LA MERE
Tableau de Van Ysendyck.
Refte ainsi, belle, charte, émue, Toute radieuse, & portant, Près du sein gonflé qui l'attend, Notre blonde enfant, demi-nue; Les bras tendus, l'œil qui rayonne, L'enfant rêve au lait maternel ; Charmant tableau ! « C'eft la madone ! » Se fût écrié Raphaël.
Les races tombent, déflorées; Les rois passent, les dieux s'en vont; Comme un théâtre, de plafond, Les cultes changent d'Empirées.
Mais toujours, le cœur triomphant, Sous quelque ciel qu'il se découpe, Adorera ce divin groupe D'une mère & de son enfant.