Voir plus haut, p. 40, lOll; fig. 8, l.'j.'i
ART ÉTnUSQUE. 44
Fig. 233. — Couvercle de sai-cophage avec le défunt coucUt'. Micali. ^fOJl. per sert:, pi. LIX. 1.
U<i • LAIîT ÊTHUSQUi:.
meil prochain. A côté de ce monuinent, Micali en signale un autre (ju'il a vu à ^lusignano, dans la collectiou du prince de Canino, et qui vraisemlilablenient provient de Vulci ' : c'est une femme étendue dans les plis d'une longue robe : « On croirait , dit-il, î\ première vue, qu'on a sous les yeux une pierre tombale du Moyen-Age. » Une disposition analogue se voit sur plusieurs sarcophages de Cervétri ■ et de Cornéto ", ainsi que sur une multitude de petites urnes en terre cuite des musées de Chiusi et de Florence, qui semblent iirovenir d'un moule unique et sur lesquelles dort un enfant enveloppé dans sa couverture '. Enfin deux remarquables sarcophages de VuUi montrent un couple d'époux étendus ensemble face à face et amoureusement embrassés dans leur lit nuptial '. L'un d'eux est d'un assez beau style et peut être considéré comme lune des œuvres les plus remarqnaldes de la statuaire étrusco-grecque, de la fin du quatrième ou du commencement du troisième siècle (fig. 239). Cette date, du reste, est aussi celle à laquelle il convient d'attribuer tous les monuments du même genre que nous venons de citer ".
Est-ce à dire que l'assimilation du sarcophage h un lit de sonuneil soit une conception tardive et en quelque sorte secondaire? Je ne le crois pas. Les monuments qui nous restent sont relativement récents, c'est vrai ; mais rien ne ))rouve qu'il n'y en ait ]tas eu de plus anciens. Le rapprochement de la mnrt et du sonuneil est telleniLMit naturel qu'il a dû se présenter de bonne heure à l'imagination des Etrusques. On ne peut douter du reste qu'il ne soit venu i\ leuresjuit, quand on voit des caveaux, comme la tondie '/(/ liHieri, jinr exemple, avec des niches en forme de lit, garnies d'oreillers taillés dans le roc, sur lesquels on déposait les corps comme s'ils y devaient dormir : or ]ilusieurs de ces caveaux sont ilc près de deux siècles antérieurs aux sarcophages dont nous parlons et quelques-uns sont contiiii]MMains dos ])lus anciennes ouvres de la plastique étrusque.
1. Micili, Storta, III, p. 98. i Gregorinuo, I, pi. XCIII. .1. Une urne <lu mn«<c
2. Cinina, AVriir. mnriV., I, pi. LX, LXI. Grégorien .tu Vnticnn repK'Scntc le mort dan§ 8. M'iieolJrei)orxaHO,\,f\.\Ql\,\,S.BuUrlini', l'-itlitudc tmlitionnelle d'Adonii couclié (.V"«'o
18:i;,p.70.-».Kocrte,.4n)m/i', 188.1, p.227ct«uiv. <!rryonano,l.\A. .XCIII,!).
Monument;, XI, pi. LVI, LVIII. .^. Annnli, 18i;,\ p. 244-2.V.'.
». Micali, Mnn. ptr urv., pi. CIV, 4. Miueo \ (i. .Inni/i, 188.1, p. 2,M.
LA SCULPTUKE FUNERAIRE.
Le sarcophage étant conçu comme un lit, l'idée du sommeil n'était pas la seule qui pût se présenter.
Chez les anciens le lit était à la fois un meuble de repos et un meuble de festin. Les Etrusques, comme les Grecs et comme les Romains, avaient coutume de se coucher pour manger, comme le montrent les tableaux de lianquets sur les fresques de Cornéto.Yoilà pourquoi le mort sur le couvercle est très souvent représenté dans l'attitude d'un convive qui prend part à un festin, et pourquoi , (piand il y a trois sarcophages dans une même chaiu1>re, ils sont disposés en fer à cheval, comme autour d'une table.
Les Etrusques se ?• /£^ . ,"■' k trouvent d autant / • , \' plus ai.sément amenés à cette concep-
239. — Couvercle d'un sarcophage Jp Vulci. Mmnmuri, VIII, pi. XVIII.
LARÏ ETRUSQUE.
tion que le banquet constitue l'une des principales cérémonies de leur rituel funéraire. La scène du banquet tient une trop grande place dans leur peinture funéraire pour qu'il soit permis d'en douter. Le repas funèbre est d'ailleurs dans les traditions de tous les peuples antiques. Pour la Grèce, M. Dumont l'a surabondamment démontré dans un mémoire inédit, dont les principales conclusions ont été résumées dans un article de la Rivue archéohgùiue '. Pour l'italit',
Fig. 240. — Gronpc de denx (•poux sur le couvercle d'nne umc en terre cuite. MnsJe de VoHerra.
l'existonco du lianquct funèlire est attestée par un grand nomlirL' de textes : il y a un re-pas près du tombeau, le jour do l'enterrement"; il V en a un autre le neuvième jour '; il y en a ciitin soit i\ l'anniversaire lie la mort, suit aux Feralia, c'est-A-dire i\ la fOto annuelle des tn'-passés '. C'est en vue de ces repas (|u"tme sorte de salle à manger, tridinhun, est ménagée qnelipiefois jnès du tombeau, comme cela se voit i\ Pompéi '.
Les figures qui surmontent le sarcophage sont ninllement étendues