‹ L'art français au temps de Richelieu et de MazarinChapitre 43 sur 112 · Relation, p. 41-42; Procès-verbaux, I, p · texte numérisé non relu

Relation, p. 41-42; Procès-verbaux, I, p

3. Relation, p. 44. Les négociations avec les maitres durèrent pendant toute l'année 1655 et encore en 1656. 11 n'y a aucun intérêt à les suivre. On les trouvera dans les Procèsverbaux, p. 98-124. Les nouveaux statuts de l'Académie furent enregistrés au Parlement le 23 juin 1655. En 1656, et par compensation, on confirma ceux de la maîtrise. De là naquit l'Académie de Saint-Luc. Blanchard, Table c/ironologdés ord., H, 2063.

190 l'art et la condition des artistes.

Le règlement « accordé par le Roi » ne consacrait pas seulement la séparation de l'Académie et de la maîtrise, il modifiait considérablement le régime académique. Vitet a fort bien remarqué que les statuts de 1648 étaient surtout une déclaration idéale de principes, qui donnait peu de chose à l'organisation proprement dite. Il n'en alla pas ainsi en 16oi- 55. L'Académie avait un protecteur et un vice-protecteur; son chef prenait le nom de directeur; il avait pour assistants, pour suppléants au besoin, quatre recteurs choisis parmi les anciens, et « prenant séance au-dessus d'eux ». Les anciens changeaient leur titre en celui de professeurs, et leur nombre restait fixé à douze ' ; au-dessous d'eux venaient les Académistes. Enfin on instituait un chancelier, pris entre les recteurs, professeurs ou conseillers, et on maintenait un trésorier, un secrétaire et des huissiers.

L'Académie pouvait s'applaudir des grâces que le roi lui accordait. Trente de ses membres allaient jouir des mêmes privilèges que les « Quarante de l'Académie française » ^ et, par un brevet ajouté aux statuts le 28 décembre 1654, on lui donnait, « en attendant que la nécessité de ses affaires lui permette de faire bastir en lieu plus commode, la

1. Deux d'entre eux sortaient de charge chaque année par la voie du tirage au sort et devenaient conseillers.

2. Exemption des charges de tutelle et curatelle, du guet et de la garde; àroil de commiltimus (juridiction des maîtres des requêtes de l'Hôtel pour les académiciens, ou des maîtres des requêtes du Palais, à leur choix).

gallerie du collège royal de l'Université pour ses séances et ses exercices ». On la gratifiait de 1 000 livres par an, pour les besoins de l'enseignement. Enfin on lui concédait le monopole de l'enseignement ' et ses recteurs étaient institués juges des différends relatifs à l'exercice de l'art, même au paiement des ouvrages de peinture et de sculpture. En revanche, elle commençait à « élre attachée d'un certain collier ». D'abord, le protecteur et le vice-protecteur ressemblaient bien un peu à des surveillants; puis l'article III des statuts donnait au surintendant et aux intendants des bâtiments de Sa Majesté le droit d'assister aux assemblées des élections des recteurs et d'y présider en l'absence du protecteur et du vice-protecteur. D'un autre côté, au lieu de ce sentiment de confraternité et d'égalité qui inspire les statuts de 1G48 -, ceux de 16o4-oo introduisent la hiérarchie. Le Brun peut rentrer à l'Académie, il semble qu'on l'ait refaite à son intention et à sa mesure. D'ailleurs l'histoire postérieure montre presque immédiatement la grande compagnie de plus en plus triomphante, mais de plus en plus dépendante du pouvoir. Le roi la tient par Colbert et Colbert par Le Brun ^

Cependant, malgré l'intervention royale non déguisée, l'unité ne se réalisa pas du premier coup.

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