On voit sur une des façades la date de
l'architecture. 239
(a**8 20 et 24 du quai de Béthune). Le terrain que le président mettait à sa disposition allait exercer son ingéniosité; il s'étendait en triangle sur le quai et sur la rue. Le Vau en tira un parti heureux : au sommet du triangle il plaça le jardin; à la base, l'hôtel avec la cour carrée obligatoire, ayant son entrée sur la rue Saint-Louis- en-rile, ses dégagements sur le- quai. Enfin, par une conception originale et bien en rapport avec la forme du terrain, il prolongea sur le jardin une aile en équerre, qui allait fournir un beau développement à la galerie, dont ne pouvait plus se passer un hôtel qui se respectait. La décoration extérieure fut moins réussie, la cour est d'aspect froid, les pilastres qui garnissent la façade principale, depuis le sol jusqu'à la naissance du toit, laissent l'impression d'accessoires parasites, inutiles à la construction et d'ailleurs sans élégance ; les lignes sont grêles et, pour ainsi dire, rêches. A l'intérieur, le grand escalier a plus de majesté que d'harmonie, mais les appartements sont vraiment fort beaux. Si l'architecte paraît là s'effacer devant Le Sueur, qui orna de peintures certaines chambres, et devant Le Brun *, à qui fut réservée la grande galerie, on ne lui refusera cependant pas sa part légitime de collaboration dans la partie architecturale et dans l'idée première. Le moindre effort d'imagination permet de reconstituer cette demeure ; à la différence des appartements d'aujourd'hui, elle
ï. Voir ci-dessous, chap. m et v.
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n'a pas besoin d'être meublée pour ne pas paraître vide. Là où elle a gardé sa décoration première, elle est ce que les propriétaires voulaient qu'elle fût : une œuvre de luxe intelligent et de grand art. Rien de plus facile aussi que de la repeupler des hôtes qui l'habitaient ou qu'elle reçut : elle était si bien faite pour les uns et les autres. Dans le voisinage s'élevait Thôtel de Bretonvilliers, construit pour un financier, par Jean P*" du Cerceau. Il ne reste rien de cet édifice, encore plus somptueux et plus vaste que rhôtel Lambert. On ne peut plus le retrouver que dans des estampes du temps, heureusement assez nombreuses K
Le quartier Saint-Antoine conserva longtemps la vogue, même auprès des grands seigneurs. L'hôtel d'Aumont (rues de Jouy et de Fourcy), construit par Mansart, est un des spécimens les plus réussis de l'architecture du temps. Mansart apportait évidemment plus de liberté d'allures que Le Vau dans le maniement du classique ; il avait à coup sûr une imagination plus aisée et plus brillante, il se dégageait mieux des éléments antiques ou plutôt il se les assimilait davantage. La porte qui donne sur la rue de Jouy (n° 7), les façades sur la cour et sur le jardin sont des morceaux remarquables par la justesse des proportions, par la noblesse du style, par un air de richesse et de distinction *. Il en est de
1. Voir particulièrement : Marot, Recueil de plusieurs palais, 1670, in-f°.