‹ L'art étrusqueChapitre 76 sur 357 · Corjt. imcr. atlic, IV · texte numérisé non relu

Corjt. imcr. atlic, IV

ô. Thucydide, VI, 103.

(J. Iloss. Arckaeolcff. AufsCdze, I, p. x\'ii.

7. U. KoeUer, Dh grkchische Polilik D'ionysius des aelteren {Mittheilungen d. d a. Inst. in Atlten, I , p. 1-26). A cette époque les Athéniens importent des céramiques en Apulie (Rayet et CoUignon, Cvramique grecfie, p. 290, 297).

reste, deux ampliores panathéuaiques trouvées à Cervétri portent le nom de l'arclioute Pythodélos, lequel était en eliarge en 336 avant J.-C. '. Dans la seconde moitié du quatrième siècle il semble que les transactions avec rÉtrurie aillent lieaucoup en diminuant : les céramiques qui représentent le style attique de cette jwriode se rencontrent moins en Italie qu'en Crimée et dans la Cyrénaïque". Au troisième siècle, le rôle politique d'Athènes est fini, sa prospérité industrielle et commerciale décline, et ses rapports avec la Toscane s'arrêtent.

La décadence d'Athènes n'eut ]ias pour effet de liriser les relations entre la Grèce et l'Etrurie. Quand une tradition séculaire a créé des courants commerciaux, la direction de ces courants ne change pas du jour au lendemain : la route une lois tracée, il y a toujours quelqu'un pour la suivre. Le marché de la Toscane étant abandonné par les Athéniens, d'autres y vinrent, partis on ne sait d'où, d'Alexandrie, on de Cyrène, ou de Rhodes, ou de ces mille petits ports helléniques qui jetaient continuellement sur la mer une population vagabonde d'aventuriers et de tratiquants. On trouve, en effet, dans les tombes étnisques du troisième et du second siècle des objets qui prouvent la persistance du commerce entre l'orient et l'occident de la Méditerranée, des anses d'amphores rhodiennes\ par exemple, des monnaies ptolémaïques, des monnaies macédoniennes', des vases qui semblent provenir do Xaucratis ^ Ces objets cependant ne sont pas très nondneux : d'où l'on peut conclure que, s'il y avait encore un certain va-et-vient entre la Grèce et l'Italie, le mouvement des échanges s'était ([uelque peu rîilenti et qu'aucune ville n'avait pris en main et en quelque sorte accaparé à son ])rofit la succession commerciale d'Athènes.

Mais, quelque part (pK- l'on fasse à ces importations venues de loin, (|ui sont en .somme assez clairsemées, elles ne sulUsent pas i\ expli- (pier le caractère de l'industrie et de l'art étrus(]ues :\ partir du troisième siècle. C'est moins du cot'' de la (irèce proprement dite que du

1. Do Wittc (.iMnn/i, 1«77, p. 312). 1 nuit, p. 48. XotUtt, 188T, p. 817.

•-'.Rayct ctCoUignon, Cmmi-yiif jrecjiif, p. m, i. Bii/V/iiio, 1881, p. 2i;o, îfil.

•J8I, 'jan. 5. DiimoQt et Cluipliin, Cérnm!ijiit>. i' fMc.

a. ll'illrlinn. 18t;.'., p. 72,77. Reriie archMvffiqur, i'.:i09. note .).

187i, XXIV, p. I.'i7169. Fcmique, Étude iiir Pri- i

côté de la Grande-Grèce qu'il faut tourner ses regards. C'est la Grande- Grèce qui, à cette époque, approvisionne surtout les marchés de l'Etrurie. L'Italie méridionale est alors dans tout l'éclat de sa prospérité; la civilisation grecque s'y épanouit avec toutes ses grâces, et aussi avec toutes ses frivolités. Il suffit de citer Tarente, la voluptueuse

111. — Phiale à ombilic fabriqmie par Caiwleios (îe Calés et trouvée à Coi'nt-to. Aiinali, 1883, tar. d'agg., I. Diaméti-o. 0"',20.

Tarente, où il y a, dit StralHiii ', plus de fêtes et de festins (|ue de l'ours dans l'année, qui est si tière de sa richesse et de son hixe, si dédaigneuse de ce qui n'est pas grec, et qui ne tardera pas à payer cher son arrogante légèreté. Faut-il rappeler aussi les villes de la Campanie, de la Campanie heureuse, comme on l'appelait, Naples, Cunies, Nola,

1. Strabon, VI, 3, p. 280. Sur Tarente et la Grande-Givce en général, voir F. Lenormant, la GranJe-Grlce.

ART LTRUSQLE.

130 LA UT ETUrSQUE.

Cales, et surtout la fameuse Capoue dont on u'a que trop vanté les délices? Or il se trouve qu'au troisième siècle tout concourt à favoriser les relations de la Grande-Grèce avec rÉtrurie. D'une part, la jinlitique rapproche les Etrusques, les Samnites, les Campaniens et la plupart des Grecs de l'Italie méridionale, qui tous, se sentant atteints par les conquêtes de Eome, se coalisent contre elle et soutiennent de concert les guerres de Sainnium. D'autre part, tandis tpie, débarrassé de la concurrence athénienne, le cabotage s'exerce librement le long des côtes, des routes tracées ])ar les Romains à travers la l'éninsule ouvrent au commerce des chemins nouveaux. La voie Appienne et la voie Latine ' mettent la Canipanie en communication directe avec Rome, et de là les marchandises grecques pénètrent jusqu'au cœur de la Toscane, soit par la vallée du Tibre et les vallées latérales, soit par la voie Flaminienne, laquelle date du commencement du troisième siècle ". Aussi à jiartir de cette époque trouve-t-on dans les tombes étrusques ' beaucoup d'objets d'origine campanienne. Ce sont d'abord des monnaies provenant de Néapolis ', de Calés ', de Compultéria "', de Suessa '. Ce sont ensuite des plats creux avec un renflement convexe au centre (phiales h ombilic), décorés de motifs en relief, plats dont le type aiqiartient à la ville de Calés et qui [lortent la signature de potiers calènes (fig. 111). Ce sont enfin des poteries à vernis noir brillant et i\ reliefs, poteries dont la fabrique est d'abord en CaTiipanie, mais dont les ateliers toscans finissent par s'approprier la technique, si bien que dans la dernière période de l'art étrusque on ne rencontre {dus guère d'autres céramii|ues que celles-là ".

l. La voie Appienne est de 31'.' ar. J.-C. La voie [ 5. Uazelte archéoloyirjnt, 1S79, p. 4i>. £n//r<iiiri.

Latine parait remonter h une époque nsseï voiBinc. | 1881, p. 2IG.

°2. Au milieu du II* siècle, les communications 6. Bullfliiin, 1880. p. M.

ilc%-ienncnt encore plus faciles, gnlcc ik la construc- 7. Bnllttiim, 1880, p. 111.

tioQ de» voies Cassienne et Aurélicnne, qui vont. 8. L'importance du mouvement commercial

l'une de Rome jnsqn'& Arrtiium, l'autre de Rome entre l'iL-ilic centrale et l'Italie mcridloiialc au

ja<qu'à la hauteur de Voltcrra, en longeant la mer. III* i-ii'cle explique la pro»|iiriti industrielle de

3. Plusieurs de ces tombes sont rigoureusement Préneste, ^ituéc dans le voisinage de la voie La- <l.itécti par des monnaies (BidUHnn, 1877, p. 201; tine et communiquant d'une part avec l.i v.ill<c du

1879, p. 81. S>iliz\f, 1887, p. 90, 91). Tibre et la Toscane par un affluent .le l'Anio. et

4. llazelte arch'iJog'tqnt , 1879, p. 15. Bullttlno, d'autre part avec la Campanic par lo Trem-, af-

1880, p. 50; 1881, p. 201. I Huent du Lirl».

L'AlîT ETRUSQUE AU SUD DE L'APENNIN.

Telle est, dans ses lignes générales, l'histoire de l'art étrusque depuis ses oi-igines jusqu'au second siècle environ avant notre ère, jusqu'au moment où commence à se constituer en Italie l'art gréco-romain. On voit que tout revient à une (juestion commerciale. Veut-on savoir quelle est à un moment donné la physionomie de la civilisation étrusque? il faut déterminer la nature des influences étrangères ([ui s'exercent le long des côtes toscanes. Qu'elles viennent à changer, et tout change en Etrurie. Nous sommes en présence d'un peuple (|ui, au point de vue de l'art, a toujours été pour ainsi dire en tutelle. Ce peuple cependant avait son génie propre et, si docile qu'il se soit montré aux leçons d'autrui, il a toujours conservé son caractère. Il a vécu de formes empruntées ; mais ces formes, il les a appropriées à ses besoins, à ses mœurs, à son esprit. Il a réagi sur elles, et de là vient que, tout eu imitant les Orientaux ou les Grecs , il a créé un art qui n'est ni purement oriental, ni purement grec. Les monuments qu'il a laissés sont bien à lui et méritent d'être étudiés pour eux-mêmes.

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