ANTOINE VAN DYCK
teur, il épousa tardivement une jeune fille appartenant à la haute société anglaise, Mary Ruthven, fille du Comte de Gowrie, dont la famille remontait aux anciens rois d'Ecosse. Van Dyck a laissé un portrait charmant de sa jeune fiancée (Musée de Munich). Il mourut vers le moment de la naissance de leur fille, Justiniana, le jour même du baptême de cette enfant, le 9 décembre 1641.
La carrière cosmopolite du maître n'a pas permis que la Belgique conserve beaucoup de ses chefs-d'œuvre. On y trouve cependant la plupart de ses compositions religieuses, principalement au Musée d'Anvers et dans diverses églises.
Un consciencieux pèlerin d'art ira voir non seulement:
1. Le Christ en croix avec Ste Catherine de Sienne et S. Dominique peint entre 1623 et 1629 pour le couvent des Dominicains à Anvers. Le peintre avait promis à son père mourant d'exécuter ce tableau et de le donner aux religieuses qui l'avaient soigné pendant sa dernière maladie.
2. Le Christ descendu de la Croix, peint vers 1629 pour le maître-autel de l'église du Bégilinage à Anvers.
3. Le Christ au tombeau, peint pour l'église des Eécollets à Anvers, trois pages dont s'enorgueillit le Musée d'Anvers, mais encore :
4. Un Christ en croix, peint en 1627 pour l'église St-Rombaut à Malines.
5. Le Christ pleuré par les deux Marie et deux anges. Eglise St- Antoine de Padoue, Anvers.
6. Le Christ à l'éponge, peint en 1630 pour la confrérie de la Ste Croix (très abîmé). Eglise St-Michel à Gand.
7. Le Crucifiement et l'Adoration des Bergers . Eglise Notre-Dame à Termonde.
8- L'érection de la Croix (1631). Eglise Notre-Dame à Courtrai.
Les collections publiques belges ne possèdent aucun beau portrait féminin de Van Dyck, mais on admire quelques graves portraits d'homme aux Musées de Bruxelles et Anvers, notamment ceux de Délia Faille, bourgmestre d'Anvers, celui du sculpteur Duquesnoy (Ancienne collection du roi Léopold II),de Martin Pepyn, de Jan Malderus, évêque d'Anvers, etc. . .
Van Dyck fut un graveur remarquable. Il a laissé des estampes originales très précieuses. Il créa aussi une collection de petits portraits de personnalités célèbres peints en grisaille qui furent gravés de son temps.
Adrien Brauwer
Adrien Brauwer est Tun des peintres les plus actuellement admirés parmi tous ceux que l'on groupe sous le nom de petits maîtres du XVII* siècle.
A la différence de beaucoup de ceux qui, nés en territoire hollandais, sont devenus francs-maîtres à Bruges, à Bruxelles, à Louvain, à Anvers, Adrien Brauwer, né à Audenaerde en 1605 et reçu franc-maître à Anvers vers 1631 ou 1632, accomplit à Harlem une partie de sa brève carrière.
Fils d'un dessinateur de cartons pour les tapissiers d' Audenaerde spécialisés dans la fabrication des « Verdures », il est probable que Brauwer apprit chez son père les rudiments du dessin. Il semble avoir fortement ressenti l'influence de P. Bruegel l'Ancien et, très précoce, — il était déjà un maître consacré par le succès quand vers sa 22* année il partit pour Harlem, — il n'alla pas vers Frans Hais comme vers un maître mais comme vers un égal. Sa notoriété anversoise, semble-t-il, l'avait précédé en Hollande, car il fut reçu avec de grands égards et traité avec les honneurs dus à un artiste notable.
98 L*ART FLAMAÏTD
On ignore la durée du séjour d'Adrien Brauwer à Harlem. Revenu à Anvers il y mourut prématurément, enlevé en 1638 à l'âge de 33 ans.
Pendant longtemps la réputation de David Teniers le jeune, peintre aussi de scènes de la vie des paysans, a éclipsé celle de Brauwer, mais une admiration plus fervente se marque depuis quelques années pour les peintures de ce dernier. L'identification de quelques magnifiques paysages dont il fut reconnu l'auteur, alors que ces paysages passaient dans diverses collections pour des ouvrages d'autres maîtres, voire de Rembrandt, ont justifié cette recrudescence d'enthousiasme pour ce peintre si remarquablement doué au point de vue de la technique et de la couleur. Ses rustres sont interprétés avec un sens du caractère qui leur confère une réelle grandeur. Dans ses œuvres principales il afiPirme une maîtrise qui le classe au tout premier rang.
Il fut, de son vivanf, fréquemment imité et copié. Les multiples ouvrages exécutés par ces suiveurs et dont la postérité n'a pas manqué de lui endosser la paternité ont évidemment nui à son prestige. Le catalogue de l'œuvre d'Adrien Brauwer doit être encore émondé avec discernement. Les musées belges n'ont pas, très malheureusement, conservé ses meilleures pages.
David Teniers
David Teniers le jeune fut une des gloires du XVII* siècle. On a coutume de le citer immédiatement après Rubens, Van Dyck et Jordaens.