‹ L'art étrusqueChapitre 231 sur 357 · Ce motif se place surtout en bas · texte numérisé non relu

Ce motif se place surtout en bas

3. M. Gamuriini signale une stèle où se roit, outre les sujets ordinaires, un combat entre une femme à cheval et nn guerrier à pied. Le sujet lui

parait être emprunté à la légende des Lemniennes, interprétation qui semble confirmée par l'inscrip-' tion Lemnites. Nous aurions là encore un emprunt à la mythologie grecque. Mittheilunyen (Rome), I, p. 183.

élémentaires de la sculpture. Du reste, il a réduit le travail du ciseau à sa plus simple expression en se contentant de faibles reliefs, semblables à ceux qu'on repoussait au marteau sur une feuille de bronze '.

D'où viennent ces étranges disjiarates entre la composition et l'exécution? Je crois que l'explication la plus simple et la plus naturelle est de supposer que la sculpture n'était pas cultivée dans le Bolonais et que ces stèles étaient l'œuvre d'ouvriers qui, se sentant incapables de composer une figure par eux-mêmes, avaient tant bien que mal essayé de transporter sur une pierre plate, en les arrangeant un peu, des figures empruntées i\ des modèles qu'ils avaient sous la main. Ces modèles, il est facile de les reconnaître : ce sont les vases peints (jiie l'on trouve en si grand nombre dans les tombes : voilà poun|uoi ces bas-reliefs ont tant de nudités; voilà jiourquoi toutes les têtes y sont pareilles et reproduisent toutes le type grec jdus ou moins déformé ; voilà pourquoi les persomiages ont tant de vie et de mouvement. Mais il ne suffit pas d'avoir des modèles, il s'agit de les copier. Tant qu'onn'a qu'à décalquer la silhouette des hommes et des chevaux, le travail s'exécute facilement : cette silhouette, il est encore très aisé de la mettre en relief : on gratte alentour la surface de la pierre tondre et on la creuse de 1 ou 2 centimètres. La difficulté commence quand on eu vient à modeler la figure, et c'est là que les sculpteurs de nos bas-reliefs ont échoué. N'ayant ]>as la moindre idée de la façon dont est construit le corps d'un homme ou d'un cheval, ne soupçonnant rien de la technique des arts plastiques, et d'autre part n'ayant ]ilus l.i main guidée par le modèle, puisque ce modèle ne leur dnniiait qu'un dessin plan et

Zoononl, Smri, ri- XLYI, 2.

1. Les Btilcs n'ont conservé aucnnc trace ilc i été peintes, «Stant donni! le peu do saillie des rccoulciira. U se pourrait cependant qu'elles eussent | liefa.

LA SCULPTURE FUXERAIEE. 373

lies contours, ils ont promené leur ciseau à l'aventure, entamant la pierre avec une naïveté enfantine.

L'hypothèse que nous proposons trouve sa continuation sur un des bas-reliefs '. Là le décalque se trahit d'une façon amusante. Le sujet est le combat d'uu guerrier et d'un Tyiilion dressé sur sa double queue. Le guerrier se présente tourné vers la gauche avec le bras gauche au premier plan ; or c'est ce bras gauche qui est armé de l'épée et c'est lui qui se porte en avant pour frapper. La figure a été évidemment retournée par mégarde lors du transport du calque sur la pierre. Dans l'original le guerrier devait regarder la droite, le bras du premier plan étant armé de l'épée et celui-ci ne pouvant être que le bras droit. Le style des bas-reliefs de Bologne ne se retrouve nulle part ailleurs en Etrurie. C'est le résidtat d'une pratique toute locale, qui, d'après les vases peints trouvés dans les tombes de la Certosa, paraît avoir fleuri vers le quatrième siècle avant notre ère.

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