BuUetino, 1883, p. 124; 1885, p. 120, n" 1 ; p
G. Bulletino,l&Si, p. 214.
lOo L'ART ETRL'S'JL'E.
doré décorés au repoussé de zigzags, de cercles, de spirales et de motifs analogues à des croissants écliancrés ' ; 3° seize pendeloques piriformes en or ; A° un petit vase d'albâtre avec des dessins géométriques peints en rouge ; 5" un ])ectoral de bronze doré, décoré, au repoussé, de rosettes, de croissants écliancrés et de lions; 6" un petit singe en ivoire provenant d'un manche; 7° trois panthères et mi disque d'ivoire, ayant servi sans doute d'appliques h un coffret ; 8" deux gros cercles en fer ; 9*^ un œuf d'autruche. — La tombe a été ouverte dans l'antiquité et nous n'avons là qu'une partie des richesses qu'elle contenait îi l'origine. On remaniuera le?; lions, les panthères, le singe, les rosettes. Tout cela a un caractère oriental et ne s'était pas encore rencontré en Toscane. Nous entrons donc dans inie période nouvelle de l'histoire de la civilisation étrusque.
Quoique cette période soit représentée à Cornéto par un assez grand nombre de sépultures '", ce n'est pas dans cette nécropole qu'on peut le mieux l'étudier. Il se trouve en effet que les tombes à corridow de Cornéto, du moins celles qu'on a jusqu'à i)résent découvertes, ont toutes été profanées dans l'antiquité et plus ou moins dépouillées. Tout y est, quand on les ouvre, dans un désordre qui trahit la précipitation des voleurs. Il est visible ipie le mobilier funéraire a été bouleversé, qu'on a fait un choix entre les objets, pour laisser dans le caveau ce qui n'avait pas de valeur et emporter les bijoux de prix : des délnis épars d'or et d'argent, quehiues pendeloques oubhées, quelques feuilles détachées d'une parure, des fils, des anneaux, des rondelles, voilà le ])lus souvent ce qui reste des richesses jadis ensevelies avec le mort.
Ce que les toiubos de Cornéto ne nous ont pas conservé, nous le trouvons dans d'autres nécropoles, à Cervétri, |iar exemple, à Vulci, à l'alestrina, à Vétulonia. Là le hasard a fait i)arvenir jusqu'à nous des sépultures contemporaines des tombes à corriiloin et lieureusi-inent intactes.
La tombe Jief/tdiiu-Gu/ttssi, découverte en 1830 à Cervi'tri, est une
1. Ce motif rap|>cllc la forme du Louclicr ap- 1 2. Voir entre autres les tombas CaLibrcoi. (/'■</• pcMjtlla. I Iflinn. iMG. p. 179.)
des plus célèbres de l'Étrurie. Les objets qu'on y a trouvés et qui sont aujourd'hui conservés au Musée Grégorien du Vatican ayant été maintes fois décrits et étudiés ', il suffira de rappeler ici les pièces les plus remarquables et les plus caractéristiques. C'est d'abord un lit de parade en bronze, ayant servi sans doute à l'exposition du défunt et sur lequel étaient les restes d'un corps en poussière : ce lit est formé de sangles métalliques croisées, avec une sorte de petit tabouret à l'endi-oit de l'oreiller; les montants étaient primitivement revêtus de feuilles de bronze en appliques, avec des palmettes et des lions au repoussé. Autour de cette couche funèbre étaient disposés, entre autres choses : un grand bassin de bronze (79 centimètres de diamètre) monté sur quatre pieds en fer; deux chaudrons de bronze (60 centimètres de diamètre) montés sur de hauts trépieds de fer et munis de cinq anses divergentes, dressées symétriquement comme des cous de cygne et terminées par des têtes de griffons (fig. 99) '; des boucliers circulaires en bronze, avec une rosace au milieu et des zones concentriques remplies par divers motifs indéfiniment répétés, tels que des hachures en damier, des chevrons, des cercles, des fleurs de lotus,
Fig. 99. — Chaudron de bronze sur trépied de fer. Tombe Eegalini. J/i/seo G regoriuno , I, pi. XIV, 1." Hauteur, l'",65.
1. Grifi, Cere antica, p. 7-, Canina^ Etynriamrtritima, pi. 50-59. BuUetino, 183G, p. 56-G2 ; 18;!8, p. 173. Museo Gregoriano, I, pi. 12-21.
2. Hérodote (IV, 152) parle de marchands samiens qui, au retour d'une expédition commerciale extraordinairement fructueuse à Tarte/ms, au delà des colonnes d'Hercule, firent avec la dîme de leur
gain i( un vase d'airain à la façon du cratère d' Argos, sauf qu'il est entouré en saillie de têtes de griffon. » On a trouvé à Samos et à Olympie des restes de vases analogues. Bidl. de corresji. Iielhn., 188.5, p. 509. Furtvangler, lirome/unde ans Ohjmiiia, p, 47. Arch. Zeituiiy, 1879, p, 181.
LWKT ETIîUSQl'E.
des ornemeuts imbriqués, des files de taureaux ou de daims, des entrelacs (fig. 100) ' ; une cuvette de bronze montée sur un petit chariot à quatre roulettes, décoré de fleurs de lotus et de lions" ; un support de bronze composé d'un calice profond sur deux splières creuses sujierposées que soutient un large pied conique, le tout en feuilles laminées, sur lesquelles se détachent, distribuées en onze zones et repoussées, des figures de lions, de taureaux, de chimères, de divinités ailées, ainsi que des bandes de palmettes avec fleurs de lotus (fig. 101 (.
Flg. 100. — Boucliers de bronze. Jfiiseo Grtgoi
. I, pi. IX-XI. Diamètre moyen, 0'".9M.
Ces objets étaient déposés dans une première clianibrc à rentrée de la tombe. Dans luie chambre voisine, qui communiquait avec celle-ci, était xnio autre séiiulture, plus riche encore que la jirécédente, coiitejiant comme elle des ustensiles de bronze (chaudrons et brûle-parfums), mais surtout de la vaisselle d'argent et des liijoux d'or, l.a vaisselle d'argent est représentée par une coui»e profonde et plusieurs tasses avec des figures dorées et retravaillées i\ la pointe. Toutes ces figures sont distril>uées en zones parallèles, i\ lintérieur et i\ l'exté-
1. Tcrrot, llitt. i/r Tnrl, III, p. 1*70. Des boucliers nnnlogiic» se voient sur les bas-rclicfs do Kboriabod. (De Longpiricr, iKurrt$, I, p. 38).