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LE8 PIERRES GRAVÉES

Les pierres gravées de l'Etrurie sont en faïence cmaillée, en cornaline, en agate, en sardoine, quelquefois mais rarement en calcédoine. L'indication de ces matières, dont aucune n'est indigène en Etrnrie, nous montre dès le début qu'il ne s'agit pas d'un art né dans le pays, mais d'un art exotique. L'origine étrangère de cet art est encore attestée par la forme même des pierres. Toutes ou presque toutes présentent l'aspect d'un scarabée, c'est-à-dire qu'elles reproduisent un des symboles les plus populaires de la mythologie égyptienne.

Les scarabées étrusques diffèrent des scarabées égyptiens. L'insecte n'est pas imité avec exactitude, comme il l'est en Egypte : il a le dos très arrondi, les ailes trop symétriques, les pattes quelquefois levées en l'air. Le modelé est très sommaire. Ce n'est plus qu'un type de convention dont le sens religieux est perdu et que l'on répète sans se demandera quoi il répond, simplement parce qu'on y attache une vague vertu d'amulette. Si les scarabées étrusques diffèrent par leur forme des scarabées égyptiens, ils comportent comme eux un dessous plat dont le champ est ordinairement rempli de dessins gravés en creux. A part quelques rares exceptions , toutes les pierres dures que l'on recueille en Etrurie sont des intailles'.

1. On a très peu de camées provenant d'Étrurie. Arch. Zdtninj, 1877, pi. II, n" 3. Nothie, 1885, p. 07.

L'AIiT ETHUSQUE.

On a trouvé quelques scarabées dans des tombes, à Cornéto, à Vulci, à Bologne ; mais la plus grande partie de ceux qui sont entrés dans les collections publiques et privées proviennent des environs de Chiusi. Sauf pour ceux de Cliiusi, qui ont été ramassés presque tous au même endroit, le long d'une pente où l'éboulement des terres et les eaux de pluie les avaient entraînés, on n'a sur la découverte de la plupart des intailles étrusques que des données t^^s vagues. Comme elles sont fort recherchées des collectionneurs et se vendent un bon prix, les fouilleurs dont l'Italie pullule s'empressent de les dissimuler quand ils les rencontrent et se préoccupent plus d'eu chercher le placement que de prendre note des objets découverts eu même temps. Faute de renseignements précis et détaillés sur le contenu des tombes dont elles proviennent, il est très difficile d'en faire une étude méthochque et d'établir entre elles un classement chronologique. Tant que ce classement n'aura pas été fait, on ne sera pas certain d'arriver à des conclusions définitives.

Pour le moment, nous sommes réduits à classer les scarabées étrusques suivant le caractère et le style des dessins gravés sur le plat. A ce point de vue, ils se groupent en cinq catégories :

1° La première comprend les scarabées en faïence émaillée avec des figures et des signes ap|)artenant ù la symbolique égyptienne. Tels sont ceux qui représentent par exemple le dieu Horus ', la barque sacrée naviguant sur le Nil ", un scarabée surmonté d'une tête d'épervier'. Tels sont encore les deux scarabées, découverts i\ Bologne et à Cornéto, qui portent l'un le cartouche du roi Khoufou , le Chéops des Grecs, le constructeur d'une des grandes pyramides ', l'autre le cartouche du roi Xnferkara SebaJchotcpu,ih la dix-huitième dynastie '.

2" La deuxième catégorie comprend également des scarabées en faïence émaillée, qui tiennent des scarabées égyptiens en ce sens qu'ils ont sur le plat des signes hiérogly|)hiques ou dos motifs familiers j\ l'art égy|itien, mais qui s'en distiiigueiit par la manière

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