Annali, 1N8:>. p. W
9. A. Bertrand, Hrrue arehroloffiqur, 1H7<, p. l.'>5 et «uir., p. îri.'l. .120. Briiio. Mtmumtmti orchrulogici drila prorincin di Bolngno, p. 29.
il leur imposer ses lois qu'ils ont abaudouné jusqu'à leur mode traditionnel de sépulture. Quel que soit le uom qu'il taille donner à ces anciens occupants, ce sont eux qui ont creusé les pozzi , et non point les Étrusques.
Je ne crois pas qu'il t'aille s'arrêter à cette objection. Il n'est i)as le moins du monde prouvé que les Etrusques aient toujours pratiqué l'inhumation à l'exclusion de l'incinération. Dans un grand nombre de tombes qui ne sont pas A^'s, pozzi, et dont l'origine étrusque n'est pas contestable, on recueille des cend reset des ossements calcinés. Le fait a été observé sur toute l'étendue de la Toscane et dans des nécropoles d'époques très différentes. Les Etrusques connaissaient si bien la pratique de l'incinération qu'ils avaient une industrie spéciale, celle des vases cinéraires : il y en a de toutes les formes et de toutes les dimensions, en bronze, en terre cuite, en pierre, depuis le récipient à tête humaine dit canope jusqu'à la boîte rectangulaire en forme de petit sarcophage (fig. 8). Les types sont si nombreux et si variés qu'ils répondent évidemment à un usage courant. En réalité, les Etrusques n'avaient pas un mode unique de sépulture'. Tantôt ils brûlaient les corps, tantôt ils ne les brûlaient pas. Le procédé variait suivant les localités, suivant les époques, peut-être suivant certaines traditions de famille. A Vulciow n'ensevelissait pas de la même manière qu'à Clusinm, ni à Clusium de la même manière qu'à Tarquinii ou à Volaterrœ. Dans une même ville l'usage n'était pas constant : on le voit quand on considère dans leur suite chronologique les diverses nécropoles d'une même cité, de Tarquinii par exemple ou de Clusinm. Bien plus, dans une même famille l'incinération et l'inhumation étaient quelcjuef ois usitées simultanément. C'est ainsi que, dans un grand nombre de caveaux funéraires, on retrouve ensevelis les uns à côté des autres des restes dont les uns n'ont pas été brûlés, dont les autres au contraire ont été réduits en cendres'. Nous autres modernes, qui voyons autour de nous les rites de la sépulture demeurer invariables, nous avons peine à comprendre qu'an
]. Cela tient peut-être à ce que. dans le cours des siècles, ils ont été en contact avec des populations de races diverses qui n'avaient pas les mêmes modes de sépulture. La suite de ce travail
montrera avec quelle facilité le génie étrusque s'est successivement plié à toutes les civilisations qui l'ont touché.
i. Je pourrais multiplier les exemples. Voir
r/Ai;T ETr.L'SQl'E.
î»euple ait pu iuilifféreniiueut brûler ou ne pas brûler ses morts. ^lais il ne faut pas oublier que chez nous ces rites dé])endent de certaines croyances roliffiensos parfaitement définies, qu'une tradition f=oculaire
titf. b. — Truc cinénUn; Uu Miucc de Voltcn
a consacr(''es, et dont l'effet s'impose même à ceux «pii ne les partai;ent pa-i. 11 n'en était |ias de même dans l'anticpiit»''. 11 y avait liien co qn'dii
entre autre* IMIrtino, Ih;4, p. ■>0<'>; InkO, p. M ; 1«85, p. 217. ,Vo«ài>, IKS4, p. 381, 8S9 ; 1885, p 421. 602; IS87, p.91. Mû. ,Vi«*«7i.>ijf» (Rome). I. p. 224. Ln>tmaltaDtlt4 dot deux ritcifuDirairet
en Ktniric .i Hi «umbondamiiicnt ddniODtn^ p.ir M. Milnni (.Uiutn italiano ifanikhilà danim. vol. Mirraixon 3, p. 28!'-2!)l).
Ijourrait appeler une religion des morts, ruais cette religion innuait aussi bien se concilier avec l'incinération qu'avec l'inhumation. Les Thraces, au dire d'Hérodote, pratiquaient les deux systèmes'. Les premières populations de la Grèce enterraient les morts sans les lirfder ; à l'époque homérique ou les brillait '. Dans le cimetière du Céramique, H Athènes, des tombes très anciennes et qui, à en juger par les objets qu'elles contenaient, appartenaient toutes à une môme période de ci\ilisation, présentaient des restes humains tantôt inhumés, tantôt incinérés ■'. Dans toutes les nécropoles grecques on observe la même diversité '. On l'observe aussi chez les Latins. Les plus anciennes nécropoles du Latium, celles d'Albe, sont à incinération '. Plus tard, comme le prouvent des tombes découvertes à Rome, le rit ordinaire paraît être l'inhumation". A l'époque historique, chez les Romains, chacun est libre de choisir entre l'inhumation ou la crémation'. Ainsi l'antiquité grecque. ' ' 'a r-3ssé d'aller d'un genre de sépulture à l'autre, ce qui re'» ''"h • à ^ m^ les deux genres ont toujours plus ou moins coexist Dès lors pon. oi trouver étrange qu'en Etrurie ù des tomlies à incin ' " ' des tombes à inhumation? A quoi bon faire
interve onquête de l'Italie centrale par des po-
pulatic . j .liée ... ' attachées à d'autres coutumes funéraires?
Ceti,^ nypothèse, d'ailleurs, est eu contradiction avec les faits. Qui dit conquête dit subst' ution violente d'une race à une autre, surtout quand il s'agit de tribus encore barbares. Si donc il était vrai qu'une invasion eût à un moment donné changé la face de l'Étrurie et mis à la place d'un peuple qui brûlait ses morts un peuple qui ne les brûlait pas, nous devrions constater d'abord la brusque disparition des / /' dans chaque nécropole, ensuite la disparition simultanée des i ! sur tout '" 'tendue de l'Etrurie, enfin l'avènement subit d'une '■'■' elle, distincte de celle des ^jo.î.??'. Or c'est pré-
ciséme le contiaii que nous constatons.