‹ L'art étrusqueChapitre 33 sur 357 · Uonimenli, XI, pi. 59, fig. 3n · texte numérisé non relu

Uonimenli, XI, pi. 59, fig. 3n

■2. Moniamnti, XI, pi, 59, fig. 1; pi. «0, fig. 5.

LART ETra'bQLE.

ques, des chevrons, des zigzags (fig. 37) et même des figures d'animaux, une tortue ' par exemple, ou un quadrupède à cornes qui parait être un cerf (fig. 45) ". Sur d'autres objets la décoration est complétée par des croix découi>ées à jour, comme par exepiple sur le l>ied de l'ossuaire (fig. 06) ". Sur d'autres enfin, les bords taillés en dents de loup et repliés forment uue sorte de coulisse dans laquelle passe un fil de bronze portant enfilés des anneaux (fig. 50, 62) \

Nous nous demandions plus haut à quelles mains il convenait d'attribuer les céramiques des pozzi. La même question se pose ici pour les bronzes.

Sont-ils de fabrication indigène? En ce qui concerne les paahtahs, on peut répoudre affirmativement, puisqu'on a retrouvé dans les terramares quelques-unes des formes de pierre qui servaient à mouler ce genre d'instruments '. Mais les paalstahs doivent être mis à part : ils ne se rencontrent dans les pozzi que par exception, comme les derniers restes d'une civilisation primitive A peu ]nès disparue. Ils semblent égarés au inilieMi des autres bronzes, qui eux ne sont pas en métal fondu, mais en métal laminé, martelé et rivé. La fabrication est si différente de part et d'autre, elle suppose des ])rincipes et des habitudes métallurgiques si contradictoires, qu'il est impossible d'attribuer à une même industrie ]es jxiahtabs et les bronzes villanoviens. De ce que les uns sont l'œuvre d'artisans italiques, on n'est donc pas fondé i\ conclure que les autres le sont aussi. Dira-t-on que, dans l'intervalle entre la période des terraiiiares et celle des pozzi, les artisans italiques ont changé de méthude et graduellement passé, par une série de petits

Fig. (2. — Flatenn de bronze i conpel lea. .Voti^K, 1B82, pi. XIII, 6. Haatenr,

o-,iss.

I. Sur na ccinturou do Cornt^to. (Monumenli, XI, pi. 59, fig. 4a.)

3. Sur le (ourreau d'une i|>ic. (.l/anumcii(i, XI, pi. «0, fig. !!)<»).

8. Deux fibulci de Cornito ont do m{mo la feuille arrondie de l'arc dteonp^ & jour. (Xotliit,

U8i, p. IHO, 190; pi. XIII ii/, 18.)

■I. Un cnquc de CoriRto parait avoir ità garni A la partie inférieure d'une lamelle de brome d'où pendaient dca anneaux et des cbatncttcs. (.Vorùif, IKSI, p. ;iii().)

il. BuUttiHO, lH7i'>, p. 40.

LA PliEMIEIiE CIVILISATION ÉTRUSQUE. 67

progrès, de la fonte au laminage'? Mais où sont les types de transition? La technique nouvelle paraît, l'ancienne disparait, sans qu'on puisse établir entre elles aucun lien. D'ailleurs, étant donné l'incompatibilité absolue de leurs principes, l'une ne peut pas être considérée comme le développement naturel, la conséquence logique de l'autre. La substitution de l'une à l'autre ne peut s'expliquer que par l'hypothèse d'une sorte de révolution industrielle. Or les révolutions de ce genre ne se font pas toutes seules, surtout au miheu de populations à demi barbares, dont le génie n'est pas encore éveillé, où, chacun étant à soi-même son propre artisan, les traditions techniques sont forcément pauvres et condamnées à demeurer statiounaires pendant des siècles : elles ne peuvent être que le résultat d'un ensemble de circonstances accidentelles et d'influences étrangères. Que s'est-il donc passé en Italie? Puisque les bronzes villanoviens ne se montrent qu'à l'époque des pozzi, et que les pozzi sont des tombes étrusques, la pi'emière idée qui se présente à l'esprit est celle de l'invasion des Etrusques : on est tenté de se demander si ce ne sont pas eux qui ont introduit la métallurgie nouvelle dans la Péninsule, s'ils n'en ont pas apporté la tradition lors de leur immigration. ]\Liis il y a à cela plusieurs difficultés. D'abord il ne semble pas que les Etrusques, au moment de leur entrée en Italie, aient été en possession d'une civiHsation supérieure à celle des tribus italiques '. De part et d'autre la céramique témoigne d'une industrie dans l'enfance, pauvre d'invention , bornée dans ses procédés, eu rapport avec les besoins d'une société barbare qui vit sous des huttes et se contente à j^eu de frais. La métallurgie villanovienne, au contraire, trahit une culture industrielle déjà développée. Il y a là une technique sûre d'elle-même, capable de combinaisons savantes, ingénieuse et simple à la fois, qui demande des outils perfectionnés et des mains exercées, qui implique par conséquent un long passé d'expériences et de tâtonnements, un apprentissage séculaire, des traditions suivies, des ateliers, en un mot un état social très éloigné de la barbarie. Si l'art de la métallurgie villanovienne avait été apporté par les

Page 1