Fraenkel, pi. XII, n
30 mai 18S8, ù lliôtel Drouot, a paru uue boucle d'oreille provenant de la Grande-Grtce, semblable à celle de notre n° 9, avec cette seule différence qu'au lieu d'un cygne émaillé, la pendeloque est un aigle à surface granulée '. Les mêmes types existaient donc en Grèce et en Etrurie; et comme de part et d'autre ils sont aussi purs de style, aussi fins d'exécution ; comme de plus aucun signe n'autorise à supposer que les uns soient la contrefaçon des autres, nous aboutissons à cette conclusion que les prétendus bijoux étrusques, ces bijoux tant admirés, sont tout bonnement des bijoux grecs importés. Les Etrusques y perdent leur plus grand titre de gloire.
Que leur reste-t-il donc de tous les bijoux que leurs sépultures nous ont conservés? Il leur reste toutes ces parures de style banal qui surchargent leurs statues ou qu'ils représentent sur leurs miroirs, ces colliers à bulles, ces grosses pendeloques en olive ou en boule, ces énormes boucles d'oreilles, sans compter une multitude de bracelets, de diadèmes, de couronnes, de feuilles d'or à ornements estampés. Tout cela est sans doute leur ouvrage : tout cela est bien dans le goût de leur art : tout cela surtout est d'une exécution simple et n'exige pas la niain d'un artiste. Il suffit d'appliquer sur un moule la feuille d'or à façonner et de prendre en la battant l'empreinte du creux, à peu près comme on voit les eu(j\nts d'aujourd'hui roj^roduire sur du papier d'étain l'effigie d'une pièce de monnaie. C'est en somme une façon de surmoulage.