‹ L'art étrusqueChapitre 223 sur 357 · I. Valirc Maxime. II, 18, Ovide, Fiulef, II · texte numérisé non relu

I. Valirc Maxime. II, 18, Ovide, Fiulef, II

CIT. — Nous étudierons plus loin, & pro|>os des peintures, la v.-ileur symbolique du banq\iet. 5. Overbeck-Mau, Pvmpri. p. 412.

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comme sur un divan, les jambes plus ou moins allongées, le buste relevé et reposant sur le coude gauche, qui lui-même repose sur un ou plusieurs coussins. Dans les mains elles tiennent un ou plusieurs objets, soit une patère, un canthare, un rhyton ou un vase à boire quelconque, soit un fruit, uu œuf ou quelqu'un de ces mets symboliques que l'on offrait aux morts', soit un miroir, un éventail, un volumen ou des tablettes. Tantôt le lit ne porte qu'un seul personnage, tantôt, quand le sarcophage était destiné à recevoir deux corps , il porte un couple. La plupart des figures ont un air radieux. Les couples semblent livrés à l'ivresse du repas '" et quelquefois même ont dans leur attitude quelque chose de lascif. Le costume est celui d'une fête : ce ne sont que vêtements multicolores, guirlandes, couronnes, bijoux. Le lit lui-même n'est pas un lit ordinaire : toutes les fois que le sarcophage est assez bien modelé ou peint pour qu'on puisse distinguer les détails, vous avez sous les yeux im beau meuble, avec des boiseries historiées, des reliefs, des revêtements métalliques, et sur ce meuble un matelas, des coussins, de riches et moelleuses draperies, en un mot le luxe d'une cérémonie d'apparat.

Il s'en faut de beaucoup que toutes les statues-couvercles aient un égal intérêt au point de vue de l'art. Il y en a un grand nombre qui n'ont pas la moindre valeur, si ce n'est comme témoignages de la popularité de cette sorte de représentation dans le monde étrusque. Ce sont souvent des œuvres de pacotille, exécutées par de vulgaires praticiens, lesquels tenaient boutique de mobiliers funéraires et avaient dans leur assortiment des sarcophages et des urnes de tous les prix. La figure est ridiculement disproportionnée et comme déhanchée : pres(|ue point de jambes, ou des jambes si écourtées que le personnage couché a l'air d'être cul-de-jatte; mais en revanche un buste énorme et qui semble surgir du fond du coffre ; enfin une tête informe , aux trois quarts ébauchée. Tout cela est très grossier, très laid, très banal. L'individualité de la statue n'existe en aucune façon. Mais à côté de ces

1. Bouché-Leclerq, Manuel des inst'it. romaines, , (^Bullet'mo, I87ti, p. 74), le personnage couché se p. 471. soutient la tête comme s'il était étourdi par l'ivresse

2. Sur an sarcophage du musée de Cométo I et cédait à l'engourdissement.

LAKT ETRrSQUE.

vulgarités insignifiantes qui n'ont même pas le mérite d'ître rares et «[ui encombrent inutilement les musées, vous rencontrez de temps en temps quelques statues qui ne sont pas à dédaigner. Tel est, [lar exemple, le beau grouj>e du sarcophage de Cervétri qui est au nmsée du Louvre '. Le style est archaïque et présente cette raideur, cette sécheresse de modelé, (jui caractérisent les premières œuvres de la plastique en Etrurie aussi Inen qu'en Grèce : mais le groupe est bien composé ; il y a un effort intéressant et parfois assez heureux pour rendre la vérité anatoiiiique, le type particulier et la physionomie des visages, les menus détails de la coiffure, de l'ajustement, de la jiarure, ainsi que tous les accessoires du lit. Malgré des incertitudes et des gaucheries d'exécution, l'ensemble a quelque chose de vivant et d'expressif qu'une coloration vive contribue encore c\ accentuer (fig. 202).

Sur une urne du musée de Yolterra, d'une date beaucoup plus récente (troisième siècle)', on voit un groupe (pii rajipelle, sinon pour le style, du moins pour la disposition des figures, le sarcoi>hage de Cervétri, avec cette différence cependant que le sculpteur, faute de place, n'a guère représenté que des nains quelque peu grotesques, avec un petit corps et de grosses têtes. Mais quelle expression vivante que celle de ces deux vieux époux couchés l'un en face de l'autre, le mari avec son air à la fois bourru et bonasse, la femme avec les traits énergiques d'une vieille matrone dominatrice (fig. 240)!

Le sarcophage dit de Seianfi Thamniia, trouvé près de C'hiusi, aujourd'hui conservé au ilusée Britannique, est A\m art plus régulier. Il y a une certaine grâce nonchalante dans l'attitude de cette femme opulente dont la coquetterie s'épanf>uit à l'aise. Kllc rajuste de la

1. n a étù Étudié par Briimi, Aunnli, 18C1, p. :i!i 1-104. Monumeuti, VI, pi. LIX. U y n aaMueic Britannique un sarcophage du mC-mc style, que Dcnnis décrit en détail (I, p. 280). M.ilheureusemcnt l'authenticité en est plus que suspecte. Je n'en veux d'autre preuve que rin.scription, qui est textuellement copiée sur celle d'une fibule d'or du Louvre, et le caractère des bas-reliefs, qui rcpré.wntcnt une scène héroïque et sont par suite en contradiction avec le style archaïque des statues; jamais en effet on ne voit de ]iarcils sujets sur de» monuments étm.'qucs antérieurs an troi-

sième !-iècle. Le style mythologi^juc représente b dernière forme de l'art étrusque.

2. Cette date est déterminée par nn autre sarcophage pre-que identique & celui^ri. par le sarcophage de Larthia Seinuli qui est au rausi'e de Florence. (SUlchhœfer, A<imtli, 1879, p. 87 et suiv. Mvtnimriili. XI, pi. I. Casati, (la:fllf archiolot/iqve, 1879, p. 158-161.* Celui-ci contenait, entre autres objets, un as oncial; or Vas onci.il fut créé on 217 av. J.-C. et cessa d'avoir cour» dans la seconde moitié du deuxième siècle. (Babcloii, .Vi.nniirtiltla lt.,,„bll.i«<; T, p. XIV-XV.)

main droite son voile et sa coiffure et relève fièrement la tèto, comme si, après s'être admirée dans le riche miroir îi l>oite iju elle tient dans la main gauche, elle voulait se faire admirer. La facture est des plus soignées : le modelé des nus est bien un peu lourd; mais •luelle finesse dans les draperies! Certains plis d'étofife sont si souples qu'ils donnent presque l'illusion de l'étoffe même. On distingue à leur épaisseur les différents tissus dont se compose le costume (fig. 241) '.

Non moins intéressantes sont deux urnes provenant du caveau de la famille des Velimnas ou Voliuunii, à Pérouse "'. L'une, celle de Arnth Velimnas Aides, qui occupait la place d'honneur dans le tombeau, nous montre le défunt ;\ demi couché, une patère à la main, dans l'attitude traditionnelle des statues-couvercles (fig. 242). Le lit, aux pieds délicatement travaillés, le tabouret sculpté, les oreillers moelleux et rebondis, les draperies jetées avec une négligence savante, l'expression calme du personnage, tout cela est rendu avec une rare vérité. Mais ce qui donne à ce monument un prix inappréciable, c'est le piédestal, unique en son genre, sur lequel il était posé. L'aspect est celui d'une façade de tombeau; au milieu, sous une porte cintrée, qui est peinte, s'avancent quatre figures, ]K'intes aussi, sortes d'apparitions vaporeuses, images symboliques des mânes, que gardent dans leur {irison deux Furies assises A côté de la porte ; celles-ci n'ont rien de commun avec les affreux dénions (pie montrent si souvent les basreliefs et les fresques de l'Etrurie ; ce sont deux belles figures, d'une gravité sereine, traitées dans un style un peu lourd, mais avec un réalisme noble, que n'eût pas désavoué l'art florentin du quinzième siècle et qui fait penser î\ certaines statues de la chapelle des Médicis. L'autre urne, celle de Veilia l'clinnia Arnthial, sans doute la fille du précédent, nous présente une femme assise sur une chaise curule, les pieds posés sur un tabouret, grave et niajestueuse, idéalisée par une sorte d'ajiotliéose (fig. 243). Ces deux r-uvres, d'une conception remarquable, mais d'une exécution lianale, marquent le dernier terme

1. \olUie, 188ii, ji. .nr,3. Mitihtilimgtn (Rome). | 2. Conc«t.ibilo. // ttjwirro dti IWbiihi, p. 8i et I. p. 217. suiv.

LA SCULPTURE FUNERAIRE

Fig. 242. — L'rne cinéraire de Arnth Velimnas Anles en travertin enduit Je stuc iiolyclu Tomlje lies Tohtmmi h Pérouse. Hauteur, 2'",23.

de la pla.stique en Étrurio. Elles se placent au deuxième siècle avant notre ère, sur les confins de l'art gréco-romain '.

1 . Elles sont postérieures à la conquête de V Étrurie par les Romains, puisque quelques-unes des inscriptions du tombeau sont en Litin ; mais elles ne le sont

ART KTUUSt^CE.

pas de beaucoup; car le plus grand nombre des inscriptions est en étrusque, preuve que l'Étrurie n'est pas encore tout à fait latinisée.

Les statiies-couvercles, tontes celles du moins qui ne sout pas des

ébauches informes , doivent être considérées comme des portraits. Il n'y a pas deux têtes qui soient semblables.

Toutes ont des traits particuliers et comme une individualité distincte.

C'est bien une personne déterminée qu'on nous met sous les yeux, une persoime qui a un âge, une physionomie, un caractère, un nom.

Comme si l'on tenait j\ n'omettre aucun des signes qui peuvent la faire reconnaître, on ne lui doime pas un costume quelconque, banal et anonyme en quelque sorte, mais un costume qui lui appartient, une coilVure qui est la sienne, une parure

Fig. 313. — Urne de VrUm Vtlimm Aitiihinl. en tniTcrtlii endnit Je «lue polycliromc. Tombeau dca Volunmii à P4rou»e. Hmitctir, l^.SU.

dont ses propres bijoux font les frais. On étale à tous les yeux le contenu de ses écrins. On n'oublie rien, ni les ceintures brodées, ni les chaînes qui se croisent sur la ])oitrine comme les pièces d'un

LA SCULPTURE FUNERAIRE

liarnacliement, ni les -brodies, ni les colliers à [leiideloques , ni les boucles d'oreilles, ni les bracelets au-dessus du poignet et du coude, ui les bagues qui surchargent la main et envaliissent toutes les plialanges '. C'est le souci de la vérité individuelle poussé justju'à la minutie. Et pour préciser encore la ressemblance, les couleurs viennent s'ajouter aux reliefs du modelé.

§ 3. lîAS-RELIEFS DES SARCOPHAGES ET DES URNES.

Si le couvercle du sarcophage ou de l'urne est pres(|ue toujours

Magistrat et ses assesseurs. Bas-relief d'une urue du musée de Volterra Mii-ali, Mon.iKi- serr.. pi. CSII, 1.

surmonté d'une statue, les parois de la caisse ont aussi leur décoration". Quelquefois ce sont des peintures, comme sur les deux beaux sarcophages de marbre trouvés à Cornéto, qui présentent un combat de Grecs et d'Amazones ' ; mais le plus ordinairement ce sont des bas-reliefs. Il est rare que ces bas-reliefs se développent sur les quatre faces ; le sarcophage ou l'urne étant fait pour être adossé à i;ue paroi, il suffit ([ue l'une des faces longitudinales et les deux faces latérales, les seules qui

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