Zannoni, Scati, pi. CXV, i
tout cela est la reproduction plus ou moins fidèle des scènes analogues qui se trouvent par centaines sur les vases peints. L'œuvre du sculpteur étrusque se borne à une adaptation. Il najoute que certaines figures particulières inconnues ii l'art grec, telles que celles des Charons et des démons infernaux.
Si l'invention est pauvre, la facture ne lest pas moins. Le sarcophage de Cervétri, ceux de ^'uk•i avec les couples endormis, le sarcophage de Larthia Seianti, les frontons de Luni, \ Orateur sont des exceptions rares et encore ne faudrait-il pas en exagérer la valeur; l'exécution n'eu est pas exempte de sécheresse ou de lourdeur. Abstraction faite des têtes, qui souvent ont de l'expression, on trouverait difficilement vingt morceaux de sculpture d'un accent personnel et trahissant la main d'un artiste rompu aux délicatesses du modelé anatomique par l'étude du modèle vivant. La pluj^art des œuvres sont d'une médiocrité, d'une incorrection extraordinaires. Tantôt les rehefs sont A peine marqués, comme si l'on ne savait ijue cal(|uer tant bien que mal des contours ; tantôt l'albâtre ou le travertin est tellement fouillé et refouillé, les figures sont tellement confuses qu'on n'y reconnaît jilus rien : il est souvent difficile de dire à <]uel personnage du tableau appartient telle jambe, tel bras, telle tète. Que dire des figures couchées sur les sarcophages et urnes? Le buste se dresse comme du fond d'un coffre et se joint on ne sait trop comment aux jambes, qui s'étalent comme deux bâtons sur les coussins du lit ou bien qui semblent avoir .été écourtées faute de place. Tout cela témoigne d'une grande inexjiérience ou jdutôt d'une négligence extrême. Il semble que les trois quarts du temiis l'ouvrier travaille sans se soucier de ce qu'il fait. A ce jioiut de vue on ne saurait trouver rien de jdus curieux qu'un bas-relief de Pérouse représentant une scène de bataille d'après un original grec sans doute, en tous cas d'après un modèle (jue le sculpteur a dû avoir suus les yeux. Le cadre du bas-relief n'étant pas assez gnind pour contenir t(Uis les personnages du modèle, l'ouvrier a copié tout ce qui pouvait entrer dans l'espace dont il disitosait, mais il était si peu i\ son travail qu'î\ côté des deux guerriers combattants il a laissé un bout
LA SCULPTUKE FUNERAIRE.
de jambe égaré, reste d'un troisième guerrier supprimé faute de place. Eu réalité ce n'est pas à des artistes que nous avons affaire, mais à de vulgaires ouvriers. La sculpture en Etrurie n'est guère qu'une industrie, destinée surtout à entretenir l'assortiment du mobilier funéraire. Elle ne crée pas, elle confectionne.
Mais il serait injuste de ne pas reconnaître que jusque dans les banalités de cette confection elle fait preuve de certaines qualités que des conditions plus favorables eussent peut-être développées. Elle sait rendre l'individualité d'un visage, mettre eu relief les traits saillants d'une physionomie et donner à toute la personne un air de vie.
Voici par exemple YArringatore de Florence. La statue, qui est un peu plus grande que nature, représente un orateur, avec cette majesté calme et uu peu hautaine d'un homme qui a le droit de parler avec autorité. Il y a quelque chose de lourd et d'emprunté dans sa déuiarche ; les plis du pallium sont mal rendus ; les proportions ne sont pas irréprochables; mais, malgré tous ces défauts, la statue n'est pas une œuvre vulgaire. Lorsqu'en parcourant le musée de Florence les yeux rencontrent au détour d'une porte cette sévère figure, debout sur son piédestal, j'allais dire sur sa tribune, il est impossible de
Fig. 261, — Statne à'Aules Metelis, connue sous le nom de YArrinijatore ou VOrateur. Trouvée près du lac Trasimèue. Musée de Florence.
L'AnX ETIU'SyUE.
lie pas être frapiié de tout ce qu'il y a en elle d'expressif et de réel. On peut dire que la sculpture étrusque a l'instiuct du portrait. Cet instinct, elle dierclie à le satisfaire eu s'attachant aux menus détails du costume et de la parure. Ce sont des accessoires sans doute, mais qui ont leur prix. Elle n'en néglige aucun et s'ingéuie à rejiroduire toutes les marques extérieures d'une personnalité. En revancLe elle se soucie peu de tout ce qui est caché sous les vêtements, tous les hommes ayant le corps fait de la même façon. Son réalisme est ainsi tout de surface ; mais rien de plus légitime quand il s'agit d'un portrait : ne nous arrive-t-il pas tous les jours de reconnaître (pielqu'un de loin ù la [nuance ou à la coupe de ses vêtements?
■^^f^^:^f^jf7Sr^^ê:^:j^-^^5^^^S!fB^=^^!S~^^;
rinque tic terre cuite sculi't
Gri-goricu.