins fort intéressants, parce

(ju'on y surprend l'éveil d'un instinct rig. 225. - rme-canope au musée de rioreuce. . . . Milani, pi. IXa, 1. Hauteur, 0»,.52.

réaliste qui sera par la suite contrarie

et refoulé, mais qui Hiiira par prendre le dessus (fig. 224). L'idée de

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