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DAVID TENIERS

parmi les toiles collectionnées par Tarchiduc les peintures qui se retrouvent actuellement dans des Musées.

David Teniers II fut marié deux fois, il avait épouse d'abord la fille de Jean Bruegel de Velours. Devenu veuf il épousa Isabelle de Fryn qui paraît l'avoir entraîné à des extravagances mondaines. Eubens avait été anobli par les archiducs Albert et Isabelle, par le Eoi d'Angleterre et par le Roi d'Espagne. Il semble que le ménage Teniers fut piqué du désir d'être également anobli et de jouer un rôle social. Dans le voisinage du Steen d'Elewyt habité par Rubens, à Perck-lez-Vilvorde, Teniers se construisit le manoir seigeurial de Drie Torren. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les blasons et les tourelles font rêver les bourgeois et les artistes.

La fin de la vie de David II fut empoisonnée par des déboires d'argent. Les enfants de son premier mariage en lutte avec ceux du second lui intentèrent des procès ruineux.

Il mourut assez misérablement à Bruxelles le 25 avril

Les musées d'Europe et d'Amérique, les grandes collections sont riches d'œuvres de Teniers. Il s'en trouve de caractère bien différent. Le musée de Bruxelles représente cet art par plusieurs morceaux de choix. Les plus caractéristiques sont: la Kermesse flamande, le médecin de village, les cinq sens, une Tentation de S. Antoine, une nature morte et un intérieur de la galerie de l'Archiduc Léopold Guillaume. Teniers y donne toute sa mesure. Dans la grande étude d'acc/cssoires il se montre le virtuose

de la pâte et le subtil observateur des valeurs les plus délicates que certaines de ses petites natures mortes font pressentir.

Comme morceaux exceptionnels dans l'œuvre de David Teniers il faut citer:

1. Le peintre et sa famille, groupe de portraits (Musée de Berlin). ïeniers lui-même joue du violoncelle, sa femme tient un cahier de musique, deux enfants et un personnage sont auprès d'eux. La scène est placée sur la terrasse d'un château, un somptueux rafraîchissoir en cuivre et des meubles riches indiquent l'élégance du ménage. Fond de paysage.

2. Le tir à l'oiseau (Musée de Vienne) avec un grouillement de personnages et de chevaux devant l'église de la chapelle de Bruxelles.

3. La procession de la Gilde des arbalétriers à Anvers (Petrograd, Musée de l'Ermitage) avec une vue de l'hôtel de ville et des façades environnantes d'un vif intérêt documentaire.

4. La vue d'une rivière (Londres, National Gallery) où le beau et vaste paysage est étoffé de quelques petites figures et de trois vaches, œuvre importante dans l'évolution du paysage flamand.

5. Dans les « Tentation de S. Antoine » (Paris, Musée du Louvre, Amsterdam, <( Rijks Muséum », Musées de Berlin, de Bruxelles, etc. . . ) Teniers continue fidèlement la tradition de Lucas de Leyde et de Jérôme Bosch.

6. Son ce Enfant prodigue (Paris, Louvre) nous montre l'adolescent faisant la fête avec des amies. C'est un épisode

p. RuBENs. — Volets du triptyque de S. Ildefonse. Portraits de l'archiduc Albert et de Tlnfante Isabelle. (Musée de Vienne.)

GONZALÊS COQUES 103

moins fréquemment traité que celui du retour qui amène l'immolation du veau gras.

7. Dans la <( Cuisine » et dans <( l'Alchimiste » (La Haye, Mauritshuis) la nature-morte envahit décidément la composition et l'encombre d'un exubérant étalage de victuailles ou d'ustensiles, traités avec ce brio d'exécution et cet agrément de coloris où l'on reconnaît le style du maître.

8. Enfin, au Musée d'Anvers, le Panorama de Valenciennes, peint en commémoration de la bataille de 1656. (Victoire des Espagnols commandés par Don Juan d'Autriche et Condé sur les Français commandés par Turenne.)

Gonzalès Coques (1614=1684)

Gonzalès Coques, de son vrai nom Gonzalve Cocks ou Cokxs, est parmi les Anversois du grand siècle un des petits maîtres les plus accomplis et les plus charmants.

Il s'est fait une spécialité de mignons portraits sous forme de sujets de genre présentés généralement dans des intérieurs ou dans des parcs de châteaux, qui sont délicieux d'intimité et d'esprit. Documents pleins de détails finement observés, ils nous renseignent sur les mœurs des élégants de l'époque, les mobiliers et les arrangements des appartements, les costumes et les toilettes, la forme des instruments de musique, les livrées des serviteurs, etc..

Peii des œuvres de G. Coques sont restées en Belgique. Les Musées de Bruxelles et d'Anvers en possèdent à peine.

Il faut les rechercher dans les grands musées étrangers et dans les collections privées anglaises. L'exposition de Londres en a réuni plusieurs de la plus aimable qualité.

Craesbeek

Après les noms d'A. Brauwer et de David Teniers celui de Joost Van Craesbeek s'impose évidemment.

Né à Neerlinter vers 1606 il était boulanger à Anvers et ne fut franc-maître à la Gilde St-Luc qu'en 1634. Il s'établit à Bruxelles en 1651 où il mourut avant 1662.

Son genre habituel l'apparente aux scènes de cabaret et aux tabagies de Brauwer, mais on a de lui quelques tableaux religieux où le réalisme de l'interprétation et la vulgarité des types ne sont pas complètement rachetés par l'agrément des colorations et l'habileté des <( morceaux ».

Gilles Van Tilborch, élève de Teniers, né à Bruxelles vers 1625, franc-maître en 1654, mort vers 1678 mérite aussi une mention. Sa grande adoration des bergers du Musée d'Anvers est une curieuse peinture, non sans mérites. Tilborch a préféré les scènes de genre et les petits portraits dans la manière de Coques, dont il a laissé bon nombre.

Corneille Devos

Corneille Devos, né en 1585, franc-maître à Anvers en 1608, où il mourut en 1651, serait relégué parmi les peintres de second plan s'il n'était l'auteur du célèbre groupe de portraits du Musée de Bruxelles. Il s'est représenté luimême, en grandeur naturelle, avec sa femme et leurs deux adorables fillettes et il a mis tant de ferveur, de volonté et d'amour à son travail qu'il a réalisé un pur chef-d'œuvre et s'est égalé à Van Dyck lui-même.

Plusieurs portraits actuellement attribués à la première période anversoise de Van Dyck dans les Musées et collections étrangères devraient sans doute par comparaison avec cette peinture être restitués à Corneille Devos.

Son vieux « messager » de la Gilde St-Luc, Grapheus, (Musée d'Anvers) avec ses insignes et son trésor est une autre page magistrale.

Malheureusement après ces belles peintures exécutées avant sa quarantième année Corneille Devos, absorbé par son négoce d'antiquaire et ses commandes de portraitiste achalandé, fut trop souvent inférieur à lui-même. Ses

compositions religieuses et bea.ucoup de ses ejïigies de bons bourgeois sont d'indifférents travaux de facture.

Justus Susterman

Justus Susterman (aussi nommé Josse ou Joost Sutterman ou Sustermans), est né à Anvers, en 1597. Il était le fils d'un drapier de Bruges. Il fit toute sa carrière à Florence où il mourut en 1681.

Elève de François Fourbus le jeune à Paris, — ce dernier fut le peintre de Vincent de Gonzague à Mantoue, — il était tout préparé à une brillante carrière de portraitiste à l'étranger.

En 1620 il était déjà établi à Florence et peintre attitré de Cosme II de Médicis. Il conserva cette charge sous les Ducs qui lui succédèrent, Ferdinand II et Cosme III.

En 1623 il fut chargé d'aller, peindre à Vienne l'Empereur Ferdinand II et l'Impératrice.

En 1624 il rencontre Van Dyck à Florence et fait son portrait. En 1627 il peint le portrait du Pape (Urbain VIII) à Eome, en 1636 celui de Galilée. Nous le trouvons successivement exécutant des commandes à Gênes, Modène, Parme, Plaisance, Milan et dans bien d'autres villes. Plus tard il est à Insbruck au service de l'Empereur d'Autriche.

Il fut marié trois fois, avec des florentines. La plupart de ses portraits des membres de la famille de Médicis conservés au château de Poggio Imperrale sont maintenant à

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Florence (Musée des Offices), mais des collections privées anglaises en possèdent aussi de très remarquables.

Dans ses meilleures œuvres Susterman atteint à la sobriété, à la dignité, à l'allure de Van Dyck. On comprend le succès que lui firent ses contemporains. Sa place parmi les maîtres flamands du XVIP siècle est importante.

Peintres contemporains de Rubens

Autour de Rubens et sans qu'il fût de ses collaborateurs Gaspard de Crayer, élève de Michel Coxcie mérite une mention. Il naquit à Anvers en 1584, voyagea en Espagne, travailla surtout à Gand où plusieurs de ses meilleures œuvres se trouvent encore, notamment au Musée de la Ville. Il y mourut en 1669.

Le Musée de Bruxelles ne possède pas moins de quinze de ses toiles, provenant la plupart des églises du Brabant. La (( Pietà » du bourgmestre H. de Dongelberghe avec son portrait et celui de sa femme née Borluut nous apporte un intéressant document iconographique, Adrienne Borluut appartenant à cette même famille de la Flandre dont était sortie Isabelle, femme de Josse Vydt, immortalisée par les Van Eyck sur le revers du retable de l'Agneau.

Les peintres d'animaux et de natures mortes François Snyders (1579-1657); Adrien Van Utrecht (1599-1652); Jean Fyt (1611(?)-1661); Peter Boel 1622-1674; Paul DeVosl590(?)-1678);

Les paysagistes:

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