Voir plus haut, p. 88, 89; fig
3. D'aprè." un témoignage digne de foi, ce fragment servait de couTerclc au Jolium d'une tombe villanorienne & incin£ration. Mais, comme le con-
jecture M. Helbig {Bulldinc, 18S4, p. l'.'7-2ii|), il se peut qu'il ait été placé 1& apni's couji par de» gens qui, ayant san.o le vouloir profané une tombe ancienne, avaient cherché & réparer tant bien que mal le dommage en la fermant avec un morceau de stèle cassée. Voir Zannoni, Scan, p. 146.
LA SCULPTURE FUNERAIRE
. — stèle fun»în musôe de FlonautGur, U'".07.
comme exemple mie des plus remarquables, qui a des bas-reliefs sur ses deux faces.
Face A (fig. 166, p. 215). Bordure formée d'une ligne de postes, interrompue au sommet par une palmette et terminée de chaque côté près du socle par une feuille de lierre. Dans le champ trois zones horizontales, séparées les unes des autres par une bande de chevrons. Les deux zones extrêmes sont très étroites et décorées seulement de palmettes. La zone du milieu présente une scène de départ : un homme drapé dans unpallium, qui laisse à découvert le bras droit et l'épaule, se tient debout devant un autel et donne une poignée de main à un éphèbe nu, ailé, un génie infernal sans doute.
Face B (fig. 258). Bordure analogue. Trois zones presque égales, séparées par des chevrons. En haut, lutte d'un serpent et d'un hippocampe. En bas, combat d'un cavalier contre un fantassin. Au milieu, per-
sonnage debout dans un char attelé de chevaux ailés qui galopent : nu éphèbe nu, ailé, tient les chevaux par la bride et court devant eux.
La composition de ces bas-reliefs est à peu de chose
près celle de toutes les autres stèles. Toutes ont ainsi une bordure ornementale, formée soit de postes avec ou sans palmettes, soit d'une liane végétale régulièrement ondulée d'où se détachent symétriquement des feuilles de lierre. Quelquefois le motif de la bordure se trouve
Af.r ÉTRUSQUE. 1"
Fig. 257. — Fragment d'iine stèle en pierre calcaire, trouvée à Bologne. Ziinnoui, Scavi, pi. CL, 1. Hauteur, 0"',03.
répété sur la tranche*. Toutes ont le champ divisé eu plusieurs zones horizontales, séparées par des chevrons ou par des tiges de lierre. Ces zones sont ordinairement au nombre de trois, rarement de quatre. Les sujets qui les remplissent ne sont pas très variés. Celui qui revient le plus souvent est le motif du char : tantôt il est lancé au galop, comme sur la stèle qui a été décrite plus haut, tantôt il s'avance tranquillement, au pas de deux mules, sous la conduite d'un cocher juché sur le timon; il traîne un ou deux personnages, assis sous un parasol, et que menace une Furie hérissée de serpents. Après ce sujet, celui qui est le plus fréquemment répété est celui du départ : on voit un génie funèbre venant emmener un vivant, le prenant par la maiu, causant avec lui comme s'il cherchait à le persuader, le poursuivant quelquefois pour l'entrainer de force. Ces deux catégories de sujets se rapportent évidemment i\ une seule et même idée, à l'idée de cette puissance mystérieuse qui vient arracher les hommes à la vie et les emporter avec une précipitation soudaine, comme au galop d'un cheval. C'est la môme idée (jue nous avons vue exprimée sur les bas-reliefs des urnes et des sarcophages. Les autres sujets qui figurent sur ces bas-reliefs ne sont guère représentés que par des exemples isolés. On distingue, par exemple, un groupe de personnages cueillant des feuilles de lierre ou savançant avec des tiges de lierre à la main, une scène de banquet, une scène de danse, une scène bachi(|ue avec des Satyres ^ un groupe de cavaliers marchant au pas l'un vers l'autre, des combats de guer-
Fig. 258. — Stèle en pierre calcaire. Mn. fiée de Bologne. Zannoni,5airi,pl.XLlV, 2. Hnutcnr, 2".2".
I . LY'paifBeur de l.i tranche varie de i'> ii 3.'> centimùtres. M. Gozuidini eignale une stOle ipaisse de .'lO cent., et dont la trancbc présente, au lieu d'ornements végétaux, six compartiments carrés avec deux personnages dans chaque comi>artimcnt
(XotUIf, 1S8.*>, p. fiO).
'.'. iVufùir, I8«5, p. 60. La prv«cncc dc.< Satyre» indique que la stèle est reUttivcmcnt rt<;enti', des environs du troisième siècle.
LA SCULPTURE FUNERAIRE
riers contre des monstres à queue de poisson, une lionne allaitant un enfant ' , une femme avec un fuseau , un groupe de deux divinités dont l'une est assise et l'autre debout (peut-être Hadès et Proserpine), des spliinx marchant l'un contre l'autre", un serpent luttant contre un hippocampe ; ce dernier motif ne se rencontre jamais que dans les zones supérieures ■'. Il est difticile d'interpréter avec sûreté la plupart de ces sujets, à cause du mauvais état des bas-reliefs, où les détails caractéristiques des figures et les attributs sont presque effacés. Plusieurs sont très certainement des expressions symboliques de l'idée de la mort : la présence des génies ailés ne laisse à cet égard aucun doute.
La facture de ces bas-reliefs est intéressante à étudier. A distance, ils fout dans une certaine mesure illusion : la composition des scènes est claire ; les mouvements sont assez hbres et ne manquent pas de naturel. A voir ces chevaux et ces chars lancés au galop, ces groupes de combattants, ces personnages qui conversent ou se poursuivent, on a l'impression de quelque chose d'assez vivant. Il semble qu'on soit en présence d'un art maître de lui-même, d'autant plus que la plupart des personnages sont figurés nus et qu'il y en a même qui se présentent de face ou de trois quarts. Mais ces apparences sont trompeuses : en s'approchant on voit combien l'exécution est enfantine. Presque tous les détails sont faux ; le modelé est grossièrement naïf. Zamioni a eu l'heureuse idée d'agrandir le dessin de quelques têtes pour montrer jusqu'à quel point ce dessin est ridicule. Il est clair que l'ouvrier ne soupçonnait pas les règles les plus
Fig. 259. — Stèle de la Certosa. Musôe de Bologne. Zaïinoni, Scavi, pi. XLVI, 1.
Hauteur, l'",00.