Vitruve, IV
8. Hirt (Gttchiehie <ltr BnM/tiiinf, I, p. 252) considère la colonne toscane comme la plus ancienne forme du dorique. M. Chipiez (Ilift. criliqnt île la fvrmatiu» ilts orihtt i/rtct) s'.irritc h une 0|>inion .inalogue. L.i question n Hi souvent dOUittue. Voir Marque/., Itictrclie delV vriliiifloricf, p. 109 et
Fig. 131. — Base trouvée à Orviéto.
.Vo«îi>. 1885, pi. lU, 7.
taines mesures, et que dans les ateliers, où les traditions deviennent si facilement des lois, ou ait fini par soumettre à certaines formules systématiques' la construction de la colonne toscane. A l'époque où écrivait Vitruve le type était fixé ; ne l'eût-il pas été, que Vitruve, composant un traité didactique et parlant avec l'autorité d'un architecte d'expérience, n'eût pas manqué d'en formuler les règles. Est-ce à dire que ces règles aient été celles des Etrusques? Je doute qu'ils aient procédé avec cette rigueur méthodique. Je croirais volontiers qu'en architecture, comme en toutes choses, ils ont fait œuvre de copistes plus ou moins adroits, qu'ils ont mêlé un peu au hasard les traits que leur fournissaient les modèles helléniques, et qu'il y a dans leurs comLinaisous moins de raisonnement, moins de calcul que de caprice '. La théorie de la coloinie toscane, si tant est qu'il y en ait eu une, a été faite non par les Etrusques, mais par les Romains.
Eu tous cas, si une heureuse fortune a voulu que le nom des Etrusques restât attaché à un genre de colonne, si l'on dit de certaine colonne qu'elle est toscane, il ne faudrait pas se laisser abuser par ce mot, qui n'est après tout qu'une convention, à peu près au même titre (pie le terme de gothique appliqué à l'architecture du Moyen Age. Bien des gens s'imaginent que la colonne toscane est un type national en Etrurie, un type pour ainsi dire inhérent à l'architecture étrusque. En réalité c'est un type entre
Fig 132 — Piedcatal en forme de colonne tiouvé à Om-^to boitte 1885, pi, m, 5.
suiv. ; Stieglitz, Ârchceol der Baukunil, II, 1, p. H ; Klenze, Versuch der Wiederkerstellung des toscan. Tempch; Abeken, JliUelitalien , p. 202 et suiv, ; Ingbirami, ^fonumenti etruschi, IV, p, 1, pi. V, VI. Je n'ai pu prendre connaissance d'un récent article de il. Basile, Ordini italici, publié dans la Sicilia arlislica ed archeologica, 1887, p. 1-20.
1 , On remarque en effet que Vitruve emploie le mot ratio, lequel désigne proprement une méthode raisonnée, nn système.
2. Durm {Bauk. der A'/r«s/ier,p,4()) adessiné, d'après les monuments figurés, quelques types étrusco-doriqucs : il n'y en a pas deux qui se ressemblent.
LAIîT EXnUSQl'E.
- Chapiteau de pierre calcaiie, 1 must^ de FloreDce.
beaucoup d'autres qui n'étaient pas moins usuels, qui l'étaient peutêtre davantage et qui auraient mérité tout autant d'être appelés toscans. Sauf les façades de Norchia, qui semblent avoir été de style étrusco-dorique ', partout où dans une chambre funéraire la roche façonnée reproduit l'aspect d'une colonne ou d'un pilastre, cet aspect n'est presque jamais celui de la colonne décrite par Vitruve. Voyez les reliefs de la tombe dei RUievi (planches II, III) : tous les chapiteaux sont à volutes, non pas semblables à ceux de l'ioui(]ue pur, mais rappelant plutôt, par la disposition des tiges réunies à la base et divergentes au sommet, certains chapiteaux de l'Assyrie et de la Phénicie ■. Ce type était d'un usage si commun en Etrurie qu'on
le retrouve sur une multitude d'urnes funéraires et de sarcophages'. Voici maintenant d'autres chapiteaux d'un caractère plus particulier. L'un, qui est au musée de Florence, présente deux rangs superposés de volutes séparées ])ar lies palmettes, disposition analogue à celles de plusieurs clu';jiiteaux chypriotes (fig. 133) '.
L'autre, qui provient de Toscanella, est décoré de vohites au milieu des- (pielles se détache, sur les quatre faces du chajiiteau, une tète humaine en relief (fig. 134) '. Ce dernier type n'était jias rare en Etrurie : car on eu a trouvé des exemples !\ Sovana ", i\ OrlirtcUo" et à Voltorra";
1. Lc9 colonnes ont disp-irti et il ne reste i<lus que l'amorce des chapiteaux ; encore la pierre e»tcUe fort endommagtl'e à cet endroit (Mvnumenti, I, pi. XLVllI).
2. Pcrrot et Chipiez, llitt. rf« l'art, II, p. 221. fig. 78; XII, p. 115, fig. 51.
3. Voir Ici types rùuni.» par Durro, Bnukunit drr Etnutcr, p. 51-62. Sur les urnes, on voit souvent entre les rolutea une petite houle : c'est peut-
itrc la tùte d'une troisiimc volute vue de f:ice, dont la tige n'a pas <l-ti' rcproiluitc.
4. Musée Napoléon, III, pi. 3n. 1,5. Perrot et Chipie?., nitt. de larl, III, p. 11«.