Pindaie. Prfmifre Pftiiqut, 72. I
part, il semble certain qu'entre le huitième siècle et le septième l'art de l'écriture a pénétré en Etrurie. Or cet art, les Etrusques le tiennent des Grecs et non, comme ou l'a cru longtemps, des Phénicieus : leur alphabet n'est pas antre chose qu'une dérivation de l'alphabet éolo-dorien, lequel était en usage dans l'Eubée et dans les colonies eubéennes de l'Italie '.
Non seulement dès le septième siècle les -Grecs entretenaient des rapports commerciaux avec l'Etrurie, mais quelques-uns d'entre eux s'y étaient établis. On connaît l'histoire de Démaratos, de la dynastie des Bacchiades, qui, chassé de Corinthe par une révolution démocratique fvers 655 av. J.-C), prit la mer avec un certain nombre de bannis appartenant sans doute à l'aristocratie corinthienne et vint débarquer en Toscane à Tarqmni'i"'. Démaratos étîmt un exilé royal, fuyant avec toutes ses richesses et non sans espoir de retour', il est à croire qu'il ne partit pas à l'aventure, comme s'expatrient de pauvres gens qui vont droit devant eux chercher fortune et s'arrêtent où les jette le hasard de l'émigration. S'il se rendit h Tarqinnn, c'est qu'il était sûr d'y retrouver des compatriotes prêts î\ lui offrir un asile temporaire et peut-être à le seconder dans ses revendications ultérieures : il ne s'y fixa définitivement que le jour où, la tyrannie do l'usurpateur Cypsélos étant bien affermie, il comprit qu'il fallait renoncer pour jamais à revoir sa patrie. En Grec avisé, il sut profiter de l'ascendant et de la considération que lui donnaient ses richesses et se maria avec une femme étrusque, de grande famille, moins soucieux de conserver son sang pur de tout mélange que d'assurer sa fortune et celle des Corinthiens émigrés avec lui '.
De même que Tarquinii, la ville i^ Agijlla, celh' qui plus tard s "appela Cœrc, paraît avoir reçu de bonne heure des colons helléniques. De lii vient probablement qu'on la considérait dans l'antiquité lomme
1. Darcmbcrg cl Saglio, Itictionn. dts iinlii/iiiUi^ I, p. 209 et i'iiiv..l//)/i«4</uin. (Article de F. IiCDOrmnnt.)