‹ L'art étrusqueChapitre 299 sur 357 · VALSSELLE ET USTENSILES DIVERS · texte numérisé non relu

VALSSELLE ET USTENSILES DIVERS

Les Étrusques étaient renommés dans l'antiquité pour le luxe de leur vaisselle. Critias, dans des vers auxquels j'ai déjà fait allusion, vante leurs phiales d'or et leurs bronzes d'usage domestique". Diodore de Sicile et Athénée, qui paraissent avoir puisé leurs renseignements à la même source, parlent des gobelets d'argent qui ornaient les tables tyrrhéniennes ^

Ces témoignages sont confirmés par les découvertes faites en Etrurie. Pour parler d'abord de l'argenterie, on se rappelle les belles coupes d'argent ciselé et rehaussé d'or qui ont été recueillies dans les tombes de Cervétri, de Vétulonia et de Palestrina. D'autre part, dans les tombes contemporaines du troisième siècle on trouve parfois des œnochoés d'argent, des gobelets, des coupes, des patères, ainsi que différents ustensiles de toilette : le seul sarcophage de Seianti Thanunia à Chiusi a fourni plusieurs objets eu argent, un strigile, un miroir à manche avec une bordure circulaire d'ornements incisés, un flacon à parfums en forme d'aryballe, un petit seau ovoïde et une sorte de pyxis ou de boîte à fard, décorée d'une guirlande de feuillage en relief '.

l. ilicali, Mon. per serv., pi. XLV, 1, 2. i. Athénée, I, p. 28 : T'j;!5ïiv^ oï -/fïxïï /ovoétUîTo; çii).r, — -/.il si; -/ïXzÔ; ôti; y.oî(i;î Sô|j.ov

3. 'Ey.îiwiiaTa ifj-jfi. Diodore, V, 40 ; Athénée, IV, p. 153.

4. Xothie, 1886, p. 354. Ântike Deiihnâlei; I, pi. XX, p. 9. On peut encore signaler un petit seau

d'argent avec deux zones horizontales de figures gravées, au musée de Florence (MiilIer-"Wieseler, I, 302) et un casque d'argent doré avec ciselures et figures en relief, au musée de Saint-Pétersbourg (Galette des Beatix-Arts, 1861, XI, p, 78), Ce casque provient de la collection Campana et a été trouvé à Bolséna.

Mais ici encore nous nous heurtons à léternel problème qui domine toute riiistoire des arts industriels en Etrurie : d'où vient cette argenterie? Est-elle de f'alnique toscane ou d'origine étrangère? Le doute n'est plus permis en ce qui concerne les coupes d'argent doré recueillies dans les tombes de Cervétri,de Vétulonia, de Palestrina, contemporaines de la un du septième siècle ou du commencement du sixième. Ce sont certainement des importations phénico-carthaginoises. i\Iais si les Etrusques ont ainsi acheté de la vaisselle d'argent aux Carthaginois, pourquoi n'en auraient-ils pas acheté aux Grecs? La Grèce avait des mines d'argent, les mines du Laurium, dont l'exploitation remonte au temps de Pisistrate et peut-être plus haut ; les victoires des guerres raédiques avaient fait affluer chez elle une énorme quantité de métaux précieux. L'art de ciseler l'argent lui était familier avant le cinquième siècle, et il se trouve précisément que les ouvriers les plus habiles en ce genre de travail étaient dans les régions qui avaient avec l'Etrurie les rapports les plus suivis, en Eubée et en Atfique. En Eubée, au cinquième siècle, les coupes de C'halcis étaient renommées '. A la même époque, en Attique la vaisselle d'argent n'était pas rare. Il y eu avait chez les particuliers et l'on en consacrait souvent dans les tenqik'sv J'ai de la peine A croire que les Grecs, succédant aux Carthaginois sur les marchés de l'Etrurie, voyant ce que leurs concurrents Avaient apporté d'argenterie, sachant surtout le goût que manifestaient pour ce genre de luxe les populations toscanes, se soient contentés de leur vendre des vases peints et n'aient jias fait aussi le commerce des vases d'argent. Le texte de Critias, il est vrai, est assez embarrassant. Il semble indiquer qu'au cinquième siècle les Athéniens reconnaissent la supériorité de l'orfèvrerie ou de l'argenterie étrusque et qu'ils ne songent pas t\ lui faire concurrence. Mais iieut-être Critias n'est-il ici que l'écho d'une opinion plus ancienne, datant de l'époque où les ]>remiers marins de Corinthe ou d'Athènes avaient abordé en Etrurie, c'e.st-î\-(lire du septième ou du sixième siècle; je croirais volontiers (juc les fameuses phiales ilnut il parle ne sont jias autre chose que «les

I. .\»>xiôtxi TioTT.fia. Anètofhaue, Chtralicn. 1 2. Durcmlwrg et Saglio. Dicilonn. ilrt 011(17.. 237. Etienne de Byzancc, ,\«>y.i«. AiÔT,'|<o;. | .1 rgtnium, |i. 400.

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coupes d'argent doré analogues à celles de Cervétri et de Palestrina, en d'autres termes des phiales phéniciennes dont les Grecs ne connaissaient pas la véritable origine, et qu'ils avaient tout naturellement attribuées aux Etrusques pour les avoir vues entre leurs mains. Une chose me frappe, c'est que les pièces d'argenterie se montrent de plus en plus abondantes dans les tombes étrusques à mesure que ce genre de luxe tend à devenir de plus en plus populaire dans les pays grecs. Jamais il n'y en a tant qu'au troisième siècle, c'est-à-dire précisément à l'époque où la mode des vases d'argent fait fureur en Grèce, où tout le monde veut en avoir, où les moins fortunés même se résignent difficilement à s'en j^asser, si bien que pour satisfaire cette humble clientèle on va jusqu'à fabriquer de faux vases d'argent en argile plaquée ou habilement métallisée '.

Est-ce à dire qu'il n'y ait pas eu en Toscane des maîtres argentiers ? Le prétendre serait mal connaître l'activité industrieuse des Etrusques et leur esprit d'imitation. Il est impossible que leurs ateliers métallurgiques n'aient pas su travailler l'argent comme le bronze; mais comme ils ont reproduit des modèles helléniques, nous n'avons pas les moyens de distinguer ce qu'ils ont fabriqué eux-mêmes de ce qu'ils ont reçu tout fabriqué.

La même difficulté ne se présente pas pour la vaisselle de bronze. Que jusque vers le sixième siècle les Etrusques en aient dû la plus grande partie à l'étranger, qu'ils en aient même acheté par la suite aux Grecs de la Grèce propre, de la Sicile ou de la Campanie ", il n'en est pas moins vrai que l'industrie de l'airain était chez eux en pleine activité au cinquième siècle, et cela suffit pour que nous ayons le droit de regarder comme des produits indigènes la plupart des objets de lironze que nous trouvons en Toscane entre le sixième et le troisième siècle.

Ces objets sont très nombreux et d'une variété extraordinaire. 11 y en a pour tous les usages domestiques. Ce sont des chaudrons, de grands et petits récipients, des seaux, des plats, des vases à verser,

1. Rayet et Collignon, 6Vra»n'îMe5r<;c<(Me, p. 360. i tous les bronzes trouvés en Étriuie comme des ■-'. Gerhard va même jusqu'à considérer presque i importations, ^«hîi?;, 183r. p. H3.

des vases à boire, des passoires, des cuillers à pot (simpula), des trépieds, des candélabres, des lampes, des crocs, des iustrumeuts de chirurgie, des ustensiles de toilette, cistes, miroirs, strigiles, des armes enfin (boucliers, casques, cuirasses, etc.). A moins de faire un catalogue, il est impossible de donner de tout cela autre chose qu'une idée d'ensemble. Aussi bien, au point de vue de l'art, beaucoup de pièces n'ont aucun intérêt.

On se rappelle les anciens types de la vaisselle de bronze, ceux que nous avons observés dans les tombes à pozzo, dans les tombes à fossa et dans les sépultures à mobilier oriental du septième et du sixième siècle. Dans la i^ériode villanovienne les formes dominantes étaient l'ossuaire biconique, la tasse à pied avec une ou deux anses, l'écuelle, le seau eu tronc de cône renversé, la ciste ù cordons. La technique consistait à clouer ensemble ou i\ rei)lier bord contre bord des feuilles métaUiques. Dans la période suivante, (juand TEtrurie est envaliie par la civilisation phénico-cartliaginoise, nous avons retrouvé la même technique, mais appliquée à des formes différentes. Nous avons rencontré d'énormes chaudrons, des brûle-parfums, des réchauds, avec des bandes horizontales danimaux repoussés et des appendices en forme de têtes de lion ou de têtes de griffon. A peu près i\ la même époque appartiennent les ossuaires de Cliiusi formés de deux calottes liémisphériques rivées ensemble avec un pied conique, un col cylindrique et deux anses arrondies comme des bras. Aux environs du cinquième siècle tous ces types disparaissent ]iour faire iilace li la vaisselle que nous allons étudier et qui, plus dU moins modifiée , reste en usage jus(|u';\ l'époque gréco-romaine.

Cette vaisselle se distingue de celle qui l'a précédée par le modo de fabrication. Quand, après l'élimination des Carthaginois, les Grecs prennent possession du marché italique, ils introduisent en Étrurie les procédés métallurgiques qui ont cours en Grèce dejniis le septième siècle et dont le principe est de substituer la t'oMte et la soudure au martelage et i\ l'assemblage par rivets. Dès lors plus de formes anguleuses rappelant le tronc de cône d'un cornet, jiliis de parois minces avec des reliefs repoussés au marteau, plus de joints

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apparents, plus de rivets eu saillie; mais des formes arrondies, des profils continus, alternativement convexes et concaves, des surfaces bien unies sans lignes de suture, sans protubérances, en un mot un galbe correct et souvent élégant.

Les types sont simples, et pour la plupart nous les connaissons déjà pour les avoir observés dans les tombes de la période gréco-bolonaise '. Ceux qui i-evieuuent le {ilus souvent sont le seau à anse simple oir double rappelant le seau villauovien, mais présentant un profil arrondi au lieu d'un profil rectiligne, le cratère, l'amphore, le skj^phos, l'olpé, l'œnochoé à bec simple ou à bec trilobé, le plat en forme de poêle, la patère avec ou sans manche , la patère avec renflement central et godrons rayonnants, la passoire, la cuiller à pot, le petit seau ovoïde avec une anse et une chaîne de suspension '. La plnj^art de ces vases sont à panse lisse et sans autre décor qu'une anse plus ou moins historiée et quelques appliques : c'est par là seulement qu'ils méritent de fixer un instant l'attention.

En étudiant les plus anciennes céramiques étrusques nous avons signalé quelques vases munis d'appendices en forme d'animaux ou de poupées. Ce procédé d'ornementation, qui n'était pas dans les traditions de la poterie italique et dont l'idée avait été sans doute suggérée aux ouvriers du pays par la vue de certains vases importés, fut d'abord d'un usage assez rare : jusque vers le septième siècle les exemples n'en sont pas nombreux. Mais quand l'Etrurie s'ouvrit toute grande à la civilisation phénico-carthaginoise, il ne tarda pas à se populariser. La métallurgie orientale avait pour les appliques un goût particulier, témoin les cous de griffon, de Chimère ou de cheval qui se voient sur les chaudrons de la tombe Regulini-Galassi, sur le réchaud à roulettes de la grotte d'Isis, ainsi que sur plusieurs récipients de bronze de la tombe del Duce à Vétulouia. Ces objets venant solliciter l'instinct d'imitation des Etrusques au moment où leur industrie s'éveillait, le système du décor au moyen d'appendices saillants s'imposa de lui-même. Xous avons vu que les premiers ateliers du huc-

1. Voir plus haut, p. 93-97 ; fig. 8S-9-2, 94. | le Museo Gregoriano, I, pi. I-IX et dans Gozza-

2. La plupart de ces types sont reproduits dans I dini, L'iteriori scoperle a Marzaholto, pi. XIV.

chero nero l'adoptèrent. A plus forte raisou fut-il adopté par les premiers ateliers de métallurgie.

Parmi les objets recueillis daus la tombe del Duce à Vétulouia ou remarque un candélabre monté sur quatre pieds, qui portent chacun une petite figure de lion debout '. Les musées étrusques contiennent un grand nombre de débris provenant de vases ou d'ustensiles divers décorés suivant le même procédé. On plaçait des lions, des oiseaux, des griffons soit sur le bord des chaudrons, soit sur les couvercles, soit encore au sommet des anses"'.

Dans le courant du sixième siècle, quand les progrès de l'hellénisme dégagent peu à peu l'Etrurie de la tutelle phénico-carthaginoise et que l'industrie grecque commence à exercer sur l'industrie naissante des Étrusques cette action qui a été si féconde, le système d'ornementation au moyen d'appendices n'est pas abandonné, mais se modifie et se perfectionne. Les ouvriers étrusques subissent ù leur insu 1 influence de l'art grec. Or si! y a une chose qui caractérise les œuvres helléniques, c'est la logique. Le goût grec n'est pas ennemi des ornements, mais il veut que les ornements servent j\ quehiue chose : tout ce qui n'est que décor, tout ce qui n'a pas ime raisou d'être organique dans l'ensemble d'un temple, d'une statue, d'un jioème, d'un discours ou d'un vase, tout cela doit être impitoyablement proscrit. Instruits par les modèles que la Grèce leur apporte, les Etrusques en viennent à appliquer, d'une manière inconsciente et simplenient i)ar esprit d'imitation, ces principes d'ordre, de convenance et d'harmonie. Leur métallurgie surtout s'en inspire. Elle ne renonce pas j\ toutes ces figures de lions, de griffons, de panthères, qu'elle doit à l'art oriental et qu'elle conservera indéfiniment, mais au lieu de les placer au hasard, comme des appendices superflus qu'on pourrait sans inconvénient retirer, elle s'ingénie A leur attriltuer m\ rôle utile. Les vases qu'elle fabrique ayant des anses soudées dont les points d'attache se trouvent sur la jianse et aux lèvres du récipient, il iiupurte

1. Sothit, MH'i, pi. XIV, j. I 1.1 d<.^:oration d'un grnml vaec de bronze. Millhr

2. On a récemment trouve dans nne tombe de /mij^fri (Rome), I, p. il.'>. Pcrooie »ept petits lions accroupis provenant de '

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que de part et d'autre la tige de ces anses s'écrase en s'épauouissant pour offrir à la prise de la soudure une surface suffisante. Dès lors quoi de plus naturel que de donner à cet écrasement nécessaire une forme décorative? Quoi de plus naturel aussi que d'y placer ces figures d'animaux qu'auparavant on ne savait où mettre et que l'on disposait au hasard? De là un type d'anse dont on a de nombreux exemples dans les tombes contemporaines de la tin du sixième siècle ' et qui

Fig. 343-380. — Types d'anses en bronze. Musée Grégorien.

consiste, — d'une part, sur la panse, — en une palmette entre deux lions accroupis ou entre deux têtes de serpents, — d'autre part, sur le col, — en un demi-cercle, avec une tête de lion en relief au milieu et à chaque extrémité une panthère ou un bélier accroupi (fig. 3.50). Ainsi placées, ces figurines ont une raison d'être : sans elles l'anse aurait un aspect lourd et disgracieux. Elles dissimulent les prolongements des attaches et les artifices nécessaires de la soudure. Dans les siècles qui suivent la métallurgie étrusque continue à

1. Fiiederichs, Kleinere Kinist und Industrie, p. 140, n» 000 ; p. 290, u<" 1401-1408. Museo Giefforiano, I, pi. LIX, c. Gozîadini, Di un antica

necro2)oli a ifarzalotto, pi. XY, 5. BuUetino, 1874, p. 215, n. 4. Annali, 1880, p. 227, n. 1; p.. 228. Mittheilungen (Rome), I, p. 210, n. 1.

appliquer le même principe de décoration rationnelle. Seulement elle varie ses motifs et, tout en conservant les palmettes orientales, les lions, les griffons, etc., s'ingénie à les combiner avec des formes empruntées à la Grèce. Ce qui domine dans l'art grec étant la Hgure humaine, les Étrusques introduisent des personnages dans la composition de leurs anses. Au lieu d'une tige plus ou moins arrondie qui, si ornée qu'elle soit, a toujours quelque chose d'un peu sec, ils placent sur le côté du vase une figure d'homme ou de femme, généralement nue, cambrée eu arrière et arc-boutée

d'une part sur la pause et d'autre part sur le col. L'anse devant se terminer à la partie supérieure en une sorte de fourche semi-circulaire qui éiiouse le contour arrondi du col, on laisse de chaque côté de la figure, sous les lèvres du vase, la statuette traditionnelle du lion couché, et pour qu'il y ait connue un lien logique entre ces divers motifs juxtaposés, l'homme lève les bras en l'air et saisit la queue des lions comme pour s'y retenir (fig. 348, 351). Quant :\ ses pieds, ils reposent sur un petit socle qui s'épanouit en palmette. Mais comme le socle est étroit et la palmette beaucoup plus large , il faut quelque chose pour les relier l'un à l'autre et dissimuler les angles de jonction : i\ cet effet on profite des volutes que projettent les tiges de la palmette et là-dessus on perche deux combattants séparés par un cerf dont chacun d'eux saisit une corne en lirandissant l'un une épée, l'autre une massue : celui-ci a les attributs d'Hercule avec le vêtement eu peau de lion (fig. 348).

Nous pourrions citer bien d'autres exemples analogues, dos anses en forme de tiges i\ nervures avec des animaux couchés î\ la partie supérieure et un Silène accroupi -X la base {iv^. 349), de petites anses

riff. 351. — Lratére de bronze du Musc-e Grégorieu (restaurj arec les morceanx antiques). Hauteur, C.Si).

LA :metallukgie.

avec \me palmette à chaque point d'attache et sur cette palmette un cavalier sur un hippocampe porté par une volute' {ûg. 353). Le nombre des combinaisons possibles est infini, mais le principe est ù peu près toujours le même. Partout les ornements sont des pièces nécessaires, transformées avec plus ou moins de fantaisie, et qu'il serait impossible de détacher sans mutiler le vase.

Mais si logiques qu'ils soient, ils sont encore un peu lourds. L'ornemaniste étrusque manque souvent de mesure et de goût. Les anses sont surchargées de détails et les attaches manquent de finesse. La tige, au lieu de venir en quelque sorte mourir à la surface de la panse ou sur les lèvres du récipient, présente à ses extrémités des reliefs trop accusés. Ces reliefs eux-mêmes, qui par leurs fortes saillies arrêtent le regard, sont pour la plupart sans élégance; la facture en est médiocre et le style a toujours quelque chose de cette raideur archaïque que nous avons observée dans les petits lironzes de la Toscane.

Aux approches du troisième siècle, le caractère de l'ornementation change encore une fois. Les tiges s'allègent de plus en plus et le décor se réduit à sa plus simple expression. La plupart du temps les vases n'ont plus d'autres appliques qu'un fleuron, un masque de Silène, un masque de Gorgone, une palmette, une feuille épanouie ou un mufle de lion à l'attache inférieure de l'anse (fig. 355), des têtes de serpent, des cous de cygne, des palmettes ou des enroulements végétaux à l'attache supérieure'. Quelquefois le décor se complète par un guillochage, ou un rang de perles, ou des oves délicatement ciselées sur la bordure du col (fig. 359). Ce style, par sa discrétion, son élégance, sa pureté, laisse entrevoir son origine hellénique. Nous savons d'ailleurs qu'il florissait en Campauie, à Cumes eu particulier. C'est là qu'on en a trouvé les plus remarquables spécimens ^ C'est de là qu'il s'est propagé en Etrurie en même temps que les poteries à vernis noir lirillant.

A la même époque apiiartiennent quelques vases d'un type encore

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