‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 84 sur 181 · Nouv, Arch, de VArt français, 1876, p · texte numérisé non relu

Nouv, Arch, de VArt français, 1876, p

146 l'art et la condition des artistes.

La fortune contribue singulièrement à relever le prestige de l'individu; les choses allaient ainsi au xvii° siècle, au moins autant que de nos jours. Or, s'il était réservé à Le Brun et à Mignard d'acquérir sous Louis XIV des richesses immenses *, leurs prédécesseurs jouissaient pour la plupart d'une honorable aisance ^ : il y avait évidemment des peintres gueux, mais cela tient à ce qu'il y avait évideminent des peintres sans talent. Les autres recevaient pour leurs travaux une rémunération souvent large. Sans parler du traitement attribué aux peintres en titre, aux valets de chambre ^, le prix des œuvres était assez élevé. Poussin toucha 2000 livres pour son tableau de V Eucharistie (aujourd'hui au Louvre) *; Le Brun, 6 900 livres pour sa décoration à l'hôtel Nouveau; le devis des peintures de Saint-Sulpice s'élevait à 14 000 livres. Le Sueur, il est vrai, ne reçut que 600 livres pour quatre tableaux, commandés en 1654 parle procureur de labbaye de Marmouliers '^ ; cela semble au-dessous du prix ordinaire, car un simple portrait en buste se payait couramment 200 livres, un portrait en pied 360 à 400 livres ®.

. 1. Mignard laissait à sa mort 550 000 livres, ce qui représenterait aujourd'hui au moins 3 millions en valeur relative.

2. Les Le Nain possédaient trois maisons à Paris et des biens à Laon ou dans les environs (Nouv, ArcK de l^Art français, 1878, p. 404).

3. il variait de 400 à 1 000 livres, assez irrégulièrement payées d'ailleurs.

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