‹ L'art flamandChapitre 62 sur 106 · LA JEUNE EPOUSE · texte numérisé non relu

LA JEUNE EPOUSE

« Tu ne vieilliras point! Toi, cesser d'être belle! Meurs plutôt ! La beauté devrait être immortelle. Mais ne te laisse pas faner de jour en jour, Ni tomber en ruine, au. déclin de l'amour. Meurs dans tout ton éclat & dans toute ta gloire, Sans un sillon du temps sur ta gorge d'ivoire, Sans un pli de fatigue à tes traits ingénus, Comme, à l'aube, s'éteint l'étoile de Vénus. Meurs, sans laisser tomber un duvet de ta plume! Et moi, je veillerai sur ta beauté pofthume, Je ne laisserai point profaner au tombeau Ce corps que j'adorai, si frais, si pur, si beau ! Dans ma douleur pieuse, en une charte fièvre, Une dernière fois j'y collerai ma lèvre ; Puis, dressant un bûcher, je veux remettre à Dieu Ton corps immaculé, dans un baiser du feu! »

— Sa passion parlait ainsi ; mais la famille Transfigura son culte, &, quand, près de sa fille, Il admire la mère au regard triomphant, Père heureux, il s'écrie : « Ah ! vis pour notre enfant ! »

Page 1