‹ L'art étrusqueChapitre 96 sur 357 · Vitrnrc, VI · texte numérisé non relu

Vitrnrc, VI

L'ARCHITECTllîE EX ETTiUIUE.

Fig. 127. — Fragments de colonnes trouvés à Vulcî. Mimnmenlif I, pi. SU, 2.

Quoi qu'il eu soit, la colonne proprement dite, c'est-à-dire le pilier cylindrique avec chapiteau, ne se montre chez les Etrusques qu'à une époque relativement récente. Je ne crois pas qu'on puisse en citer un seul exemple qui soit de beaucoup antérieur au cinquic'ine siècle. Les plus anciens paraissent être quelcpies débris retrouvés dans les ruines de la CucumcUa à Vulci (tig. 127 ', ainsi qu'une colonne s'élevant au milieu d'une tombe de Bomarzo (fig. 128) : le type rappelle de très près le dorique du sixième siècle, celui des plus vieux temples de Corinthe, de Sélinonte, de Syracuse et de Paestum, avec son échine large et aplatie et son tailloir épais. Il y a cependant des diftérences : la colonne n'est pas cannelée ; elle a un fût moins trapu que ne l'est le fût grec, et de plus, à Vulci, elle repose sur une base massive, sorte de piédestal à moulures plates et à profil bombé.

Si les Etrusques ont ainsi emprunté aux formes de l'arcliitecture dorique le type de leurs plus anciennes colonnes, dans la suite des âges ils ont dû continuer à s'inspirer des modèles helléniques, et comme ceux-ci ne sont pas demeurés immuables^ il est à présumer que les caractères de la colonne étrusque se sont, eux aussi, modifiés. Malheureusement le détail de ces modifications nous échappe et nous ne pouvons pas étudier les transformations graduelles du type étrusco-dorique. On voit seulement par un chapiteau de Vulci qu'avec le temps l'échiné basse et évasée du chapiteau de la Cucumella est devenue un quart de rond, lequel se relie au fût par un listel, im cavet et une astragale (fig. 130). D'autre part, des bases trouvées à Orviéto

Fig. 128. — Coupe d'une chambre de Bomarzo avec pilier central en forme de colonne dorique. Sfonumenli . I. pi.

XL, c. 3.

1. Annali, 1832, p. 279 et suiv. BuUetino, 1829, \\ 50 et suiv.

montrent, au lieu d'un soubassement Itonibé, une plintlie cyliudrii|ue de beaucoup plus large que le fût et reliée à celui-ci par uu tore et une sorte de talon renversé (fig. 131, 132) '. Après une série de modifications,

les Étrusques aboutissent au type de ce qu'on appelle la colonne toscane^ type dont plus d'une urne funéraire présente l'image (fig. 129), dont Vitruve a donné en détail la théorie", et que l'architecture moderne a emprunté aux Romains.

Laculoinie ^o.scrt»e est une conception hybride qui tient à la fois du àoriquo et de l'ionique, du dorique jiar la courlie de son chapiteau et la forme de son tailloir, de l'ionique par les tores, les astragales, et ces listels dont elle entoure le

fût surtout ;\ la base ^ Nulle jiart cette (■'■iiiIiiiiaisdH disparate n'est plus a]>parente que sur le chapiteau de Vulci, lequel a le profil du ilori(]ue, et surmonte un fut cannelé à côtes, à la façon de l'ionique. A en croire Vitruve, la colonne toscane aurait eu ses rcgles précises et ses ])roportions canmiiques. Elle devait avoir un diamètre déterminé d'a|irès la grandeur de 1 édifice, et i\ ce diam«''tre devaient se rapporter les dimensions du fût, de la base et du chapiteau. Je veu.x bien qu'A la longue la pratique ait consacré certaines dispositions, cer-

Fig. 129. — Urne en forme de maison av Mufcve de Florence.

: colonnes toscanes.

Fig. 130. — Cbapltean de Vnlcl. Canina, Etrurin marUima , II, pi. CX, 3.

1. Une base analogue a Ht trouvée dans le pays dc« Ëquen, ^ Atba Fnctmit (Promis, Antiiliiià </i Allm Fuctnit, pi. II I). Elle est reproduite d.in- D.ircmljcrg et Saglio, D'idinnn. âet antiquiltt, p. I3Jii, fig. 1772.

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