Voir plushnnt, p. .101, fig
LA SCULPTURE FUNEKAIRE.
primitive dont la sculpture iconique des canopes est la plus naïve expression. •
Du cinéraire-statue dérive ce qu'on pourrait appeler le cinérairegroupe. L'usage étant de réunir dans le tombeau les membres d'une même famille, rien n'était plus naturel que d'enfermer dans un même coftre les cendres ou les corps de deux époux. De là des types nouveaux d'urnes ou de sarcophages, ayant pour ainsi dire une personnalité
Fig. 233. — Cin'jraire-gryup<
Hauteur, 0"',74.
double exprimée par deux figures. Le monument de cette série qui paraît être le plus ancien ' provient de Città la Pieve près de Chiusi' et représente un couple sur un lit : le mari à demi couché tient d'une main une phiale à ombilic et de l'autre touche d'un geste familier l'épaule de sa femme; celle-ci est assise au bout du lit, les pieds posés sur un tabouret, les mains sur les genoux, dans l'attitude rigide des
1. Avec M. Jlilani, je le placeiais au cinquième siècle. (Xfilizie, 1888, p. J22.) Voir dans la notice du même auteur un catalogue sommaire des monuments de cette série.
2. Dennis, II, p. S/il. II est à remarquer que la matiùre employée n'est pas le cl.-'po de la région, mais l'albiitre de Tolterra. (Xvthie, 1888, p. 221.)
L'AKT ETRUSQUE.
déesses mères de l'art archaïque, c'est-à-dire dans l'attitude traditionnelle des cinéraires-statues (tig. 233). Le groupe est la ctMubinaison d'un type cher aux sculpteurs de Chiusi et d'tin autre type, jusqu'ici étranger à la région, mais qui existait ailleurs, à Ccere notamment ', celui de la statue couchée sur un ht. Suivant la technique ordinaire des ateliers locaux, le monument est revêtu de couleurs et conq>osé de ]dusieurs pièces. La tête du mari est rapportée et la statue de la femme est eu deux morceaux, l'un faisant corps avec le couvercle, l'autre avec le coffre ; de plus il semble qu'elle ait été jiarée de bijoux d'or appliqués.
Un cinéraire du-Louvre, sculpté en pierre fétide et composé lui aussi de iilusieurs pièces rapjxirtées, rappelle le groupe précédent; mais la femme, au lieu d'être assise, est couchée au pied du lit; l'artiste s'est définitivement dégagé du type de la déesse mère '. 11 y a plus : non content de grouper ensemble le mari et la lemme, il a placé debout i\ la tête et au pied du lit quatre figures, une masculine et trois féminines, représentant les esclaves des deux époux ^ (fig. 234).
Au musée de Pérouse se trouve un troisième groupe, aussi en pierre fétide et surmonté de têtes mobiles, qui nous offre un tyjie de cinéraire très différent et tout A fait singulier '. Un homme est à demi couché sur un lit avec une phiale à la main : à ses pieds s'élève une femme ailée, au visage hideux, une Furie, qui semble sortir de terre; elle lui saisit le bras comme pour prendre possession de lui. I^a présence de cette figure infernale nous permet d'affirmer que ce groupe n'est pas antérieur au troisième siècle. Voilà à quoi aboutit, dans l'école de Chiusi, le .symbolisme des urnes cinéraires, dont nous avons essayé de suivre les transformations depuis les masques et les cano[»es.
Outre les masques, les statues cinéraires et les groupes, les sculpteurs de ('liiusi nous ont laissé des sarcophages et des cippes en pierre fétide '. IjCS sarcophages sont conformes à un type général, commun à