Arcli. Zeitung, 1881, p
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Toscane, cela est plus que probable ; mais rien n'empêche de croire que les Etrusques en aient aussi fabriqué. Nous sommes au moment où leur industrie s'éveille et semble être en quête de formes et de procédés nouveaux. Nous avons vu que pour renouveler leurs types traditionnels ils s'emparent des modèles étrangers : ils essaient de faire des cauthares, des œnochoés avec bec trilobé, à l'image des vases que le commerce leur apporte ; pour transformer leur ornementation, ils tentent de reproduire les godrons des coupes métalliques ; leur inexpérience cherche partout quelque chose à imiter. Comment n'auraient-ils pas songé à faire, eux aussi, des plats et des jarres î\ rehefs? La forme n'avait rien qui pût les arrêter, car ils savaient de longue date façonner des plats creux et des dolia; la pâte était de celles quils avaient l'habitude de pétrir, n'étant guère moins grossière que celle de leurs céramiques primitives; le procédé de l'engobe ne leur était pas inconnu, puisqu'on en trouve déjà quelques traces dans les céramiques des pozzV . Restaient, il est vrai, les reliefs; mais rien n'était plus simple que d'en prendre l'empreinte et de fabriquer en terre cuite un cachet, propre à tirer des épreuves identiques aux ligures du modèle. Je ne crois donc pas qu'il faille déclarer d'une manière absolue que tous les vases rouges i\ reliefs trouvés en Etrurie sont de fabrique sicilienne ou, pour prendre un ternie plus général, de fabrique grecque. J'ajoute que certains d'entre eux trahissent avec évidence la main d'un potier étrusque. Un vase de la collection Faina à Orviéto " montre la décoration suivante : près du col, dans une première zone, une série de points estampillés, analogues à ceux qui se voient si souvent sur les céramiques villanoviennes ; plus bas, dans une seconde zone, une rangée de fleurs à double pétale entre deux jioints; plus bas encore, dans une troisième zone, la figure plusieurs fois répétée d'une divinité féminine à longue rube avec des ailes recoquillées; enfin une zone inférieure d'animaux (griftons, cheval ailé, bouquetin) représentés la tête en bas. Tout cela est très irrégulier, les figures n'étant pas alignées comme elles devraient l'être et so détacbant du fond avec
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LA CERAMIQUE.
plus OU moins de relief, selon que l'ouvrier avait plus ou moins appuyé son cachet (fig. 297). Ou observe de même sur une jarre du Louvre une zone de quadrupèdes à l'envers (fig. 298). Les Grecs, avec cet instinct naturel de logique et de bon sens qui ne les abandonne jamais et se révèle jusque dans les écarts les plus capricieux de leur imagination, auraient-ils jamais songé à mettre des personnages ou des animaux la tête en bas? Si décoratives que fussent ces ligures,
Fig. 297. — Vase de terre brunâtre, façonné à la main, avec reliefs estampés. Collection Faîna à Orricto. Annali, 1884, tav. d'agg. C. Hauteur, 0-.40.
Fig. 298. — Tase en terre noire avec reliefs estampés. Miïsje du Louvre. Hauteur, 0'°.3"5.
elles avaient pour eux une signitication. De pareilles gaucheries ne peuvent être que le fait de copistes maladroits, qui reproduisent au hasard des formes empruntées sans savoir ce qu'elles veulent dire et qui les plaquent n'importe comment, comme elles viennent. Tout au moins supposent-elles une grande inexpérience, peu compatible avec ce que nous savons de l'habileté des céramistes grecs : il est très probable que les ouvriers k qui nous devons ces vases croyaient bien tenir leur cachet et l'appliquer du bon côté. Seulement ils avaient mal disposé leur pièce en la décorant; ils l'avaient sans doute saisie par le col et amenée à eux, sans songer qu'eu la plaçant ainsi ils la voyaient de tête eu queue, c'est-à-dire à l'envers, et que les figures, «pii pour
eux, au moment de l'estampage, s'imprimaient à l'endroit, devaient paraître retournées, le vase une fois remis debout.
Les diverses poteries que nous venons d'éuumérer sont celles qui se rencontrent le plus souvent dans les tombes étrusques antérieures h la fin du sixième siècle. Mais à côté de celles-ls\ on en trouve encore quelques autres, qui sont plus rares, il est vrai, mais que nous devons signaler au passage, pour montrer toute la variété, ou mieux toute l'incohérence de la céramique étrusque pendant la période qui nous occupe. Je citerai par exemple un vase de Cornéto, de forme sphérique avec panse cannelée et col à passoire, en argile jaunâtre, recouverte d'un vernis noir brillant, type unique jusqu'ici, du moins à cette époque, et qui ne peut pas être considéré comme une importation, puisqu'il est fait à la main ' ; plusieurs vases de Cività Castellana, sortes de cratères à profil concave, eu terre rougeâtre aplanie au polissoir, présentant des figures de chevaux plus ou moins informes, dessinées <\ la pointe, avec un peu d'ocre rouge dans le creux des traits ' ; un canthare de Vétulonia, en terre noire mate, décoré de cannelures, de dessins incisés et de figures estampées, mais qui offre de plus cette particularité d'avoir autour du col des chevrons peints en rouge ' ; enfin plusieurs vases de Cervétri, en forme de plat ou de marmite, d'une terre rouge brique qui a reçu une glaçure vitreuse et sur laquelle se détachent des peintures en blanc ou en jaune ', peintures grossièrement exécutées d'après des modèles grecs de style archaïque. Nous en donnons ici deux spécimens : sur l'un on voit un combat naval (fig. 209); l'autre représente Jupiter assis donnant naissance ;\ Minerve qui s'échappe de son cerveau en présence do Vulcain et de Mercure, et plus loin une autre scène, sans lien avec la précédente, la chasse du sanglier de Calydon (fig. 300).
Quelle diversité, on plutôt quelle confusion! La céramique étrusque