‹ L'art étrusqueChapitre 77 sur 357 · TECHNIQUE. FOR.MES, DECOKATI' >X · texte numérisé non relu

TECHNIQUE. FOR.MES, DECOKATI' >X

Le peu que nous savons de rarcliiteiluie (.'trusque })ar les témoignages de l'antiquité est fait pour nous en donner une liante estime. Les ternies de templuvi tuscanirum , de ratio tuscanica, de cnvœdiuvi tuscanicum, qui reviennent à chaque instant dans Vitruve, éveillent l'idée d'une architecture originale, qui avait son systc'me d'orientation, ses types propres, ses jnincipes, ses formes, ses proportions, ses procédés de construction et de couverture, son mode d'ornementation. C'est à elle qu'on attribuait les jiremiers monuments de Rome, le Cloaque Maxime, le Capitole, les murs do Servius, dont la solidité et l'ordonnance excitaient encore l'admiration au tenjps de l'Empire. C'est j\ elle aussi qu'on attribuait l'honneur d'avoir constitué ce qu'on a depuis appelé l'ordre toscan. C'est A elle enfin qu'on ra]>j>ortait l'invention de la voûte.

Cette architecture si vantée n'a presque pas laissé de traces. A part les tombeaux et les murailles des villes, rien n'a subsisté de ses monuments. On ferait en vain le tour de l'Etnirie pour trouver un seul temple debout : c'est j\ peine si l'on verrait de ces ruines, comme il y en a en Efjfypte ou en Grèce, dont les monceaux, si informes qu'ils soient, fournissent pourtant les éléments d'une restauration vraisemlilalile. Cela tient à jdusieurs causes : d'abord les édifices étrusques, comportant beaucoup de bois, étaient moins assurés que d'antres contre les effets du temps on de l'incendie; ensuite la «ïuerre a ravagé l'Etrurie dr l'nnil en comlilc. On suit avec quelle riguein' les Ibunains ont

traité Veii, Falerii, Vulsinii, brûlant, rasant tout, faisant le désert sur l'emplacement des villes j^rises et, pour n'avoir plus rien à en redouter, forçant ce qui restait des habitants à se transporter ailleurs. Au milieu des luttes acharnées qui ont marqué la fin de l'indépendance étrusque au troisième siècle et plus tard les guerres civiles, plus d'un monument a dû périr par accident ou dans la fureur d'une destruction systématique.

Nous ne saurions donc nous flatter de reconstituer ici de toutes pièces l'architecture étrusque. Nous essaierons seulement, en commentant les textes, en interrogeant les bas-reliefs, eu recueillant les moindres vestiges, de déterminer les principaux caractères de cette architecture et de voir si elle mérite le renom qu'on lui a fait.

§ 1. — LES MATÉRI.iUX.

La valeur d'une architecture ne se mesure pas à la qualité des matériaux qu'elle emploie : les lîomains ont su faire des merveilles avec de menus moellons, des briques et même des tessons. Il n'en est pas moins vrai que le choix des matériaux a son importance, et ce n'est pas sans dessein que les Egyptiens ou les Grecs taillaient daus le granit ou le marbre les éléments de leurs constructions. Avant donc de rechercher com.ment les Etrusques concevaient l'art de bâtir, voyons avec quoi ils bâtissaient.

Ils n'ont jamais emjiloyé le granit : on en trouvait pourtant sinon en Toscane, du moins à proximité des côtes, dans les îles d'Ilva (Elbe) et d'Igilium, où ils avaient des établissements '. Le marbre ne leur était pas inconnu, puisqu'ils en faisaient des sarcophages et des urnes cinéraires ; mais, bien qu'ils eussent sous la main un marbre magnifique, celui de Carrare (aux environs de la ville de Lana), ils ne paraissent pas l'avoir exploité, comme le firent plus tard les Romains : il n'entre pas dans la composition de leurs bâtiments. Tout au plus pour-

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