‹ L'art flamandChapitre 29 sur 106 · LE COMTE DE LA MI-CAREME · texte numérisé non relu

LE COMTE DE LA MI-CAREME

Tableau de Brackeleer.

Poésie flamande de Frans De Cort.

Les trésors de la friandise S'étalent partout à l'envi -, Le sucre fin, le fruit confit Font appel à la gourmandise; Les caisses, les boîtes, les plats, Tout regorge dans la boutique, Et c'eft un coup d'oeil magnifique, Où l'abondance ne nuit pas !

O bon Greef! je me le rappelle Lorsqu'il avait femme & laquais, Et qu'il paradait sur les quais, Jetant les bonbons à la pelle.

Aujourd'hui, l'on refte chez soi; Mais, du vieil ami de l'enfance, Avec ou sans magnificence, Chaque père remplit l'emploi.

La veille, sans peur de mécompte, L'enfant met dans l'âtre, avec soin, Un panier, du pain & du foin, Pour Tâne de monsieur le comte.

Il s'éveille de bon matin Et bondit, joyeux, de sa couche; L'eau déjà lui vient à la bouche; Quelle récolte & quel feftin !

— Enfants, ce qui fait vos délices

Des plus grands n'eft pas détefté;

L'amant à sa fière beauté

Offre un bonhomme en pain d'épices;

Le massepain eft, après tout,

Une marque d'amour légère,

Qui facilement se digère

Et qui ne manque pas dé goût.

Greef, ton repas à tous s'émiette, Pour tous, ta belle fête luit; Nul, espérons-le, n'eft réduit A mordre à vide son assiette.

Ah ! puisse à tous les gais amis Ta praline être favorable, Et surtout, à l'ange adorable A qui tout mon cœur eft promis !

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