Aunali-i^foniimenti, 18<i6, p. 45-17. Annali
IMIB. p. IKi-.. .l/„„„„„„/;, VIII. pi. -y.. Annnli, 1K79. p. 5-8. Motiiinitnli, XI. pi. ■-'. BeulO. Journal ilti Sarimtt, 18li(l, p. H 10 et auir. Bullttino, 1881, p. 83.
4. Bullelino, 187ii, p. 117-1.11. Annali, 18-i;, p. 197 et «niv. MoHiimtnli, pi. X, pi. 31-;i3. AiUicif, 187r>, p. 113. Clermont-G.ioneau, r/mm/rriV
or, en argent, eu fer, en bronze, en ambre, eu ivoire, parmi lesquels on remarque plusieurs coupes d'ar- <;ent historié et rehaussé d'or, pareilles à celles de la tombe Begidini- Galassi, et provenant vraisemblablement de la même fabrique.
Les sujets sont les mêmes, des scènes de guerre ou de chasse, des files d'animaux féroces ou fantastiques, des compositions mythologiques; les figures sont disposées de la même manière sur des zones horizontales ou concentriques." Ces coupes ont été souvent étudiées : on y a reconnu im mélange d'éléments égyptiens et d'éléments assyriens, une ornementation hybride, qui trahit l'industrie d'un peuple intermédiaire entre l'Egypte et l'Assyrie, celle du peuple phénicien. La provenance phénicienne en est d'ailleurs démontrée par ce fait qu'on en trouve de pareilles à Chypre, qui a été long-
phénicienne. Perrot, IJUl. de l'art, III, p. 97, 98. Marquand, American Jo'iriml o/Arch., 1887, p. 322-337, pi. XXX.
l'ig. 103. — Fragment de pectoml en or. Tombe Regulini. Ifuseo Gregoriano. I, pi. SSVIII-XXIX. Eéductioii .le 1,2.
L'ART ETRUSQL'E.
temps un centre phénicien. Mais la preuve la plus décisive de leur origine est fournie par l'une de celles qui formaient le trésor de Palestrina et qui est marquée d'une inscription phénicienne.
A la même époque appartient une tombe récemment découverte dans la nécropole de Vétulonia, et à laquelle on a donné le nom de tomba de! Duce '. Cette tombe n'est ni un pozzo, ni une fossa proprement dite, mais un grand trou= qui atteint jusqu'à 2°', 70 de profondeur et dont la place était désignée à la surface du sol par un cercle de pierres dressées de champ les unes i\ côté des autres et à demi enterrées, formant comme une enceinte de 17 métrés de diamètre.
Dans cet espace, dail- ^^:Sz/ê a^^- leurs irrégulièrement
' creusé, se trouvait
déposé tout l'attirail domestique et militaire d'un Etrusque de haut rang. Chose curieuse, ce dépôt pré-
- Bosain de bronze sur un train. Grotte d'IsU. Micali. JJonum. ined., pU VUI. 1.
sentait un classement méthoditiue : les objets étaient distrilmés en cinq groupes. Dans le premier groupe étaient réunis les restes de l'attelage et du char sur lequel le défunt avait été porté au tombeau : on y distingue les armatures en fer d'une selle, les boucles du harnachement, deux mors de cheval en fer, des disques de fer et de bronze, probablement des ^;7<a/e?W; deux cylindres de bronze, provenant de l'enveloppe métallique appliquée sur le bois d'un timon, entin deux grands cercles de fer provenant de roues. Le second groupe était formé des armes et grands ustensiles de lirDtize et do fer : un grand bassin do bronze, analogue i\ celui do la tomlio J/'i//iIini-Gafassi , dtiulilé d'éoorce de liège !\ liiité-
1. Millhfilun!/rt, (RnraeJ, I, p. lifl et sutv. .Vrtizir, 1i*k7, p ITl et Buiv. Les objets sont cxpo- »i» ftti tuuKéc do Florence. — Tombe» contemporninci* : à Yéies ( Archnologia, XLI, I8tî7, I, p. 1H7 et saiT., pi. III-XIIX), à Chitisi {Bnllrlino, mt, p. 2Û3-210. Aniiali, 1877, p. 397-410. Monumml!, X, pi. XXXIXa. Bulltlino, 1883, p. 1!»^, 19C): A
l'endroit dit l'ogijin alla Sain, prvs ilc MimlepHlcianv {Aniinli, l!<7s, p. 2%). A riiiusi, cette période est rcpriscntOe par ce qu'on .ippcUe le» tombes II :iro.
2. C'ext ce qu'on appelle dam le p»ya In tombe A tiioi. Ce type est propre A Vituloni.i.
rieur, contenait des fers pour attiser le feu, deux candélabres d'un type primitif, un trépied à cuvette hémisphérique, une sorte de cuiller à pot [simpidum) et douze patères à côtes. Le bassin avait pour couvercle un bouclier avec des zones concentriques d'ornements, analogue au bouclier de la tombe del Guerriero, et sur le bouclier était posé un casque en forme de cloche. Du troisième groupe il ne reste rien, cette partie de la tombe ayant été dépouillée dans
105. — Plaque de coffret, en argent, de Palestrina Musée britannique, ilonutu' nh. VIII, ]il. XXVL
l'antiquité : c'était là qu'étaient sans doute les bijoux d'or; car une sépulture aussi riche devait en avoir, et comme on n'en a pas retrouvé un seul , il est probable qu'ils ont été enlevés, peu de temps après les funérailles, par des gens qui fouillaient à coup sûr, puisque les cachettes voisines n'ont pas été touchées. Le (juatrième groupe se composait d'une série de vases de bronze et d'un grand bassin couvert d'écorce de liège, contenant trois grandes marmites, des vases de terre noire {huccJiero), dont un avec une inscription étrusque, quelques vases à décoration géométrique peinte, un candélabre, un discpie
àRT ETnUSQCE.
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LART ETRUSyUE.
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de bois revêtu de bronze avec une sorte d'anse formée d'une tige à pétales épanouies, à laquelle vient s'attacher entre deux têtes de griftbn une chaîne articulée composée de bâtonnets parallèles (fig. 106) ' ; enfin plusieurs pièces d'argenterie, une tasse, une œnochoé, un ruban d'argent décoré de sphinx au repoussé et ime coupe profonde d'argent doré, avec figures de style égyptien, analogue à celles de Palestrina et de Cervétri (fig. 107). Dans le cinquième groupe se trouvaient encore de nombreux ustensiles, plus une barque votive en bronze avec une tête de cerf à la proue, une paire de bœufs au milieu et sur ces boeufs un joug surmonté d'un anneau de suspension, enfin, tout le long du bord, divers animaux domestiques (chiens, porcs , moutons, etc.) ". Un cofiret quadrangulaire avec un couvercle en forme de toit servait d'ossuaire : il est revêtu d'une feuille d'argent décorée au repoussé de palniettes, de fleurs de lotus, de canards, de taureaux, de sphinx, de chimères, de personnages luttant avec des lions.
Quel contraste entre toutes ces tombes et celles des périodes antérieures! Que de richesses nouvelles! Quels changements dans les formes, dans l'ornementation, dans le style! De l'antique et pauvre civilisation vill.nnovienne où rien ne trahit l'influence de l'Orient, si ce n'est quelques menus scaraliées et quelques bijoux d'or laissés en Italie par des Phéniciens ou des Grecs de passage, nous voili\ tout c\ coup transportés dans un monde tout oriental , au milieu d'une opulence à laquelle rien ne nous avait encore préparés. Partout des lions, des animaux ailés, des bêtes féroces ou fantastiques, des sphinx, des chimères, des fleurs de lotus, des palmettes! Partout de l'or et de l'argent î\ profusion! Que s'est-il donc passé? D'où vient cette subite inondation de la civilisation orientale?
Pour ré|i(>iidre à cette question, il faut (k't».'rniin(.'r tout d'abord l'é-
Fig. 10«. — Ans« arec tlgea articaliks. Tombe J'I Dua. Xolixit, 188".
pl. XIV, 8, nu 18.
1. On en n rccneilU iiDe pareille ilan.i la tomlic Regiilini-Galassi. (.Umi-o Grtgvr., t. II. pl. XII. 1. 7.)
2. On a trouve en Sardaigne un grand nombre de barques votires an.tlogne». (Tcrrot et Chipie?, Wil. <ir rnrt. IV. p. s2-8.^.)
L'ART ETlîUSQUE AU SUD DE L'APENNIN.
poqiie (les tombes mentionnées. Les sépultures à corridoio, ^■euaut après les tombes à fossa, lesquelles ont déjà quelques vases corinthiens, ne j^euveut pas être antérieures à la deuxième moitié du sep-
Fi?. 107. — Fragment d*une tasse en argent historié, delà tombe dd Duce à Tétalonîa. .Vo/!-'i>, 1687, pi. SVI, 1. Diamètre supéiienr, 0"'.l[l.
tième siècle. Il en est de même des tombes Begulini et del Duce. Celles-ci en effet présentent des vases avec des inscriptions étrusques ' ; or, d'après les calculs de M. Helbig ", l'alphabet n'a pénétré en Etriirie
Fig. lus. — Barque votive en bronze, de la tombe iW Duce. Solizie, 1887, pi. XVII, 1. Longueur, 0'»,22.
qu'à la Hn du huitième ou au début du septième siècle, et comme il faut supposer un cei'tain intervalle, au moins celui d'une génération et très probablement davantage, entre le moment où l'écriture a
1. Bulhtino, 1843, p. 4i;. Nothie, 18*7, p. 494, W. ■2. Anuali, 187«, p. 227-2.34.
LART ÉTEUSQUE.
été introduite chez les Étrusques et le moment où elle est entrée dans Tusage courant, il s'ensuit que les to:; " - "^ "et 'M Dtice ne remontent pas plus haut que la fin du - - . D'autre pan.
dans la Grotte ^Isis et dans diverses tombes de la même période archéologique on a trouvé des objets avec des inscriptions hiéroglvphiques que les égvptologues attribuent à l'époque de la XXX\ I* dynastie égyptienne ' ,656-527 av. J.-C.). Enfin si l'on compare les ol^ets de strie oriental - dans les tom'bes de la période que
nous étudions avec les - style analogue découverts en Sar-
daigne dans les nécropoles de Sulcis, Tharros et Caralis ", certaines difi^rences dans l'omementanon semblent indiquer que les tombes étrusques sont plus anciennes que les ttHnbes sardes : or les premiers rapports de la Sardaigne avec la civilisation orientale se placent vers le milieu du sixième siècle*, époque de l'éta" " — des Carthaginois dans l'ile. Ainsi, par quelque côté que l'- : -
cette question de date, on est toujours ramené à peu près dans les mêmes limites chronologiques, à la fin du septième siècle on an début du sixième.
Or i ce moment il se prodoit dans l'occident de la Méditerranée une grande crise à la fois politique et commerciale : les Gr- en lutte avec les Carthaginois. Depuis un siècle environ 1 • . grecque est à peu près continue. Il y a des Grecs à Tembonchure du Rhône, en Sicile et sur tontes les côtes de l'Italie i Partout où s'arrête le marchand carthaginois il rencontre rence hellénique, concurrence redoutable parce que les Grecs, avec cet qui a toujours fait et fait encore la force de
l'h' - grouper, s'organiser et fonder, au lieu dt-
simples comptoirs comme les Phéiùciens, de véritables colonies . capables de -■ - -. - pour rayonner aux alen-
tours. En pp - - -. Carthage s'émeut. Elle
sent que l'empire de la Méditerranée occidentale est sur le point de
: ***■ Taètf- if cfï :>•:-■ >*. r«r Fyxxst et Ciêfiti.
L"AKT ÉTRUSQUE AU SUD PE LAPEXXIX.
lui échapper, comme autrefois l'empire de l'Archipel a échapi>é aux marins de Tvr et de Sidon. Mais seule elle ne peut rien : elle a besoin d'alliés. Elle se tourne alors vers lETrurie qui, elle aussi, est menacée dans ses possessions campaniennes par les progrès des Grecs et que la communauté des intérêts associe naturellement à sa politique. Les deux peuples s'unissent par des traités dont nous parle Aristote '. En 536, ils combinent leurs escadres pour livrer une bataille navale aux Phocéens sur les côtes de la Corse '. Plus tard, en 474, on les retrouve encore combattant de concert dans les eaux de Cumes contre Hiéron de Svracuse et les Grecs de Campanie '.
Pour un peuple marchand les alliances politiques aboutissent toujours en dernière analyse à des alliances commerciales. On peut être assuré que si Carthage a conchi des traités avec les Etrusques , ces traités ont été conçus de manière à lui assurer le monopole des marchés de 1 Étrurie. Voilà pourquoi nous trouvons dans les tombes de la fin du septième siècle et du commencement du sixième tant de produits de l'industrie phénicienne. Ainsi s'expHque cette tournure orientale que prend tout à coup la civihsation étrusque.
§ 3. — PKÉDOMIXAXCE DE l'hELLÉXISME.
Au moment où Carthage s'inquiétait des progrès de l'hellénisme et amenait les Etrusques à faire cause commune avec elle pour les arrêter, les Grecs étaient déjà, depuis plus d'un siècle, en relations avec la Toscane. Ces relations remontaient sans doute à l'époque des premières expéditions chalcidieimes vers l'Occident, au temps de la foudation de Cumes', c'est-à-dire, selon toute probabihté, au huitième siècle. Eu étudiant le contenu des tombes à pozzo et des tombes à tossa, nous avons reconnu certains objets d'importation hellénique, et peut-être arrivera-t-ou à démontrer un jour que la plupart des bronzes de la civilisation villanovienne sont d'origine chalcidienne. D'autre
1. Aristote. Politique, in, 9. 4. Snr la date de la fondation de Cuiaes, Toir